Pierre-Antoine Harvey, le mari de la mairesse

Le conjoint de Valérie Plante, Pierre-Antoine Harvey, confie que les lendemains de l’élection ont été «traumatisants».
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Le conjoint de Valérie Plante, Pierre-Antoine Harvey, confie que les lendemains de l’élection ont été «traumatisants».

Pour clore cette minisérie qui met en lumière les travailleurs de l’ombre de certains succès de l’année 2017, Le Devoir a rencontré un homme dont la vie a changé lors de la soirée électorale du 5 novembre. Pierre-Antoine Harvey ne s’est d’ailleurs pas encore tout à fait remis de la victoire fracassante de sa conjointe, Valérie Plante.

Le soir du 5 novembre, quand les Montréalais ont choisi Valérie Plante pour succéder à Denis Coderre, Pierre-Antoine Harvey a vite compris que le quotidien de sa petite famille ne serait plus jamais le même. Vers minuit, ils ont quitté le Corona, où les candidats de Projet Montréal s’étaient rassemblés, pour rentrer à la maison, non pas dans la voiture louée pour la campagne électorale, mais en voiture de police.

« J’ai eu un choc. Le lendemain a été traumatisant », admet Pierre-Antoine Harvey en entrevue au Devoir.

Au lendemain de sa victoire, Valérie Plante s’est levée dès 6 h 30 pour aller remercier les électeurs à la sortie du métro Square-Victoria, puis, elle s’est rendue à pied à l’hôtel de ville. Les journalistes étaient nombreux, les équipes de télévision aussi. C’était la frénésie.

En début d’après-midi, Valérie Plante a tout de même eu droit à deux heures de répit. Revenue à la maison, elle en a profité pour faire une sieste. À 15 h, le téléphone a sonné. « Vous êtes où ? », a demandé la responsable de l’agenda au cabinet de la mairie. C’est que le service de sécurité de la Ville cherchait la nouvelle mairesse.

« On était habitués à s’organiser broche à foin », admet M. Harvey qui avait été désigné chauffeur de la candidate à la mairie pendant la campagne électorale.

Le saut en politique

Économiste de gauche à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et à l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS), Pierre-Antoine Harvey a rencontré Valérie Plante dans les années 1990 alors que tous deux faisaient un certificat en intervention multiethnique à l’Université de Montréal. Ils ont maintenant deux enfants, Émile, 14 ans, et Gaël, 11 ans.

Âgé de 44 ans — Valérie Plante en a 43 —, Pierre-Antoine Harvey a dû prendre en charge la maisonnée. Mais il le faisait bien avant la victoire de novembre dernier. « Ça faisait un an et trois mois que ma blonde était en campagne électorale. Ç’a commencé quand elle a décidé de se présenter à la chefferie de Projet Montréal en août 2016 », se rappelle-t-il.

Avant d’être approchée par Projet Montréal pour être candidate comme conseillère municipale en 2013, Valérie Plante n’avait jamais exprimé d’ambitions politiques, dit-il. Une fois confirmée candidate dans Sainte-Marie, elle a appris qu’elle allait devoir affronter Louise Harel dans ce district. « Je me souviens de l’avoir ramassée en petite boule dans le divan parce qu’elle avait le sentiment que c’était fini », relate Pierre-Antoine Harvey. « Mais elle a encaissé le coup et retroussé ses manches. »

C’était la première des victoires successives de Valérie Plante. D’abord contre Louise Harel, puis contre Guillaume Lavoie à la chefferie de Projet Montréal en décembre 2016 et finalement contre Denis Coderre en novembre dernier.

Vie de famille

Les semaines qui ont suivi l’élection de Valérie Plante ont chambardé l’organisation familiale. « Ça a été tellement intense au début qu’elle n’avait pas le temps de m’appeler. J’ai pété un plomb à ce moment-là », reconnaît Pierre-Antoine Harvey.

Valérie Plante, la mère de famille, est moins présente à la maison. L’organisation de son temps se planifie désormais à l’hôtel de ville. L’avantage de la politique municipale, c’est que les élus sont généralement à Montréal, concède Pierre-Antoine Harvey.

