Le projet du Royalmount préoccupe toujours l’administration de Valérie Plante

Andrew Lutfy, président et chef de la direction de Carbonleo, a présenté lundi le projet de centre commercial et de divertissement qui devrait voir le jour d’ici 2022.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Andrew Lutfy, président et chef de la direction de Carbonleo, a présenté lundi le projet de centre commercial et de divertissement qui devrait voir le jour d’ici 2022.

Alors que la construction du mégacentre commercial Royalmount devrait commencer d’ici la fin de l’année 2018 à la jonction des autoroutes 15 et 40, l’administration de Valérie Plante n’a toujours pas donné son appui au projet. Elle se dit préoccupée par les impacts que celui-ci risque d’avoir sur la circulation et la vitalité commerciale à Montréal.

Lorsqu’il formait l’opposition à l’hôtel de ville, Projet Montréal avait durement critiqué le projet du Royalmount, qui sera situé sur le territoire de la ville liée de Mont-Royal. En 2015, Luc Ferrandez, alors chef de l’opposition, avait accusé Carbonleo de sous-estimer les effets du projet sur la circulation. Il avait aussi reproché à l’administration Coderre de n’avoir rien fait pour empêcher sa réalisation.

Projet Montréal est maintenant au pouvoir. « On avait des préoccupations sérieuses à propos de l’impact sur la circulation et l’impact sur la vitalité commerciale de la métropole. On reste avec ces mêmes préoccupations », a indiqué lundi le conseiller Éric Alan Caldwell, responsable des dossiers d’urbanisme et de transport au comité exécutif. « On a rencontré le promoteur pour lui faire part de nos préoccupations et là, on est en dialogue. »

Rien n’indique toutefois que la Ville de Montréal serait en mesure de bloquer le projet même si elle détient la majorité des voix au conseil d’agglomération. « On est en train de regarder tout ça. […] Le promoteur est prêt à écouter nos préoccupations », s’est contenté de dire M. Caldwell.

Trente millions de visiteurs

Lundi midi, Andrew Lutfy, président et chef de la direction de Carbonleo, était l’invité du Cercle canadien de Montréal pour présenter le projet de vaste centre commercial et de divertissement qui devrait voir le jour d’ici 2022. Avec ses 3,6 millions de pieds carrés, le site comportera des boutiques, des restaurants, des hôtels, une place publique, deux salles de spectacle, un parc aquatique, des espaces de bureau et un toit vert. Une passerelle pour piétons et cyclistes enjambant l’autoroute Décarie reliera le Royalmount à la station de métro de la Savane. Le promoteur allègue que 40 % des visiteurs viendront sur le site en transport en commun. Carbonleo croit pouvoir attirer 30 millions de visiteurs par année.

À l’issue de son allocution, Andrew Lutfy a indiqué ne pas encore avoir rencontré la mairesse Valérie Plante pour discuter du projet, mais selon lui, la Ville de Montréal ne pourra pas bloquer la réalisation du projet. « Le Royalmount est à Mont-Royal et la Ville est en mesure de faire ce qu’elle veut avec le zonage et ses permis. »

Les impacts du Royalmount sur la circulation seront limités, a-t-il ajouté. « Il va toujours y avoir du trafic, mais je pense que […] les travaux qu’on va effectuer vont faire en sorte de ne pas rajouter au problème », a-t-il expliqué. « On va prendre de l’espace de notre terrain pour agrandir les voies de service et ajouter des feux de circulation. »

M. Lutfy a aussi minimisé les conséquences possibles du Royalmount sur les commerces des quartiers centraux de Montréal. « Quinze pour cent de notre chiffre d’affaires viendra de l’île de Montréal », a-t-il dit.

Le promoteur n’a pas voulu dire où en étaient les discussions avec le Cirque du Soleil, qui aurait fait part de son intérêt à y présenter un projet créatif : « On est en discussions avec beaucoup de partenaires. »

De son côté, le maire de Mont-Royal, Philippe Roy, dit croire que l’administration Plante appuiera le projet. « C’est un trop beau projet pour que la Ville de Montréal soit contre », a-t-il expliqué en évoquant les recettes fiscales de 40 millions par année dont pourraient bénéficier, en parts égales, Mont-Royal et la Ville de Montréal. Le projet a franchi les étapes réglementaires dans sa ville, notamment en matière de zonage, a-t-il fait remarquer. « Est-ce qu’on veut faire ça à l’encontre d’une volonté à Montréal ? La réponse est non. Mais on demeure optimistes et confiants. »

Le Royalmount permettrait la création de 30 000 emplois pendant sa construction et 10 000 à terme, a souligné M. Roy.