Camillien-Houde: vers une largeur de neuf mètres?

À l’heure actuelle, la largeur de cette route atteindrait 33 mètres à certains endroits.
Photo: Catherine Legault Le Devoir À l’heure actuelle, la largeur de cette route atteindrait 33 mètres à certains endroits.

Dans le cadre de son plan visant à éliminer la circulation de transit sur le mont Royal, l’administration de Valérie Plante a envisagé de réduire à environ 9 mètres la largeur de la voie Camillien-Houde et de limiter à 30 km/h la vitesse des véhicules et des vélos sur la montagne.

Ces éléments figurent dans une proposition présentée la semaine dernière à des membres de la Table de concertation du Mont-Royal, mais elle ne serait pas définitive.

Selon un document daté du 21 février que Le Devoir a pu consulter, le projet « transitoire » pour la voie Camillien-Houde/Remembrance prévoit que les automobilistes venant de l’est ne pourront aller au-delà des stationnements de la maison Smith alors que ceux provenant de l’ouest devront s’arrêter aux stationnements du lac aux Castors, comme l’avait déjà annoncé le responsable des grands parcs au comité exécutif, Luc Ferrandez.

Les véhicules d’urgence et les autobus pourraient cependant circuler de part et d’autre de la montagne.

Mais le plan précise aussi que la largeur de la chaussée, soit les voies de circulation et les accotements, pourrait être réduite à 9 mètres.

À l’heure actuelle, la largeur de cette route atteindrait 33 mètres à certains endroits. Une contre-allée pour piétons de 6 mètres pourrait aussi être aménagée, indique le plan. On évoque également une limite de vitesse de 30 km/h qui s’appliquerait aux automobilistes et aux cyclistes.

Cohabitation autos-vélos

Joint par Le Devoir jeudi, Luc Ferrandez n’a pas voulu commenter le dossier, se contentant de dire que la proposition avait déjà fait l’objet de plusieurs modifications depuis la semaine dernière. Le plan devrait être plus définitif plus tard au mois de mars.

La p.-d.g. de Vélo Québec, Suzanne Lareau, ne voit pas comment les vélos et les voitures pourraient cohabiter sur des voies aussi étroites que 4,5 mètres. « Pour les cyclistes et les voitures, il faut au moins 6 mètres de largeur par direction », a-t-elle expliqué.

Et selon elle, une limite de vitesse de 30 km/h est irréaliste, particulièrement dans la descente de la voie Camillien-Houde.

À ce sujet, une source à l’hôtel de ville a indiqué que l’administration avait déjà remis en question cette limite de vitesse à la lumière des commentaires qu’elle a reçus.

Directeur général de la Fédération québécoise des sports cyclistes, Louis Barbeau juge que 9 mètres, c’est « excessivement étroit ». « Ça risque d’être encore plus problématique dans la mesure où, déjà, dans les courbes, les gens sont un peu déportés », a-t-il indiqué.

Analyse de circulation

Le plan présenté la semaine dernière indique aussi que l’administration envisage de bonifier l’offre de transport en commun et celle du « transport innovant », sans préciser lequel. Et on y mentionne la volonté de sécuriser l’accès au belvédère Camillien-Houde.

Une analyse de circulation est en cours afin d’évaluer l’impact du transfert de la circulation vers d’autres axes routiers. La Ville estime qu’en période de pointe la semaine, 75 % des déplacements automobiles ne se destinent pas à la montagne.

Rappelons que le décès du cycliste Clément Ouimet en octobre dernier a relancé le débat sur la réduction de la circulation sur la montagne.

Le 6 février dernier, Luc Ferrandez a fait savoir que, dès le printemps, la Ville irait de l’avant avec un projet-pilote interdisant la circulation de transit. L’administration a affirmé qu’elle ne comptait pas reculer malgré la polémique.

10 commentaires
  • Maryse Veilleux - Abonnée 2 mars 2018 06 h 12

    Enfin!

    Enfin une équipe qui est à la tête de Montréal et qui comprends que le Mont-Royal est un PARC.

  • Serge Pelletier - Abonné 2 mars 2018 06 h 58

    Franchement...

    À lire cet article, il n’y a qu’un seul constat possible : tout pour bannir l'automobile (ou tout autre type de véhicule moteur). C’est du n’importe quoi, n’importe comment.

    Il est hilarant de constater que les véhicules moteurs seront astreints à une vitesse maximale de 30km/h en descente (ce qui est logique et faisable) mais pas les vélos, car semble-t-il cela impossible pour ces derniers (ce qui est illogique, et ce même si faisable).

    Réduire les voies de circulation à 9 mètres (30 pieds) incluant l’accotement… est risible, surtout quand l’on fait la promotion du transport en commun par autobus… Il va y en avoir des accidents… et des morts.

