Valérie Plante persiste et signe

La mairesse Plante n’entend pas faire comme Gérald Tremblay, qui en 2005 avait retiré son budget qui rompait avec son engagement de geler les taxes des Montréalais.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La mairesse Plante n’entend pas faire comme Gérald Tremblay, qui en 2005 avait retiré son budget qui rompait avec son engagement de geler les taxes des Montréalais.

Malgré les critiques, Valérie Plante n’a pas l’intention de réviser le budget comportant des hausses de taxes dépassant l’inflation que son administration a présenté mercredi. La mairesse maintient qu’elle a respecté sa promesse électorale, mais elle reconnaît avoir mal communiqué les informations concernant les taxes.

Au lendemain du dépôt du budget, la mairesse a tenté de désamorcer la colère d’une partie des Montréalais qui lui reprochent d’avoir manqué à sa parole en imposant des hausses moyennes de taxes de 3,3 %.

Valérie Plante continue de dire qu’en campagne électorale, sa promesse de limiter les hausses de taxes à l’inflation s’appliquait uniquement à l’impôt foncier des Montréalais et non à la taxe d’eau et aux taxes d’arrondissement. Et ce, même si la plateforme électorale de Projet Montréal évoque simplement des « taxes » sans précision supplémentaire.

« Je dois prendre acte et dire que la façon dont on l’a communiqué n’était pas la bonne. La dernière chose que je veux, c’est que les Montréalais sentent que je leur mens ou que je ne les ai pas écoutés », a-t-elle fait valoir en entrevue à Radio-Canada. « Parce que, quand on regarde le budget dans son entièreté, on se rend compte que j’ai suivi mes engagements. J’ai investi massivement dans le transport collectif, en habitation et dans le développement économique. »

Cela dit, la mairesse n’entend pas faire comme Gérald Tremblay, qui en 2005 avait retiré son budget qui rompait avec son engagement de geler les taxes des Montréalais. Valérie Plante estime qu’elle ne peut changer un budget, car son administration ne dispose pas d’une marge de manoeuvre financière suffisante.

Son administration aurait pu privilégier d’autres options concernant les hausses de taxes, mais la mairesse avance qu’elle ne voulait pas couper dans les services ou refiler la facture aux arrondissements « déjà saignés » par l’administration précédente.

Des choix pour l’avenir

Le président du comité exécutif, Benoit Dorais, croit que l’administration a fait des choix qui lui permettront, dans les budgets subséquents, de mettre en avant les priorités de Projet Montréal.

Du manque à gagner de 358 millions constaté au lendemain de l’élection, un montant de 203 millions représentait des dépenses récurrentes qui risquaient de plomber les budgets subséquents, a-t-il expliqué jeudi.

M. Dorais soutient que l’administration a préféré appliquer une part de 183 millions dans le budget 2018, dont 101 millions pour les régimes de retraite et le changement lié à la taxe de vente du Québec (TVQ), plutôt que d’étaler ces dépenses sur plusieurs années. « On arrête de pelleter par en avant, mais c’est sûr et certain qu’à ce moment-là, ça vient gonfler les dépenses de l’agglomération », a expliqué M. Dorais.

Une ombre au tableau


L’administration Plante-Dorais commet un grave impair en niant avoir brisé sa promesse électorale de ne pas hausser les taxes au-delà de l’inflation, estime la spécialiste en communication politique Anne-Marie Gingras. Ce « raté »sur le plan de la communication aura des impacts sur l’image de Projet Montréal.

« Le vernis est en train de casser », illustre la professeure à l’UQAM. Selon elle, l’erreur n’est pas en soi de ne pas avoir respecté la promesse, mais plutôt de ne pas avoir assumé le fait de ne pas la tenir.

« C’est naturel que les nouveaux gouvernements soient incapables de remplir toutes leurs promesses, mais la manière de l’expliquer est primordiale », explique-t-elle, refusant de qualifier cet impair d'« erreur de débutant ».

Cela pourrait miner le lien de confiance de la population envers l’administration municipale, avance-t-elle.

« L’esprit de l’administration municipale se reflète dans ses communications, ce n’est pas quelque chose de superficiel. Communiquer franchement, c’est gouverner franchement. »

À son avis, la franchise est toujours de mise en politique, même lorsqu’il s’agit d’annoncer une mauvaise nouvelle. « Les citoyens sont capables d’entendre des propos qui leur déplaisent quand c’est fait de manière franche. »
 

Un retour sur les hausses de taxes municipales à Montréal

 

Une promesse « naïve »

Projet Montréal n’aurait tout simplement pas dû promettre en campagne électorale de limiter la hausse des taxes au niveau de l’inflation, soutient l’expert en affaires municipales et professeur à l’Université Concordia Harold Chorney. « Je pense que Valérie Plante a fait cette promesse un peu naïvement », a-t-il déclaré au Devoir.

