Un frein au trafic sur le mont Royal

L’administration Plante compte un jour réaménager la voie Camillien-Houde pour la réduire aux dimensions d’un chemin du parc. 
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L’administration Plante compte un jour réaménager la voie Camillien-Houde pour la réduire aux dimensions d’un chemin du parc. 

Dès le printemps, la circulation de transit ne sera plus possible sur le mont Royal, a confirmé mardi Luc Ferrandez, responsable des grands parcs au sein de l’administration de Valérie Plante, qui souhaite rendre cet espace vert plus convivial aux promeneurs et aux cyclistes.

Selon le scénario étudié par la Ville, les voitures provenant de l’est par le chemin Camillien-Houde se gareraient aux abords de la maison Smith. Celles venant de l’ouest devraient s’arrêter à proximité du lac aux Castors. « Mais entre les deux, il n’y aurait pas de circulation possible », a expliqué Luc Ferrandez mardi, à l’issue de la présentation, devant la Commission des finances, du Programme triennal d’immobilisations du Service des grands parcs.

« Ça veut dire que, dans la phase 1, toute personne qui voudra aller en voiture sur le mont Royal pourra continuer de le faire. Il n’y aura pas de restrictions ou de contraintes pour ceux qui veulent se garer sur le mont Royal, a-t-il expliqué. Par contre, ceux qui voudraient transiter par le mont Royal ne pourraient plus le faire. »

Au dire de M. Ferrandez, il s’agit d’un projet-pilote : « C’est de la peinture au sol. »

En octobre dernier, le cycliste Clément Ouimet a perdu la vie après avoir percuté un véhicule qui faisait un virage en U sur la voie Camillien-Houde. Cet événement avait relancé le débat sur la nécessité de mettre fin à la circulation de transit sur la montagne.

Réduire le stationnement

La Ville envisage aussi de réduire le nombre de places de stationnement sur la montagne, un projet étudié par au moins trois administrations, a dit le maire du Plateau-Mont-Royal. Une partie de l’ancien hôpital Royal-Victoria, vacant depuis le déménagement de l’hôpital au CUSM, pourrait aussi être utilisée comme bureau d’accueil pour les usagers du mont Royal, dont les skieurs, les joggeurs ou les promeneurs, a suggéré M. Ferrandez.

« Les Amis de la montagne sont un peu serrés à la maison Smith. On pourrait les caser en bas et mettre à la disponibilité du grand public toute la maison Smith », a-t-il dit.

L’Université McGill entend utiliser l’ancien hôpital dans le cadre de son projet d’expansion, mais selon M. Ferrandez, la superficie pourrait être supérieure à ses besoins. La Ville a donc signifié son intérêt pour en utiliser une partie qu’elle pourrait louer.

En utilisant des stationnements au bas de la montagne, Montréal pourrait réduire la circulation automobile sur le mont Royal, croit Luc Ferrandez. « Mais il ne s’agit pas d’empêcher les familles d’aller faire du toboggan ou du patin ou de les forcer à prendre l’autobus. »

À plus long terme, l’administration compte réaménager la voie Camillien-Houde. « Il y a tout un travail à faire pour reconfigurer cette rue pour qu’elle devienne un chemin de parc et non par une miniautoroute dans un parc. »

Un parc romantique

Le parc La Fontaine est aussi dans la mire de l’administration, qui entend y consacrer 30,6 millions au cours des trois prochaines années.

Les travaux prévus porteront sur la reconfiguration géométrique des rues Rachel, Parc-La Fontaine, Cherrier et de la Roche, le réaménagement du secteur du Centre Calixa-Lavallée ainsi que la reconstruction du théâtre de Verdure, fermé depuis 2014.

La Ville pourrait aller plus loin et envisage de fermer toutes les rues qui traversent le parc La Fontaine, comme les avenues Émile-Duployé et Calixa-Lavallée.

« C’est dans le plan directeur, mais ce sont des projets sur le très long terme. […] Tout ça ne peut pas se faire en claquant des doigts », a expliqué Luc Ferrandez.

L’élu voit le parc La Fontaine comme un jardin du Luxembourg à Montréal. « Ce n’est pas un espace haché et hachuré de stationnements et de rues. C’est un grand parc romantique », a-t-il dit.

Quant au théâtre de Verdure, il pourrait être reconstruit au cours des trois prochaines années selon des plans qui l’intégreraient mieux au paysage des lieux que la précédente mouture du projet.