L’opposition presse Valérie Plante de ne pas hausser la taxe d’eau

La mairesse de Montréal, Valérie Plante
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La mairesse de Montréal, Valérie Plante

À deux jours du vote sur le budget de la Ville de Montréal, l’opposition à l’hôtel de ville a demandé à Valérie Plante de revoir le budget de son administration et de renoncer à la hausse de la taxe d’eau.

Non seulement la mairesse a rejeté la requête, mais elle a accusé les troupes de l’ancien maire Denis Coderre d’avoir « jeté de l’argent par les fenêtres » et d’avoir plongé Montréal dans une situation financière « désastreuse ».

« Votre indignation aujourd’hui et celle des dernières semaines ne m’impressionnent pas. L’administration dont vous faisiez partie [...] savait depuis juin qu’on s’en allait dans un mur », a dit la mairesse au chef de l’opposition, Lionel Perez, lors d’un vif échange à l’assemblée du conseil municipal lundi.

« Nous avons décidé de ne pas agir de façon irresponsable et de ne pas jeter l’argent des Montréalais par les fenêtres comme la précédente administration a fait pendant des années. On peut parler des blocs de granit ou de la Formule E. »

La mairesse a fait valoir que, dans son budget, Montréal avait réservé 73 millions de dollars pour le développement économique : « Dans votre administration, c’était des peanuts que vous donniez. » De ces 73 millions, 30 millions sont destinés aux commerçants, a précisé Mme Plante.

 

Lionel Perez a rétorqué que l’ancienne administration avait fait le point sur la situation financière en juin dernier et qu’il était alors question d’un manque à gagner anticipé de 30 millions.

L’opposition à l’Hôtel de Ville suggère que l’administration annule la hausse de la taxe d’eau de 1,1 %, ce qui réduirait à 2,2 % la hausse du fardeau fiscal des Montréalais plutôt que 3,3 %. Ensemble Montréal estime que Valérie Plante et Benoit Dorais, président du comité exécutif, n’ont pas été en mesure d’expliquer de manière convaincante la nécessité d’augmenter cette taxe. Sans compter que le Programme triennal d’immobilisations, qui détaille les investissements prévus pour les trois prochaines années, n’a toujours pas été déposé — il le sera le 31 janvier.

Le parti dirigé par Lionel Perez réclame aussi de l’administration qu’elle prévoie une somme de 10 millions pour aider les commerçants affectés par les chantiers de construction.

Dissidence

En matinée, malgré la dissidence de l’opposition et celle des maires des villes de banlieue, la Commission des finances a recommandé l’adoption du budget.

Cette commission qui regroupe des élus de tous les partis ainsi que des maires des villes liées a fait l’étude du budget pendant une semaine avant de formuler 30 recommandations.

Le maire de Beaconsfield, Georges Bourelle, a indiqué que les élus des villes de banlieue ne pouvaient donner leur aval à la principale recommandation de la commission, soit celle proposant au conseil municipal et au conseil d’agglomération d’adopter le budget de fonctionnement de la Ville tel qu’il a été déposé par l’administration le 10 janvier dernier. « Les maires que nous représentons ont clairement fait comprendre qu’ils n’accepteront jamais un budget d’agglomération qui impose une augmentation moyenne de 5,3 % des quotes-parts de leurs 15 villes », a expliqué M. Bourelle.

Les élus de l’opposition officielle qui siègent à la Commission ont aussi inscrit leur dissidence à l’égard de la première recommandation.

Les 29 autres recommandations de la Commission des finances ont cependant fait l’unanimité. Certaines d’entre elles proposent que l’administration consulte l’Association des municipalités de banlieue, la Commission des finances et la Table des maires, qui regroupe les 19 maires d’arrondissement, lors de la préparation du budget. D’autres suggèrent à la Ville d’améliorer la présentation du budget pour en faciliter la compréhension, d’étudier la modulation des tarifs de stationnement d’un secteur à l’autre, d’envisager d’augmenter les amendes visant les propriétaires de bâtiments insalubres et de fournir des données sur l’embauche en matière de diversité.

Hausse des taxes

Pierre Pagé, du groupe citoyen Montréal pour tous, a pressé l’administration Plante-Dorais de reculer au sujet des hausses de taxes. « C’est un appel aux conseillers de la majorité : respectez votre promesse centrale et l’an prochain, présentez d’avance toutes les informations et toutes les augmentations de taxes que vous voudrez », a dit M. Pagé aux membres de la commission. « Ce n’est pas une question de chiffres, c’est une question de lien de confiance. On fait un appel pour que la mairesse n’endommage pas ce lien de confiance ».

Le budget de l’administration sera soumis au vote du conseil municipal mercredi et à celui du conseil d’agglomération le lendemain.

5 commentaires
  • Raymond Chalifoux - Inscrit 22 janvier 2018 11 h 16

    C'est Denis qui doit...

    ... rigoler à s'en faire éclater la prostate... Hiiiii!

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 22 janvier 2018 15 h 46

    Bref !

    « Ce n’est pas une question de chiffres, c’est une question de lien de confiance. On fait un appel pour que la mairesse n’endommage pas ce lien de confiance » (Pierre Pagé, Groupe citoyen Montréal pour tous)

    En effet, on-dirait que la politique de la mairesse vient d’atteindre les limites de la confiance avec cette soudaine et inattendue « hausse de taxes » !

    Bref ! – 22 jan 2018 –

    Ps. : La photo ci-contre tend à démontrer que conserver le « sourire » peut être comme difficile à vivre ou faire vivre !

  • Philippe Martin - Abonné 22 janvier 2018 22 h 58

    Les promesses électorales...

    ... n'engagent que ceux qui les écoutent !

  • Denis Paquette - Abonné 23 janvier 2018 00 h 13

    n'est-ce pas notre habitude d'être plus militant qu'agissant

    est-il possible d'avoir de l'ambition comme maire sans devenir un entrepreneur voila ce que découvre la mairesse Plante,il serait interessant qu'elle fasse le tour des grandes villesdu monde et voire comment elles s'y prennent , peut être devrait-elle inviter le maire de Newyork et voire comment, il s'y prends, il semblerait qu'il accomplit des miracles, peut être ne devrait-t-elle pas trop écouter une certaine frange de son électora qui ont l'habitude de se voire gàté par tous les gouvernements dont la carte d'affaire est surtout le militantiste, je ne suis pas sur qu'elles sont de bon conseils,enfin si la réalité a rattrapée notre cher Coderre elle pourait bien rattraper la mairesse Plante

    • Solange Bolduc - Abonnée 23 janvier 2018 17 h 54

      J'ai dégonflé très vite à son sujet : elle travaille pour le multiculturalisme à la Trudeau, QS inclusif, mais elle ne sait pas encore comment composer avec la gestion de la mairie de Montréal. Elle n'y était pas préparée.

      On entendait son rire disgracieux, puis on se disait ça lui passera, elle est contente d'avoir gagné «ses épaulettes», maintenant elle doit prouver, malgré son incompétence évidente...et continuer à rire aux éclats dans notre face (encore hier à la télé)

      Mais elle va continuer de vouloir contrôler, de rire aux éclats : elle a gagné, ça lui fait une bien belle jambe !