Pas de trottoirs chauffants sur la rue Sainte-Catherine?

Le projet de réaménagement de la rue Sainte-Catherine Ouest présenté par l’administration de Denis Coderre en mai 2015 prévoyait la construction de trottoirs chauffants.
Photo: Daoust Lestage Le projet de réaménagement de la rue Sainte-Catherine Ouest présenté par l’administration de Denis Coderre en mai 2015 prévoyait la construction de trottoirs chauffants.

Les travaux de la rue Sainte-Catherine Ouest débuteront la semaine prochaine, mais l’artère emblématique ne comportera vraisemblablement pas de trottoirs chauffants comme envisagé dans le projet initial. L’expérience de la place Vauquelin, où le système de pavés chauffants ne fonctionne pas, a incité l’administration de Valérie Plante à remettre en question le recours à cette technologie pour la rue Sainte-Catherine.

Lorsqu’elle a été élue mairesse de Montréal, en novembre dernier, Valérie Plante avait pris l’engagement de revoir plusieurs projets de son prédécesseur. Le projet de la rue Sainte-Catherine Ouest en faisait partie.

« On ne met pas le projet aux poubelles. Absolument pas. […] Et on ne veut pas retarder les travaux. Ils sont nécessaires. On a hâte de créer cette nouvelle rue Sainte-Catherine qui est tellement attendue », a expliqué au Devoir la mairesse mercredi. « Mais il y a des choix qui ont été faits par la précédente administration. On a décidé de les remettre en question et de fouiller un peu plus avant de donner le go. »

Montréal procédera, à compter du 8 janvier prochain, à la réhabilitation de l’égout collecteur situé sous l’artère, entre le boulevard Robert-Bourassa et la rue De Bleury, lors de la première phase des travaux. La phase 1 du projet, dont le coût est estimé à 131 millions, s’attardera au tronçon situé entre les rues Mansfield et De Bleury, incluant le réaménagement du square Phillips.

Les travaux de la phase 2, de la rue Mansfield vers l'ouest, débuteront en 2020, mais leur durée n'a pas encore été déterminée. À terme, c'est toute la rue Sainte-Catherine Ouest, entre les rues De Bleury et Atwater, qui sera réaménagée avec des trottoirs plus larges.

La place Vauquelin

L’administration Plante s’apprête toutefois à larguer les trottoirs chauffants, dont les coûts sont estimés à 26 millions. La mairesse évoque les difficultés rencontrées avec les dalles chauffantes installées à la place Vauquelin dans le cadre des travaux de 14,7 millions pour la reconstruction du site. En faisant disparaître la glace et la neige, ce système devait réduire le bris des dalles attribuable à la machinerie de déneigement.

Ce système n’est toujours pas fonctionnel. Lors du passage du Devoir à la place Vauquelin mercredi midi, un véhicule de déneigement s’affairait d’ailleurs à déblayer le site.

« Je regarde par ma fenêtre et je vois les résultats non concluants, admet Valérie Plante. On est en train d’évaluer la question des trottoirs chauffants [sur la rue Sainte-Catherine] : les trottoirs chauffants sont-ils la meilleure façon d’investir l’argent des Montréalais, où est-ce dans une amélioration dans l’expérience de la rue, le mobilier urbain ou dans la façon de concevoir la rue ? Chaque dollar est tellement important qu’on veut s’assurer qu’il s’agit des meilleurs choix. »

Si la Ville renonce aux trottoirs chauffants, elle portera une attention particulière au déneigement, a précisé Robert Beaudry, responsable du développement économique au comité exécutif.

La Ville a confirmé que les dalles chauffantes de la place Vauquelin ne fonctionnaient pas. Le bris de la fontaine en juillet dernier a nécessité le remplacement du système électrique alimentant les dalles.

Puis, au début du mois de décembre, la Ville a constaté qu’il lui faudrait installer un système de pompage à vapeur sur l’échangeur de chaleur.

Une fois ce système mis en place, elle croit que les dalles pourront être chauffées, au plus tard à la mi-février 2018. Les dalles chauffantes ont coûté moins d’un million de dollars sur un budget total de 14,7 millions, a-t-on précisé.

Crédits de taxes ?

L’administration Plante n’a pas voulu indiquer quelles autres modifications au projet de la rue Sainte-Catherine pourraient être faites ou si elle comptait aménager des voies cyclables. « On veut que la rue Sainte-Catherine soit une rue de destination. Ça veut dire qu’il faut facilement y accéder et avoir envie d’y rester », a dit Mme Plante.

