Le «croque-glace» dans la mire de Montréal pour venir à bout des trottoirs glissants

La succession d’épisodes de pluie et de grands froids ont donné du fil à retordre aux piétons montréalais depuis le début de l’hiver.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La succession d’épisodes de pluie et de grands froids ont donné du fil à retordre aux piétons montréalais depuis le début de l’hiver.

Pour venir à bout des trottoirs glissants, Montréal entend faire l’acquisition d’appareils de déneigement qui broient la glace tels que celui qui a été mis à l’essai dans Ville-Marie.

La mairesse Valérie Plante a fait valoir que les épisodes de gel et de dégel allaient être plus fréquents dans le futur en raison des changements climatiques. « Il faut adapter notre flotte de véhicules et d’appareils. Cet appareil, je l’appelle affectueusement le “croque-glace” », a-t-elle dit.

Muni d’un rouleau qui concasse la glace, le véhicule a été testé pendant deux ans par l’arrondissement de Ville-Marie, et, selon la mairesse, les résultats sont concluants. Son administration a donc proposé que les arrondissements s’en procurent s’ils le désirent.

La Ville admet toutefois qu’outre le chargement de la neige décrété trop tard par l’administration, le déglaçage des trottoirs, qui relève des arrondissements, pose problème.

Ainsi, certains arrondissements ont procédé à six opérations d’épandage d’abrasifs et de fondants au cours de la dernière semaine, alors que d’autres se sont contentés de deux passages.


Le responsable des services aux citoyens au comité exécutif, Jean-François Parenteau, compte donc revoir la politique de déneigement mise en place il y a trois ans. Il rencontrera les maires de tous les arrondissements afin de discuter des meilleures pratiques à adopter.

Une table de concertation sera aussi mise sur pied en collaboration avec les représentants des arrondissements et les professionnels en déneigement.

Des ajustements aux règles encadrant le déneigement pourraient être apportés dans les prochains mois. « Dès l’année prochaine, vous allez voir des changements marqués », a promis M. Parenteau.

375 ans de déneigement

Le maire d’Anjou, Luis Miranda, n’a pas semblé impressionné par l’idée d’acheter de nouveaux appareils pour broyer la glace des trottoirs : « Je n’ai pas besoin de ça. Si on fait l’entretien comme on est censés le faire, on n’a pas besoin de ça. Qu’on arrête de réinventer la roue. Ça fait 375 ans qu’on déneige à Montréal, techniquement. Comment se fait-il qu’à la mi-hiver, on est dans le trouble comme ça ? »

M. Miranda est ce maire d’arrondissement qui, la semaine dernière, n’a pas attendu l’ordre de la ville-centre pour décréter un chargement de neige sur son territoire.Il s’attend toutefois à voir le budget de son arrondissement retranché d’un?montant?de 300 000 $ à la suite de sa décision.

Selon lui, le système centralisé mis en place par l’administration Coderre ne fonctionne pas.

Blue Bonnets

L’administration Plante a aussi fait savoir que trois de ses sites de dépôt à neige étaient au maximum de leur capacité, soit ceux de Lachine, du Sud-Ouest et d’Angrignon.

« Il n’y aura jamais assez de place pour assumer une prochaine tempête dans ce secteur-là. Les statistiques démontrent qu’on devrait faire face à deux ou trois tempêtes d’ici la fin de l’hiver. Il faut être capables de se virer de bord », a expliqué Jean-François Parenteau.

La Ville a donc fait une demande de certificat d’autorisation auprès du ministère de l’Environnement afin de pouvoir utiliser le site de l’ancien hippodrome Blue Bonnets comme dépôt à neige temporaire.

7 commentaires
  • Louise Nepveu - Abonnée 31 janvier 2018 20 h 46

    Bizarre

    Dans mon arrondissement, tout est parfait grâce au bon jugement des responsables du déneigement. C'est M. Miranda qui a raison: nul besoin de réinventer la roue! Si le compte de taxes arrivé aujourd'hui (PLUS 130$) sert à offrir un nouveau joujou comme un croque-glace aux maires incompétents, non merci, Mme Plante!

  • Claude Desjardins - Abonné 31 janvier 2018 21 h 53

    Pas besoin de réinventer la roue ?

    L'épandage de sel et gravier n'est certainement pas ce qu'il y a de mieux d'un point de vu environnemental. Bien sûr, il y a 375 ans ont ne se souciais guère de cet aspect pour entretenir les trottoirs.

  • Denis Paquette - Abonné 1 février 2018 01 h 08

    l'hiver une adaptation unique, dire qu'il y a des gens qui paient une fortune pour s'y confronter

    A partir de photos des années soixante, il ne semble pas que nous ayons plus de neige, qu'avant, sinon que nous la tolérons moins bien, que beaucoup de gens habitent des édifices interconnectés et ne sortent pas de l'hiver, peut-être que l'hiver est surtout une affaire d'adaptation, peut-être n'aurait-il pas fallu proscrire les manteaux de fourrures, il fut un temps ou l'hiver c'était le temps de voire, ces manteaux extra ordinaires, n'avions nous pas chacun le nôtre

  • Dominique Boucher - Abonné 1 février 2018 03 h 00

    Pourquoi pas?

    Si ça permet un déglaçage plus efficace des trottoirs - et à un coût raisonnable, pourquoi pas? D'autant que ce n'est qu'un outil installé devant un tracteur - ça ne doit pas coûter une fortune.

    Jean-Marc Gélineau

  • Rino St-Amand - Abonné 1 février 2018 09 h 39

    Pour réduire les opérations

    Si on ajoutait, derrière ou sous le tracteur qui pousse le croque-glace, une gratte afin de déblayer le trottoir de ses débris de glace, ça éviterait d'avoir à passer une deuxième fois avec une chenille. Chose certaine, ça ne doit pas être agréable d'avoir à marcher dans ces débris.