« Sa secrétaire Isabelle essaie de protéger ses matins pour qu’elle soit avec les enfants et qu’elle parte à 8 h, à la même heure qu’eux. Ça assure une certaine constance par rapport aux enfants. Ce qu’on aimerait, c’est qu’au moins deux soirs de semaine, elle vienne souper à la maison. »

C’est donc au papa que revient la gestion des lunchs, des devoirs, des soupers, des cours et des rendez-vous des enfants. Valérie Plante doit aussi accepter que la maison soit un peu moins en ordre.

Lui-même pris par ses engagements professionnels, il lui est d’ailleurs arrivé de ne pas être en mesure d’accompagner son plus jeune fils à un rendez-vous. « J’ai appelé Isabelle [secrétaire de Valérie Plante] et je lui ai demandé de mettre dans l’agenda de Valérie qu’elle devait amener Gaël à son rendez-vous à 17 h. Elle l’a mis dans son horaire et a tassé les autres choses. »

Mais selon lui, la conciliation travail-famille fera en sorte que Valérie Plante pourrait être moins visible que son prédécesseur.

« Il y a un véritable changement de culture à instaurer à l’hôtel de ville. La mairesse ne veut pas se rendre disponible autant que l’ancien maire et elle aime aussi prendre le temps quand elle va visiter des groupes. C’est un effort d’organisation, mais c’est aussi un effort de dire non à des gens. Je pense que les gens vont comprendre et qu’ils sont ouverts à ça. »

Le couple et la politique

Selon lui, la politique doit changer. « J’ai beau être un homme moderne et féministe, c’est sûr que c’est une dynamique dans le couple à laquelle on n’est pas habitués. Dans notre socialisation, la politique est demeurée un sport de gars. »

Pierre-Antoine Harvey ne veut pas mêler vie familiale et politique. « Il y a une division entre la personnalité publique et ma blonde. J’ai arrêté de lire tous les articles de journaux, d’écouter tout ce qui se dit sur elle, sur les décisions qu’elle prend. Il y a un détachement entre les deux personnalités. »

S’il a l’habitude de donner des conseils aux membres de l’exécutif de la CSQ où il travaille, il se garde bien d’en donner à sa conjointe : « Je suis plus une oreille qu’un conseiller. J’ai constaté qu’il y a beaucoup de monde qui ont une opinion et qui veulent lui dire quoi faire. Je pense que le rôle d’écoute est plus apprécié », explique-t-il.

« Ce qui est fascinant, c’est le nombre de gérants d’estrade. […] J’ai même reçu des messages pour me suggérer de dire à ma blonde qu’elle devrait faire ceci ou cela. »

L’épreuve de la politique

Les premières semaines ont toutefois été éprouvantes. L’entourage de la mairesse a assuré à Pierre-Antoine Harvey qu’un horaire plus régulier serait instauré après les Fêtes.

L’univers politique le préoccupe un peu : « C’est difficile pour n’importe qui de voir la personne qu’on aime se faire critiquer publiquement. Le public et les médias jugent parfois un peu rapidement. Le jour où il va y avoir une crise ou qu’elle pourrait être caricaturée de manière méchante, c’est ce qui m’inquiète ».

28 commentaires
  • Gilles Bonin - Abonné 30 décembre 2017 01 h 05

    C'ESt bien dit.

    Il est notoire que lq conjointe d'un homme politique acepte mieux la situation que le conjoint d'une femme politique. Il y a donc des choses a changer, des mentalités à faire évoluer.

    • Johanne St-Amour - Abonnée 30 décembre 2017 16 h 00

      En fait, cet article me questionne beaucoup. Je ne crois pas qu'on fasse autant de cas du chambardement dans la famille lorsque c'est un homme qui est élu!

      On souligne le fait que Valérie Plante est moins présente à la maison. Mais est-ce qu'on dit la même chose quand un homme est élu??? Même si quelques hommes ont mis la politique de côté pour mieux se consacrer à leur famille ces dernières années?

      A-t-on déjà vu un article disant, pour copier l'article: C’est donc à la maman que revient la gestion des lunchs, des devoirs, des soupers, des cours et des rendez-vous des enfants. Monsieur untel doit aussi accepter que la maison soit un peu moins en ordre ou que la pelouse soit moins verte??? Non, parce qu'on prend davantage pour acquis la présence plus prégnante des femmes à la maison! Finalement, doit-on faire toute une histoire pour un homme dont la femme vient d'être élue à un poste important, alors qu'on n'a jamais fait de cas de l'inverse?

