Des souffleuses à l’assaut de rues sans neige à Montréal

La souffleuse est passée sur la rue Willibrord à Verdun, vendredi, même si la neige avait pratiquement disparu.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir La souffleuse est passée sur la rue Willibrord à Verdun, vendredi, même si la neige avait pratiquement disparu.

La Ville de Montréal a sorti l’artillerie lourde pour procéder au septième chargement de neige de l’hiver. Sauf qu’entre-temps, le soleil et le temps doux ont fait leur oeuvre. Dans plusieurs secteurs de la ville, des voitures ont été remorquées et des souffleuses ont « déneigé » des rues où la neige avait déjà disparu. Le maire de Verdun et responsable du dossier du déneigement au comité exécutif, Jean-François Parenteau, reconnaît que certaines directions d’arrondissement ont manqué de jugement.

Il ne restait presque plus de neige sur la rue Willibrord, située juste à côté de la mairie de Verdun, vendredi. Mais des voitures ont tout de même été remorquées. Et à 14 h, accompagnée d’un camion, une souffleuse a gratté l’asphalte.

Jean-François Parenteau admet qu’une telle situation est ridicule. Cette scène s’est d’ailleurs répétée dans plusieurs arrondissements vendredi, a-t-il dit. « On n’avait pas le choix de décréter une opération de chargement de neige parce que certaines rues, comme les rues résidentielles qui comportent des entrées charretières, sont problématiques. Mais les directions d’arrondissement doivent aller sur le terrain pour déterminer où le déneigement se fait », a indiqué au Devoir M. Parenteau. « Le jugement n’est pas donné à tous. »

Selon Jean-François Parenteau, des améliorations devront être apportées à la stratégie de déneigement parce qu’elle manque de flexibilité. Il a d’ailleurs entrepris de faire une tournée des arrondissements afin de jauger la situation dans chacun d’eux. « Il va y avoir des messages clairs qui vont être envoyés », a-t-il dit.

Voiture remorquée

Conseiller municipal dans l’arrondissement de Verdun, Pierre L’Heureux a vu son véhicule se faire remorquer vendredi matin. « Il n’y avait pas de neige, alors j’ai pensé qu’il n’y aurait pas de déneigement », explique-t-il. « Ce qui m’enrage, c’est qu’ils ont enlevé mon véhicule même s’il n’y avait pas de neige. C’est une absurdité. Il y a une incohérence dans la gestion du déneigement. Les opérations sont mal ciblées. »

M. L’Heureux, qui est membre du parti Ensemble Montréal, entend cependant payer sa contravention de 103 $.

À ce sujet, Jean-François Parenteau précise que l’absence de neige ne peut être un prétexte pour ne pas payer sa contravention en cas de remorquage.