Cela dit, il comprend que la mairesse défende son choix de ne pas couper dans les services pour abaisser le fardeau fiscal des citoyens. « Le gouvernement provincial a promu l’idée que les déficits sont toxiques et que l’austérité est préférable, mais l’impact de l’austérité a été montré très clairement à Montréal. »

Comment expliquer les écarts?

La hausse de taxes prévue en 2018 à Montréal est attribuable aux décisions de la ville-centre et des arrondissements, mais les écarts entre les arrondissements sont en grande partie dus à la variation de la valeur des immeubles selon les secteurs. Si les propriétaires de Rosemont–La Petite-Patrie encaissent une hausse moyenne de leur avis d’imposition deux fois plus importante que celle des propriétaires de Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles (5,6 % comparativement à 2,8 %), ce n’est donc pas à cause de la gourmandise des politiciens. Dans les deux arrondissements, la taxe foncière imposée par la Ville de Montréal et la taxe d’eau sont identiques. La taxe d’arrondissement est même moins élevée dans Rosemont–La Petite-Patrie qu’à RDP-PAT. Mais puisque les taxes s’appliquent sur chaque tranche de 100 $ d’évaluation foncière, l’écart s’explique par le fait que la valeur des immeubles de Rosemont–La Petite-Patrie est plus grande. Karl Rettino-Parazelli
25 commentaires
  • Solange Bolduc - Abonnée 12 janvier 2018 04 h 36

    Je suis une Star, vous comprenez bien !

    et le rire déployé avec ça, à me jeter par terre !

    Et c'est pas parce qu'elle rit qu'elle est drôle, la Madame Star !

    • Marc Therrien - Abonné 12 janvier 2018 21 h 11

      Si on dit d’une personne qui s’enrichit facilement au dépends des autres sans nécessairement en avoir le mérite, qu’elle “rit tout le long du chemin, en route vers la banque”, on pourra dire de la mairesse Plante, qui taxe les méchants propriétaires qui en ont les moyens, qu’elle rit tout le long du chemin en route vers l’Hôtel de ville.

      Marc Therrien

    • Solange Bolduc - Abonnée 12 janvier 2018 21 h 41

      Son air hautain commence à me déranger! C'est vrai qu'elle se prend pour la grande mairesse...une buldoresse de Montréal!? Pitié pour tant de prétention!

  • Pierre Grandchamp - Abonné 12 janvier 2018 06 h 27

    Elle commet la même erreur que Coderre avec la formule E: elle patine en niant!

    « la plateforme électorale de Projet Montréal évoque simplement des « taxes » sans précision supplémentaire. »

    "une promesse naive"!« Ça semble raté comme sortie »- Benoit Dorais président de l’exécutif.

    C’est effectivement très raté comme sortie! Tout le monde s’est trompé dans l’analyse de cette bourde monumentale, sauf la mairesse. C’est un apprentissage sur le tas pour cette dernière qui fait le TEST DE LA RÉALITÉ; espérons que cela va la sortir des paroles creuses à la Justin Trudeau. Le pire : elle commet la même erreur de Coderre avec la Formule E : elle patine en niant!

    Effectivement, c’est une bourde qui va les suivre pendant les 4 ans. On a vu la réaction des maires des villes environnantes, celles de commerçants et celles de propriétaires de logements. Dans certains quartiers, les petits locataires vont subir une hausse de loyers pcq l’augmentation des taxes des proprios est trop élevée dans , notamment dans Rosemont.

    « Les chiffres sont clairs, taxer 118 $ de plus, c’est pelleter la dette de la municipalité dans la dette des ménages. » http://www.ledevoir.com/politique/montreal/517433/

    Comme mesure sociale, on a déjà vu mieux!

    • Pierre Grandchamp - Abonné 12 janvier 2018 11 h 25

      Le manque d'expérience n'explique pas tout, ça sent l'idélogie.

      "Il existe aussi à gauche une perception que les taxes municipales, parce qu’elles sont payées par les propriétaires, ne touchent que les « nantis ». Cela a-t-il joué dans le calcul politique de Projet Montréal qui a peut-être oublié que les augmentations sont refilées aux locataires ?

      Même chose pour les petits commerçants déjà très malmenés à qui on avait fait miroiter des assouplissements.Tout cela tombe sur la tête des Montréalais sans avertissement. Comme si c’était normal.

      La lune de miel avec Valérie Plante n’aurait duré que quelques semaines et le ton est déjà donné : on ne peut pas lui faire confiance."
      http://www.journaldemontreal.com/2018/01/12/politi

  • Maurice Amiel - Abonné 12 janvier 2018 06 h 36

    Neige + taxes = catastrophe en vue

    Si les élus ne font rien pour nous donner les moyens de marcher sur nos trottoirs et rouler sur nos rues on ne saurait bientôt comment aller travailler, nous alimenter, et encore moins comment payer nos taxes.