      Mais bien sûr M. Harvey souligne, comme plusieurs autres, femmes et hommes, avant lui qu'il doit y avoir un changement dans l'exercice au quotidien de la politique, et je suis d'accord, mais le «phénomène» du chambardement est-il plus «extraordinaire» parce que c'est un homme qui le vit?

    • Solange Bolduc - Inscrite 30 décembre 2017 20 h 46

      @ Mme St-Amour , c'est le nombre qui fait toute la différence! Et c'est peu dire! Il faut donc un début de commencement, on part de si loin, nous les femmes !

    • Jean Gadbois - Inscrit 30 décembre 2017 22 h 57

      Mme. Solange,
      Une suggestion; un mot-clic tendance, pour toutes les Madames Plante de ce monde: #moiaussijeparsdeloin.com
      Qu'en dites-vous? Ce serait "un début de commencement"?
      Mais, égalité des sexes oblige, il pourrait inclure tous les Pierre-Antoine nouveaux-mâles-conjoints-de femmes-au-pouvoir!
      Ce serait là la marque d'un féminisme inclusif et ouvert sur le monde ...

  • Yves Côté - Abonné 30 décembre 2017 03 h 24

    "Traumatisant"...

    "Traumatisants" !
    "Traumatisants" ???
    Puis-je me demander si le Monsieur sait ce que veut dire le mot "traumatisants" ???
    Et m'inquiéter aussi beaucoup de la dose de narcisisme qu'il faut pour s'attribuer une telle image de ses propres émotions à ce qui n'est qu'une petite bousculade dans le quotidien des habitudes de vie ?
    Et qui plus est, une petite bousculade désirée, puisqu'à ce que nous rappelle l'article, celle-ci n'était pas tout-à-fait indépendante de l'action volontaire et déterminée du Monsieur...
    "Traumatisants"...
    Même en n'étant qu'une figure de style hyperbolique, à mon avis, l'utilisation de ce mot promet pour le reste de ses "lendemains" !
    Je le dis pourtant en me réjouissant que les électeurs aient donné (enfin) à Monsieur Coderre l'occasion de faire de l'air...

    • Linda Dauphinais - Inscrit 30 décembre 2017 09 h 18

      Je fais grandement confiance à ces deux très beaux Humains qui véhiculent des valeurs de vie importantes, essentielles au respect mutuel, au respect de la différence, au respect des humains nonobstant leur degré de richesse monétaire... Alors, Monsieur, merci de respecter ces deux personnes qui donnent beaucoup de leur vie pour améliorer le quotidien des Montréalais de manière significative et de qualité...

    • Pierre Robineault - Abonné 30 décembre 2017 09 h 25

      Pardon?

    • Benoît Landry - Abonné 30 décembre 2017 11 h 02

      Et si au contraire, il avait raison ....

      Les femmes conjointes d'hommes politiques ont peut-être jamais osé utilisé ce mot, car on les ramenait rapidement à l'ordre en leur disant que ces traumatismes étaient le prix à payer et leur rôle de l'assumer pour la réussite de leur mari. Les femmes avaient l'habitude de l'attitude moralisante telle la vôtre et se taisaient, elles mettaient leur égo de côté afin de ne pas nuire à leur mari. Accuser M. Harvey de narcissisme est du même ordre

      De toutes façons qui êtes-vous pour considérer de votre salon que ce changement «n'est qu'une petite bousculade dans le quotidien des habitudes de vie» de cette famille ?

