Transport en commun: une tarification sociale est envisagée pour Montréal

À l'automne dernier, Valérie Plante s’était engagée à offrir un tarif réduit aux Montréalais à faibles revenus, ainsi que la gratuité pour les enfants jusqu’à 12 ans et les usagers de plus de 65 ans.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir À l'automne dernier, Valérie Plante s’était engagée à offrir un tarif réduit aux Montréalais à faibles revenus, ainsi que la gratuité pour les enfants jusqu’à 12 ans et les usagers de plus de 65 ans.

La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), qui regroupe les 82 municipalités de la région, étudiera la possibilité d’implanter une tarification sociale en transport en commun. Pour la mairesse Valérie Plante, qui préside la CMM, il s’agit d’un premier pas vers la réalisation d’une promesse faite en campagne électorale.

Valérie Plante prononçait jeudi matin une allocution à l’occasion d’une rencontre de la CMM. Elle en a profité pour annoncer que la commission du transport examinerait la tarification sociale.

Lors de la course à la mairie de Montréal l’automne dernier, Valérie Plante s’était engagée à offrir un tarif réduit de 40 % à tous les Montréalais à faibles revenus et la gratuité pour les enfants jusqu’à 12 ans et les usagers de plus de 65 ans. Sa promesse se limitait toutefois au territoire montréalais.

« Dans ce dossier-là, il faut aussi respecter chaque municipalité avec ses priorités, sa capacité de payer et la façon de le financer. Il faut que l’argent soit au rendez-vous », a expliqué la mairesse.

L’expérience de Laval

Il y a quatre ans, Laval a instauré la gratuité pour les aînés. « Ce fut tellement un succès énorme à Laval pour la qualité de vie des citoyens, des aînés, pour leur liberté, leur mobilité, que ce serait un souhait formidable que ça puisse s’étendre à toute la région métropolitaine », a commenté le maire Marc Demers.

Lors du lancement de la mesure en 2014, Laval estimait à 600 000 $ le manque à gagner pour la Société de transport de Laval. Le maire Demers reconnaît toutefois que le défi est beaucoup plus grand à Montréal qu’à Laval compte tenu de l’achalandage et des infrastructures.

La CMM entreprendra l’élaboration de son plan stratégique en matière de mobilité, plan qui sera soumis à la nouvelle entité responsable du transport dans la région, l’Autorité régionale de transport de Montréal (ARTM).

Dans la grande région métropolitaine, la part modale du transport collectif stagne à 25 %, alors que les objectifs de la CMM visent à la hausser à 35 % d’ici 2031 et à 3,8 % pour le vélo, a souligné Valérie Plante, qui depuis son élection se décrit comme la « mairesse de la mobilité ». Les maires croient qu’en faisant front commun, ils pourront mieux convaincre Ottawa et Québec de financer leurs projets.

Rivalité ?

En 2011, la CMM avait élaboré un plan de transport régional comportant des projets totalisant 23 milliards de dollars, dont le prolongement de trois lignes de métro, l’implantation d’un système léger sur rails (SLR) entre Montréal et la Rive-Sud et d’un tramway à Montréal. Les maires n’avaient cependant pas déterminé de priorités, Laval privilégiant la ligne orange et Longueuil la ligne jaune. Depuis, le projet de Réseau express métropolitain (REM) de la Caisse de dépôt et placement du Québec a vu le jour.

Valérie Plante, qui a ajouté la ligne rose à la liste des projets, ne paraît pas inquiétée par une possible rivalité entre les villes : « Je suis convaincue qu’on peut faire valoir l’importance de tous les projets, que ce soit la ligne orange, la ligne jaune ou la ligne rose. Ces projets-là, on en a besoin. »

La mairesse Plante compte aussi privilégier l’habitation au cours de son mandat à la tête de la CMM. « Dans les prochains mois, la commission du logement social déterminera les besoins des municipalités qui souhaitent construire de nouvelles unités d’habitation abordable, en particulier dans le cadre du programme AccèsLogis », a-t-elle dit.