Un caillou dans l'engrenage des portes des voitures Azur

Bombardier-Alstom dit avoir trouvé la solution au problème des portes qui se bloquent, solution qui sera mise en application dans les prochaines semaines. 
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Bombardier-Alstom dit avoir trouvé la solution au problème des portes qui se bloquent, solution qui sera mise en application dans les prochaines semaines. 

Même si elles ne mettent jamais le nez dehors, les voitures de métro Azur souffrent de l’hiver. La Société de transport de Montréal (STM) a constaté une recrudescence d’épisodes de portes bloquées depuis le début de la saison froide. Les petites roches utilisées comme abrasifs sur les trottoirs sont à l’origine du problème, et le consortium Bombardier-Alstom promet d’apporter les changements nécessaires.

Même si les portes des Azur ne se rétractent pas à l’intérieur des parois des voitures, comme c’est le cas pour les MR-63 et les MR-73, les nouveaux trains ne sont pas épargnés par les problèmes causés par les abrasifs.

Les petites roches collées aux bottes des usagers du métro finissent par se disperser dans les stations et dans les trains, entravant le mouvement d’ouverture et de fermeture des portes.

« Nous avons effectivement constaté depuis le début de l’hiver — qui était précoce cette année — que le problème de portes bloquées arrive plus fréquemment qu’à d’autres moments, dû à l’abondance de gravier », a indiqué au Devoir Isabelle Tremblay, porte-parole de la STM. Le problème avait aussi été détecté l’hiver précédent, mais dans une moindre mesure.

Bombardier-Alstom affirme avoir trouvé la solution qui permettra de régler le problème. « Une des particularités des portes des voitures Azur, c’est qu’elles sont extrêmement sensibles. Le maximum qu’il peut y avoir d’écart dans la porte, c’est un millimètre. À partir du moment où ça dépasse un millimètre, il y a un défaut qui est généré auprès de la porte, qui généralement se referme par elle-même », a expliqué Marc-André Lefebvre, porte-parole du consortium.

La solution avancée par Bombardier-Alstom consiste à procéder à une modification d’un contrôleur de porte, et elle sera mise en application dans les prochaines semaines. « On ne retrouvera pas [ce problème] lors des autres hivers », a assuré M. Lefebvre. Les modifications seront faites progressivement, sans impact sur le nombre de voitures en service, a-t-il dit en précisant que les nouveaux trains qui seront livrés à la STM au cours des prochains mois auront déjà fait l’objet des modifications nécessaires.

Période de rodage

 

Marc-André Lefebvre estime qu’il est normal que ce type d’événement survienne lors de la mise en service de nouveaux trains. La question du gravier a été prise en considération lors de la conception des voitures Azur et les portes ont été testées avec du gravier, a-t-il indiqué. « On prend tout en considération, mais c’est sûr que tant et aussi longtemps qu’on ne l’implante pas, on ne peut jamais être assuré que ça va fonctionner », a-t-il dit. « On est encore dans la période de croissance de fiabilité. C’est le genre de choses qu’on voit dans un processus normal d’introduction d’une nouvelle flotte. Les MR-73 avaient aussi connu de tels enjeux lorsqu’ils ont été mis en service dans les années 1970. Ces problèmes ont été corrigés et ce sont parmi les voitures les plus performantes de la planète. »

Ces corrections se feront sans coûts supplémentaires pour la STM puisque les trains Azur sont encore sous la garantie du constructeur.

 

La STM a signalé que le même type de problème avait été détecté avec les MR-73 et les MR-63 lorsque la Ville de Montréal avait commencé à recourir au gravier comme abrasif sur ses trottoirs. Un système balayant les petites roches avait alors été mis au point pour limiter ces inconvénients.

Les problèmes de frotteurs

 

La STM n’a pas été en mesure de donner de statistiques sur le nombre d’arrêts ou de ralentissements de service attribuables à ce problème de portes. L’année 2017 a été particulièrement difficile pour les usagers du métro. Entre janvier et août 2017, la STM a comptabilisé 750 interruptions de service de cinq minutes et plus, soit 31 % de plus que pour la même période l’année précédente. Elle se dirigeait alors vers une année record de pannes, une situation qu’elle a attribuée à la hausse de l’achalandage et au rodage des nouveaux trains Azur.

L’entrée en service des voitures Azur a aussi été perturbée lorsqu’un arrêt de service de 10 heures survenu sur la ligne orange le 14 janvier 2017 avait forcé la STM à retirer les voitures Azur de la circulation. Après inspection, la société de transport avait découvert que les frotteurs de plusieurs trains avaient été endommagés. Les frotteurs sont des sabots d’acier qui assurent le contact électrique entre le train et les rails. Elle avait finalement trouvé et corrigé le problème. Les voitures ont été remises en service par la suite.

Rappelons que la première voiture Azur a été livrée à la STM en avril 2014, quatre ans après l’octroi sans appel d’offres du contrat des voitures du métro d’une valeur de 1,2 milliard au consortium Bombardier-Alstom. Depuis, la STM a déployé les autres trains à mesure qu’elle les recevait. La livraison des 468 voitures (52 rames de 9 voitures) devrait se terminer d’ici la fin de 2018.

La STM présentera son budget vendredi

Le président du conseil d’administration de la STM, Philippe Schnobb, sera à l’hôtel de ville vendredi pour présenter le budget 2018 de son organisation devant la Commission des finances. Avec ce budget de 1,4 milliard, la STM prévoit notamment d’augmenter son offre de service dans le métro et d’ajouter 81 400 heures de service dans son réseau d’autobus. Elle procédera aussi au lancement de l’appel d’offres pour l’achat de 300 autobus hybrides supplémentaires, une promesse de la mairesse Valérie Plante lors de la campagne électorale de l’automne dernier. De son côté, la Ville de Montréal a haussé sa contribution au transport en commun de 27,7 millions en 2018.



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