    • Yves Côté - Abonné 30 décembre 2017 12 h 59

      Pour mes contradicteurs voici à peu de choses près la définition qu'on trouve partout de l'expression "traumatisme", cela en matière psychologique et non physique bien entendu.
      "Choc grave provoquant une atteinte psychique pouvant atteindre le mental."
      La perte d'un(e) proche, par décès ou disparition, est un choc grave, donc traumatisme.
      Etre la cible innocente d'une agression ou d'un accident grave est un choc grave, donc traumatisme.
      Perdre du jour au lendemain tout ce qui nous tient à coeur est un un choc grave, donc traumatisme.
      Combattre longuement une maladie invalidante ou mortelle est un traumatisme.
      Se retrouver au coeur d'une guerre, d'un séisme, d'un incendie qui non seulement menace de nous faire perdre nos biens, nos enfants, nos parents, nos amis(es) et aussi, bien entendu, la vie, est un un choc grave, donc traumatisme.
      Etc.
      Mais que notre compagne ou compagnon gagne des élections pour lesquelles il ou elle s'est battu(e) avec détermination et acharnement, bataille non seulement que nous avons approuvée mais à laquelle nous avons participé, cela entraînant l'obligation de changer nos habitudes, pardon mais non seulement en aucun cas je ne peux admettre que ce soit un un choc grave, et encore moins un événement pour lequel on ne s'est pas préparé, donc traumatisant...
      Cela allant oui, jusqu'à me faire me questionner. Et bien plus d'ailleurs sur notre société, que sur X ou Y personne individuelle qui en fait partie...
      Alors dites-moi SVP contradicteurs, en sommes-nous donc rendu à considérer un traumatisme le fait de devoir changer nos habitudes ? Pas moi en tout cas.
      Vraiment pas.
      Ceci-dit, et heureusement, comme il ne s'agit pas de la personne qui se trouve au pouvoir et à la gestion d'une ville comme Montréal, jusqu'à preuve du contraire je fais pleinement confiance à Madame Plante.
      Ce donc dire, pour résumer ma position, que je trouve passablement de justesse dans l'idée exprimée plus bas ici par Madame Sirois...

      Merci de votre lect

    • Maryse Veilleux - Abonnée 30 décembre 2017 14 h 02

      Je suis contente de lire ce que les personnes avant moi vous ont répondu. Vous n'avez pas à porter de jugement sur ce que quelqu'un dit ressentir. De faire le lien entre narcissisme et traumatisme est de moin point de vue un jugement tordu.

    • Benoît Landry - Abonné 30 décembre 2017 15 h 06

      M. Côté, je lis bien votre réponse. Vous semblez accroché principalement à une définition de dictionnaire du mot traumatisant, c'est fort possible que dans le feu de l'entrevue il ait utiliser ce mot sans respecter le dictionnaire, mais est-ce une raison pour prétendre qu'il est narcissique pour autant ? Si dans son contexte de feu roulant et de bouleversements quotidiens il a exagéré en utilisant un mot inapproprié, vous, dans votre salon, vous avez eu le temps de bien réfléchir à votre réponse et vous croyez vraiment que le poids du mot «narcissisme» est approprié ?

    • Yves Côté - Abonné 31 décembre 2017 06 h 04

      Madame Veilleux et Monsieur Landry, merci de vos interpellations.
      Elles me donnent l'occasion de préciser ici en final ce que je dis et ne dis pas.
      D'abord, je ne pose pas de jugement sur Monsieur Harvey, mais me surprend du jugement qu'il porte publiquement sur ce qui arrive à une famille au lendemain d'une élection majeure victorieuse.
      En effet, selon moi et surtout à la suite de tous les lexicographes francophones et scientifiques de la psyché, d'être traumatisé passe par bien autres choses de plus dramatiques que le simple chamboulement d'habitudes du quotidien. Et c'est le moins que je puisse dire. Il n'y a qu'à ouvrir les yeux autour de soi pour le constater.
      D'ailleurs, je ne dis pas que Monsieur Harvey est d'une personalité narcissique, d'autant plus que je ne le connais en rien, j'écris que je m'inquiéte de la dose de narcisisme qu'il faut pour attribuer l'idée de trauma à une telle banalité.
      Banalité, qui plus est, des plus prévisible en cas de réussite, et non d'échec, à notre propre implication active...
      De plus, par une déclaration volontaire auprès d'un ou de plusieurs média, donc non "volée" ou "extorquée" par une forme ou une autre d'un journalisme souvent condamnable, cette personne pose il me semble et en toute conscience, un acte qui fait de lui-même une personne publique. Qu'il ait convoqué ou pas ceux-ci n'y changeant rien, puisque l'annonce public de son état d'âme arrive avec son gré...
      Qu'on le veuille ou pas, les mots ont un sens et si je condamne si souvent dans mes commentaires au Devoir et ailleurs un Canada et ses propagandistes politiques qui maîtrisent et appliquent avec zèle un traficotage habile des mots qui ne cesse de nous tuer à petit feu, nous Québécois, comprenez bien qu'aujourd'hui je ne les aiderai certainement pas à continuer à le faire à bras racourcis en me taisant sur une déclaration publique qui me semble vraiment très exagérée.
      Et ce, que je le fasse ou pas, comme d'autres d'ailleurs, depuis mon salon ou pas...

