Formule E: les créanciers réclament 32,4 millions

La mairesse Valérie Plante avait qualifié la Formule E de «fiasco financier» et disait souhaiter «mettre fin à l’hémorragie».
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne La mairesse Valérie Plante avait qualifié la Formule E de «fiasco financier» et disait souhaiter «mettre fin à l’hémorragie».

Les créanciers de Montréal c’est électrique (MCE) réclament maintenant 32,4 millions de dollars à l’organisme qui a présenté la course de Formule électrique dans les rues de Montréal l’été dernier. L’organisation internationale Formula E Operations (FEO), qui estime son dû à 20,4 millions, tient la Ville de Montréal responsable pour ses pertes.

Lors de l’assemblée des créanciers vendredi matin, le syndic PricewaterhouseCoopers a présenté le rapport détaillant les réclamations des créanciers à la suite de la faillite de MCE le 5 février dernier.

En plus de Formula E Operations, Evenko a déposé une réclamation de 4,7 millions. Quant à la Ville de Montréal, qui représente le seul créancier garanti, sa réclamation est maintenue à 7,3 millions.

Rappelons que, dans son bilan préliminaire déposé le 7 février dernier, MCE faisait état de dettes totalisant 18,2 millions, soit 9,8 millions pour Formula E Operations, 1 million pour Evenko et 7,3 millions pour la Ville de Montréal.

De maigres actifs

Les actifs de MCE sont cependant très limités. Ainsi, le syndic pense être en mesure de récupérer seulement 265 000 des 462 000 $ envisagés initialement. Il s’attend notamment à obtenir une somme de 100 000 $ du ministère des Affaires municipales, qui représente la dernière tranche d’une subvention de 500 000 $.

Le ministère, qui a consenti une aide financière de 1,5 million à MCE, n’a cependant pas l’intention de verser les 100 000 $ évoqués par le syndic, a dit au Devoir Marie-Ève Pelletier, attachée de presse du ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux.

Aucun montant n’est attendu relativement au prêt de 1,75 million du gouvernement fédéral remboursable à partir de la 3e édition de l’événement. Ce prêt avait été négocié par le cabinet de l’ex-maire Denis Coderre, a indiqué Simon Pillarella, ex-directeur de MCE.

Le syndic a par ailleurs encaissé un montant de 106 000 $ pour les taxes de vente à recevoir sur les 231 000 $ initialement anticipés.

Rappelons que MCE, un organisme sans but lucratif créé par l’administration de Denis Coderre, a annoncé le 5 février la fin de ses activités à la suite de la décision de la mairesse Valérie Plante de ne plus présenter de course de Formule E à Montréal.

La mairesse avait qualifié l’événement de « fiasco financier » et disait souhaiter « mettre fin à l’hémorragie ». Organiser une course en 2018 aurait pu faire grimper la facture totale pour la Ville à 35 millions, avait-elle affirmé.

Demande de rencontre

Si la réclamation de Formula E Operations atteint maintenant 20,4 millions, c’est qu’elle comprend les pénalités de résiliation de l’entente qui devait s’échelonner sur deux années supplémentaires. « Mais ça n’inclut pas les autres dommages qui devront être quantifiés », a expliqué au Devoir Me Louis-Martin O’Neill, qui représente l’organisation établie à Londres.

Celle-ci n’entend pas en rester là.

On considère la Ville comme responsable. On s’attend à ce que la Ville assume les conséquences de ses gestes. C’est la Ville qui a décidé d’annuler le Grand Prix et de forcer la résiliation de l’entente.

 

FEO tente depuis des semaines d’obtenir une rencontre avec la mairesse Plante afin d’entreprendre des négociations pour régler le litige. « À ce jour, on n’a pas eu de réponse. Si la Ville ne veut pas négocier, on n’aura pas le choix de passer aux prochaines étapes », a fait valoir Me O’Neill.

En décembre dernier, FEO avait fait parvenir une mise en demeure à MCE et à la Ville, réclamant un montant de quelque 20 millions.

De son côté, le cabinet de la mairesse Plante n’a pas l’intention de discuter du dossier avec FEO. « La Ville de Montréal n’a aucune entente contractuelle avec FEO et, compte tenu des intentions de l’organisation de judiciariser le dossier, nous avons jugé plus prudent de ne pas donner suite à la demande de rencontre », a-t-on indiqué au cabinet vendredi.