Les voitures en libre-service étendent leur territoire

Les usagers des VLS pourront bientôt utiliser le service dans les arrondissements de Ahuntsic-Cartierville, Outremont, Verdun et Ville-Marie, qui viennent s’ajouter aux six arrondissements où le service existait déjà.
Photo: Michael Monnier Le Devoir Les usagers des VLS pourront bientôt utiliser le service dans les arrondissements de Ahuntsic-Cartierville, Outremont, Verdun et Ville-Marie, qui viennent s’ajouter aux six arrondissements où le service existait déjà.

Montréal étend l’offre de service de l’autopartage dans quatre arrondissements de plus tout en levant plusieurs restrictions mises en place par l’administration Coderre. Mais, pour l’instant, les voitures en libre-service (VLS) à essence demeureront exclues du quartier des affaires au centre-ville.

Les usagers des VLS pourront bientôt utiliser le service dans les arrondissements d'Ahuntsic-Cartierville, d'Outremont, de Verdun et de Ville-Marie, qui viennent s’ajouter aux six arrondissements où le service existait déjà. « Maintenant, des VLS, il y en a du fleuve Saint-Laurent jusqu’à la rivière des Prairies », a indiqué jeudi la mairesse Valérie Plante.

Le centre-ville

L’administration Plante modifie aussi certaines règles établies par l’administration précédente. Ainsi, elle abolit les restrictions concernant les voitures à essence et retire le minimum imposé aux fournisseurs quant au nombre requis de voitures électriques et aux véhicules accueillant au moins quatre passagers. « Les voitures électriques, c’est l’idéal, mais il n’en demeure pas moins qu’une voiture en libre-service remplace entre 7 et 11 véhicules et qu’une VLS est utilisée en moyenne huit fois par jour », a signalé la mairesse. « Alors, il ne faut pas les mettre en opposition. Une voiture en libre-service fait déjà sa job en enlevant la pression sur nos routes. »

Une zone de restriction sera toutefois conservée dans Ville-Marie, soit dans le secteur entre les rues Amherst et Peel, où seules les voitures électriques pourront utiliser les espaces de stationnement réservés (vignette 405). Hors de ce périmètre, toutes les VLS, électriques ou non, pourront être garées dans les zones de vignettes pour résidents.

À terme, la Ville souhaite trouver une solution pour permettre aux voitures de se garer devant les parcomètres. « Chaque minute pourrait être facturée à la Ville selon un système opérationnel pour l’ensemble de la flotte », a suggéré Éric Alan Caldwell, responsable du transport au comité exécutif.

Au cours des prochains mois, Montréal révisera les tarifs afin de faire en sorte que les permis pour les voitures électriques coûtent moins cher que ceux pour les voitures à essence, ce qui n’est pas le cas actuellement.

Le règlement modifié entrera en vigueur le 27 avril. Quant aux tarifs, ils resteront les mêmes jusqu’au 31 décembre 2018 et la nouvelle grille tarifaire, dont les détails restent à déterminer, s’appliquera à compter du 1er janvier 2019.

Soulagement

Les nouvelles mesures ont été bien accueillies par les deux fournisseurs de service, soit Communauto et Car2go. « L’amélioration de l’offre sera très significative pour les usagers », a dit Benoît Robert, p.-d.g. de Communauto. « La proposition pour le centre-ville est très intelligente. »

M. Robert dit accueillir avec un « grand soulagement » la fin des contraintes imposées pour les voitures électriques. « Nous forcer à mettre trop de voitures électriques en circulation trop vite, ça n’aide pas le service, ça lui nuit, parce que notre objectif est de procurer aux gens une solution de rechange à la propriété d’un véhicule. » D’autant, dit-il, que les voitures électriques coûtent plus cher à l’achat avec une autonomie moindre. Ces voitures obligent les opérateurs à les retirer de la circulation pour les recharger. « Ça coûte très cher en frais de main-d’oeuvre. Le modèle économique pour les voitures électriques va être mûr lorsqu’il y aura des bornes de recharge partout », a résumé M. Robert.

Directeur de Car2go Montréal, Jérémi Lavoie aussi est satisfait : « Ça change tout parce qu’on a enfin un partenaire qui comprend que la ville du futur encourage le transport multimodal », a-t-il dit.

Il croit aussi que l’assouplissement des règles concernant les voitures électriques sera profitable à l’expansion du service : « Il n’y a pas une ville dans le monde qui a réussi à mettre des contraintes financières complètement irréalistes et qui a réussi à faire en sorte que les entreprises privées prennent le marché. On a finalement un plan qui a un très grand potentiel de succès ».