Centre animalier: deux fois plus cher que prévu

Sept ans après son annonce, la construction du centre animalier n’est même pas commencée.
Photo: iStock Sept ans après son annonce, la construction du centre animalier n’est même pas commencée.

Estimé à l’origine à 23 millions, le coût du projet de construction d’un centre animalier à Montréal atteint maintenant 46 millions. L’administration Plante promet de prendre une décision rapidement dans ce dossier.

Annoncée en 2011 par Gérald Tremblay dans la foulée d’un reportage-choc sur le traitement des animaux à Berger blanc, la fourrière municipale devait ouvrir ses portes en 2016 au parc Angrignon et coûter 23 millions. Sept ans plus tard, la construction du centre animalier n’est même pas commencée.

« Comment se fait-il que le projet soit encore à l’étape des plans et devis ? » s’est étonné mardi Richard Deschamps, qui préside la Commission des finances chargée de faire l’étude du budget 2018 de la Ville de Montréal.

Guylaine Brisson, directrice du Service de la concertation des arrondissements, qui présentait les prévisions budgétaires de son service, a rappelé qu’en 2014, l’administration de Denis Coderre avait déplacé le projet dans Saint-Michel, ce qui a entraîné des coûts supplémentaires.

« C’est un site très lourdement contaminé. Ça nous a obligés à faire différentes études », a expliqué Mme Brisson. « Les appels d’offres pour la décontamination du site ont dû être faits à trois reprises parce qu’il n’y avait pas de soumissionnaires ou qu’ils avaient des prix trop élevés par rapport aux estimations. »

S’est aussi ajoutée une autre difficulté puisqu’il a fallu déménager le clos de voirie du Service des parcs de l’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension qui se trouvait sur le site choisi. « Les démarches pour trouver un terrain ont été très longues et très ardues », a indiqué la fonctionnaire.

Les estimations de coûts atteignent maintenant 46 millions. « Le coût de construction du centre animalier n’a pas changé. Il est toujours à 23 millions. C’est le déménagement du clos de voirie et la décontamination qui font augmenter les coûts », a dit la fonctionnaire.

« Il n’y a personne à la Ville qui dit que ça n’a pas d’allure ? C’est inquiétant », a rétorqué Richard Deschamps, qui était responsable du dossier dans l’administration de Gérald Tremblay lorsque la controverse entourant Berger blanc a éclaté en 2011.

Présent aux travaux de la Commission des finances, le responsable du dossier au comité exécutif, Jean-François Parenteau, a indiqué que l’administration Plante allait bientôt trancher. « Il y a une décision qui va être prise à court terme. On ne va pas tergiverser ad vitam aeternam », a-t-il dit.