    Il est tout aussi risible de vouloir faire une contre-allée pour piétons de 6 mètres (20 pieds)… Franchement, l’on sait que les québécois ont pris de « calibre » depuis un siècle, mais de là a nécessité un « trottoir » de 20 pieds…

    Étrangement, personne ne semble penser à faire/construire une voie séparée par un terre-plain pour les bicyclettes, et réserver exclusivement aux cyclistes - une réelle piste cyclable.

    Quand au « trottoir » de 20 pieds, les brillants penseurs devraient se rendre à Québec-Ville. Ils y constateraient que la forte majorité des « montées » de côtes est constituée d’escaliers avec des « espaces repos » à intervalles réguliers. N.B. : s’ils vont en Europe, ils y constateront la même chose qu’à Québec-Ville. Ils constaront aussi (pour Québec-Ville) qu'un magnifique escalier - avec vue panoramique - donne suite à la Terrasse Dufferin et permet d'accéder aux Plaines...

    Mais à Montréal, sous la ferrure de la République du Plateau, l’aménagement adéquat de l’espace urbain est accessoire… Le but ultime est le bannissement à tout prix des véhicules moteurs…

    • Hélène Paulette - Abonnée 2 mars 2018 10 h 53

      C'est exact! Il faut que cesse le tout-à-l'auto... Moi-même automobiliste, lorsque je suis à Montréal et que je réussis à me trouver un stationnement, je n'emprunte que les transports en commun.

  • François Beaulé - Abonné 2 mars 2018 07 h 03

    Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, semble dire M. Ferrandez

    Réduire la largeur des voies rendrait périlleux le passage des cyclistes. Par contre, réduire la vitesse à 30 km/h est une excellente idée, puisque cela permettrait aux passagers des véhicules d'admirer le paysage, ce qui est le but premier de l'accès au parc du Mont-Royal. N'en déplaise à la p.-d.g. de Vélo Québec, Suzanne Lareau, la voie Camilien-Houde n'est pas une piste de course pour cycliste. Cette voie n'est pas la propriété des cyclistes. Si ces derniers veulent faire de la vitesse, qu'ils aillent ailleurs. La vitesse excessive du cycliste Clément Ouimet est une des deux causes de sa mort. L'autre cause étant le demi-tour de l'automobiliste. Le blocage voulu par Luc Ferrandez ne réduira aucunement la capacité des automobilistes de faire des virages en U. L'automobiliste qui a causé la mort du cycliste n'était pas un transiteur, s'il l'avait été, il n'aurait pas fait de virage en U.

  • Bernard Terreault - Abonné 2 mars 2018 07 h 57

    Voies séparées

    Il me semble évident que vélos et véhicules à moteur doivent avoir des voies bien séparèes.

  • Jean Richard - Abonné 2 mars 2018 10 h 24

    Vitesse maximale pour tous

    À moins que le chemin Camillien-Houde ne soit officiellement reconnu comme étant une piste d'entraînement pour le cyclisme sportif (ce qui n'est pas souhaitable car le Mont-Royal est un parc et doit rester un parc), les limites de vitesse doivent s'appliquer à tous les véhicules, et le vélo est un véhicule.
    Y a-t-il une véritable différence entre un cycliste, un automobiliste et un piéton ? Pas vraiment. Prétendre le contraire serait affirmer que la culutre d'un peuple se limite à son choix dans la manière de se déplacer. Or, les cyclistes, les automobilistes et les piétons partagent les mêmes travers culturels, conséquence d'une éducation déficiente. Trop de gens souffrent d'une carence d'éducation qui se traduit par des frictions dans leurs rapports sociaux, frictions découlant de l'incivilité et du manque de respect.

    Quand le démon de la vitesse habite ces gens atteints du TDE (trouble du déficit de l'éducation), ça se vit comme une ancienne pub de VW : « Tasse-toé mon oncle », comme si la capacité d'atteindre une vitesse excessive donnait des droits au possédé et forçait les autres à s'écarter de la voie.

    Il y a des nuances, bien sûr. Le piéton possédé du démon de la vitesse bouscule les autres mais hypothèque d'abord sa propre sécurité. Le cycliste avec sa monture de 10 à 20 kg peut blesser, parfois sérieusement, celui qui se trouve dans son chemin. L'automobiliste, avec son bolide de 2000 kg, un champ de vision très limité et un contact réduit avec son environnement peut facilement tuer. Que le niveau de dangerosité envers les autres soit nettement moins élevé à bicyclette qu'en voiture ne doit pas servir de prétexte pour tolérer des comportements délinquants chez les uns mais pas chez les autres. Le jour où un septuagénaire sur un vélo Bixi préfèrera la rue à la piste cyclable parce qu'il se sentira plus en sécurité, il faudra se poser des questions. Or, ce jour-là est peut-être déjà arrivé.

    • Serge Pelletier - Abonné 2 mars 2018 12 h 18

      Il y a des piétons qui décèdent ou demeurent fortement handicapés suite à une collusion avec un cycliste roulant à vive allure... À Montréal, plusieurs interceptions sont extrêmement dangeureuses de par la vitesse de certains cyclistes... le Chemin menant au Mont-Royal est l'un des endroits dangereux...