La Ville envisage d’instaurer un système de compensation de taxes pour les commerçants susceptibles de subir des impacts négatifs des chantiers, non seulement ceux de la rue Sainte-Catherine, mais aussi ceux des autres artères commerciales à Montréal. « C’est sûr qu’on va profiter de l’occasion que nous donne le statut de métropole pour soutenir nos commerçants de toutes les façons possibles », a souligné Valérie Plante.

Directeur général de Destination Centre-Ville, André Poulin déplore le climat d’incertitude créé autour de ce chantier

« Le problème, c’est que ça fait trois ans qu’on énerve tout le monde avec quelque chose qu’on ne connaît pas. Ça a créé des appréhensions et des incertitudes. Il n’y aura pas de grandes entraves dans les prochains mois et on ne connaît pas la programmation des travaux après le mois de juin », a-t-il rappelé.

« Des commerces n’ont pas renouvelé leur bail parce qu’ils appréhendaient toutes sortes de choses. Mais moi, j’ai bon espoir que ça va être moins grave que tout le mélodrame qu’on a fait autour de ça. »

Du côté de la Ville, on souligne que les entraves à la circulation seront plus importantes à compter de janvier 2018.

20 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 4 janvier 2018 00 h 43

    nous méritons mieux

    Meme si ca serait mauditement pratique, nos élues ont décidée qu'ils avaient d'autres priorités, pourtant ne sommes nous pas les producteurs d'électricité a meilleurs coûts au monde, enfin madame a peut-être d'autres priorités, espérons qu'elle n'est pas une autre Coderre ,nous en avons mare de ces mégalos a la petite semaine

    • Benoît Landry - Abonné 4 janvier 2018 09 h 45

      Les articles n'en parlent pas, mais le fer a la facheuse tendance à se corroder dans des conditions humides, il rouille. Alors déjà que le production de béton est une des premières sources de gaz à effet de serre, s'il faut en produire plus avec une durée de vie réduite à cause du fer incorporé, je ne vois pas l'avantage à moyen et long terme. Surtout en plus , imaginez l'impact sur la ressource du fer.....

    • Sylvain Auclair - Abonné 4 janvier 2018 10 h 36

      Tout est question de comparaison. Déneiger demande aussi des ressources, dont du pétrole, et j'imagine qu'on peut utiliser d'autres métaux. On pourrait tout de même commencer par faire un test. Puis faire une vraie analyse couts/avantages, en tenant compte des cycles de vie.

      Et en y repensant... si on compare avec la quantité de fer dans les canalisations et dans le mobilier urbain (dont les lampadaires), ce n'est sans doute pas si pire. J'imagine qu'il suffit d'une couche assez mince de béton chauffant.

  • Bernard Terreault - Abonné 4 janvier 2018 08 h 05

    Pourtant pas si compliqué

    Si les Russes arriérés ont pu le faire il y a 50 ans, comment se peut-il que nos ingénieurs n'ont pas été capables de réaliser un tel système?

    • Sylvain Auclair - Abonné 4 janvier 2018 10 h 37

      Contrairement à ce que vous sembler insinuer, les Soviétiques étaient de très bons ingénieurs. Leurs fusées volent encore...

    • Serge Lamarche - Abonné 4 janvier 2018 13 h 51

      En effet, les russes étaient les pionniers. Leur mal est d'avoir gaspillé leur main-d'oeuvre durant le règne de Staline.

  • Louise Collette - Abonnée 4 janvier 2018 08 h 43

    Bien contente.

    Je suis contre ces trottoirs chauffants depuis le début. Qu'on mette l'argent ailleurs, le transport en commun par exemple.

  • Serge Picard - Abonné 4 janvier 2018 08 h 56

    L'empathie pour les pingouins

    Plutôt que de chauffer les trottoirs à -25C sur la rue sainte-Catherine, en tant que politicien je suggère une priorité très prioritaire l'achat de pantoufles en laine.
    Voilà un autre grand projet de société qui lui au moins inspire l'empathie pour tout les pingouins qui en on grandement besoin.

    • Marguerite Paradis - Abonnée 5 janvier 2018 12 h 08

      Est-ce que je peux aussi en avoir des pantoufles en laine tricotées par les bénévoles des CERCLES DES FERMIÈRES ?

      pingouin paradis

    • Sylvain Auclair - Abonné 5 janvier 2018 15 h 25

      Pingouins: oiseaux (qui volent) de l'hémisphère nord, à ne pas confondre avec les manchots, dont le nom anglais est penguins.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Pingouin