    Les prévisions météos servent à quelque chose ... faites en cas et organisez nous un environnement où l'on peut circuler à pied et en véhicules.

    Merci

  • Maryse Veilleux - Abonnée 12 janvier 2018 06 h 48

    Il faut en revenir...

    J'en conviens que la communication aurait pu être mieux faite et qu'il est vrai qu'elle n'aurait pas dû faire cette promesse. Mais... il faut passer à autre chose et voir ce qu'elle posera comme geste dans l'ensemble de son mandat. Remettez les choses en perspectives SVP, la Ville de Montréal a été bien imprégnée par la corruption et on a jamais fait un tel plat de ce fait. Elle augmente les taxes pour investir dans les services publics ce qui est très bien... peut-on passer à autre chose ?...

    • Pierre Grandchamp - Abonné 12 janvier 2018 09 h 42

      La corruption, Coderre a corrigé la situation avec l'embauche d'un avocat spécialiste de la question provenant de la Commission Charbonneau.

      "Il faut passer à autre chose", dites-vous? Êtes-vous passée à autre chose sur la question de la Formule E.

      Facile pour Justin et Mme Plante de se déguiser en rock star en campagne électorale et de promettre, promettre, promettre. Le hic, c'est qu'il faut faire ce qu'on a promis. La dame vient de entrer en fonction et déjà, elle se met les pieds dans les plats; elle fait comme Coderre: elle patine en niant.........l'évidence.

    • Louise Collette - Abonnée 12 janvier 2018 09 h 48

      Je suis plutôt d'accord avec vous, cependant je veux voir un changement au quotidien si je paye plus de taxes mais j'en doute.....
      Je ne suis pas optimiste, on souffrira toujours des trottoirs mal entretenus l'hiver et des poubelles qui débordent l'été et j'en passe.
      Si je me trompe eh bien tant mieux.

    • Serge Lamarche - Abonné 12 janvier 2018 15 h 34

      Elle peut briser sa promesse d'angliciser Montréal! Elle regagnerait des points.
      Les gouvernements majoritaires, c'est souvent des abus impossibles à arrêter. Faut blâmer le système aussi.

  • Marguerite Paradis - Abonnée 12 janvier 2018 07 h 15

    EN APPRENTISSAGE

    Pour moi, madame Plante et équipe, vous êtes en apprentissage et vous avez le droit à l'erreur.

    Rappel: restez « branchées » à votre population et au Bien commun.

    Merci,
    M.P.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 12 janvier 2018 09 h 50

      Elle devrait admettre son erreur. Tout comme Coderre aurait dû admettre son erreur avant la campagne électorale, sur la Formule E.

      Cela veut dire qu'elle devra faire attention et savoir qu'elle a créé des attentes qu'elle doit respecter.Elle part sur un mauvais pied. Dorénavant, tous ses gestes seront épiés. On appelle cela le test de la réalité. On verra si elle est capable d'avoir du flair politique et si elle apprendra de son erreur. C'est l'échec de Coderre, avec la Formule E, qui a favorisé Mme Plante.

      A la place de Mme Plante, j'aurais avoué mon erreur; cela l'aurait rendue sympathique. Si Coderre, quelques mois avant l'élection, avait avoué son erreur quant à la Formule E, je pense qu'il aurait été réélu.

    • Yves Tison - Abonné 12 janvier 2018 15 h 48

      Si je vous comprend bien, Mme Paradis, vous nous dites qu'on a confié les clés ce la ville à une apprentie...c'est bien ce que je pense, moi aussi! Son C.V. est un peu mince. Valérie Plante à la mairie de Normétal ou St-Cyrile-de-Wendower...peut-être, mais Montréal?...c'est quand même un gros village!

    • Marguerite Paradis - Abonnée 12 janvier 2018 16 h 39

      Oups, nuançons, si vous le voulez bien monsieur Tison.
      L'apprenti-sage, c'est tout au long de la vie, et, toutes les municipalités ont leurs propres défis et leurs apprentiE...sages.

    • Yves Tison - Abonné 12 janvier 2018 19 h 13

      Mme Paradis
      Il y a un temps pour apprendre et un temps pour faire la job. Mme Plante voulait le poste...elle l'a eu. Qu'elle livre la marchandise...mettre ses gaffes sur dos de son inexpérience n'est pas une excuse valable.
      Mme Plante a commencé sa courte carrière comme conseillère dans Ville-Marie (notre arrondissement) où on a pu apprécier ses talents de "vraie" politicienne.
      Le pire est à venir.