    • Benoît Landry - Abonné 31 décembre 2017 10 h 34

      M. Côté, je comprends bien votre propos et je comprends bien aussi votre désir de nuancer le poids de certains mots, je suis comme vous bien souvent . Je pourrais vous parler du mot «conséquence» qui est maintenant perverti en terme signifiant «punition» alors qu'il ne devrait signifier que la résultante d'une action, d'une stimulation, ça m'énerve....

      Mais pour revenir au mot traumatisant, M. Harvey, n'est pas un spécialiste de la psyché, il est un économiste et le journaliste qui a fait la mise en page a probablement voulu imager avec ce mot utilisé pour démontrer le choc du bouleversement familial vécu depuis l'élection de Mme Plante. Nous ne sommes pas ici en présence d'une consultation psychothérapeutique, mais d'un reportage pour imager la nouvelle vie de citoyens qui se retrouvent propulsés sur la place publique. Le terme «traumatisant» utilisé en légende de la photo a été un choix journalistique pour nous attirer à lire l'article. Cette lecture nous permettait de mesurer l'ampleur du «trauma» s'il en était.

      Ben oui il faut utiliser les bons mots, mais, comme le dirait probablement Mc Luhan, les filtres dans la communication ne se situent pas qu'au niveau de l'émetteur, mais aussi dans le médium et au récepteur.

      Ceci dit, je vous souhaite une bonne année 2018 :-)

    • Jean-Yves Arès - Abonné 31 décembre 2017 13 h 02

      M. Coté, le conjoint de la mairesse travail pour une centrale syndicale, et le travail en milieu syndicale consiste en grande partie a l'art de se plaindre des souffrances que l'employeur fait subir... Ce que l'on fait particulièrement avec zèle à la CSQ ! Il faut donc accorder au terme une dimension compatible avec le milieu de travail de m.Harvey où les complaintes sont la matière première avec lequel on travail...

      Pour ceux qui sourcillent a la lecture de mon propos notez que le cafouillage du système de paye Phénix au fédéral, qui est sûrement casse-pieds pour de nombreux employés, est maintenant considéré comme un traumatisme assez important pour justifier un arrête de travail !
      www.goo.gl/bUb13q (en fin d'article).


      Reste que je ne doute pas du chambardement qu'implique qu'un conjoint, ou conjointe, accède a un poste politique de première importance. Les pressions peuvent être assez extrêmes (jusqu'aux menaces de mort) pour considérer qu'il y a perturbation importante du quotidien du couple.

      Ce qui peut correspondre a une des définitions que vous citez a votre première réponse:
      "Perdre du jour au lendemain tout ce qui nous tient à coeur [ici l'équilibre de son quotidien] est un choc grave, donc traumatisme"

    • Solange Bolduc - Inscrite 31 décembre 2017 21 h 16

      @ M. Jean Gadbois

      Enfin, on se parle, ce qui ne m'avait semblé auparavant impossible !

      Nous avons tous nos humeurs détestables ou agréaables...

      Je vais vous répondre tout simplement: Depuis longtemps, j'ai refusé le mariage, d'avoir des enfants (deux avortements) , donc pour le «catinage», on repassera, et je n'entrerai pas dans les détails ici, je le fais sous une autre forme, en ce moment...

      Je vais vous raconter une simple anecdote: À quinze ans, j'avais mon premier vérirtable amoureux qui avait une tante: tante Cécile, demeurée célibaire. Cette dernière fréquentait un homme de son rang : famille bourgeoise, cultivée et très politicé, un peu snobe! Elle portait le nom de Cartier: Georges-Étienne, et Jacques, mon premier amoureux! En blague, plus tard, je disais: «Il m'a découvert! »

      J'avais une admiration sans bornes pour «tante Cécile» et quand j'ai appris qu'elle avait pris sa retraite, et qu'elle envisageait d'aller vivre à la campagne avec son ami, ils ont agrandi leur chalet afin de continuer à vivre «séparément», enfin conserver leur indépendance ou autonomie. ce mode de vie me fascinait déjà!

      ils représentaient excactement ce que je voulais vivre avec un homme, mais sans le savoir vraiment à l'époque.

      Je n'ai jamais aimé jouer avec les poupées, et surtout pas «catiner» un homme, et surtout me faire «catiner»: mon esprit indépendant oblige !

      Par contre, j'aime les fréquenrartions, les vraies, ce qui veut dire qu'avant de recevoir chez moi, j'y récfléchis cent fois plutôt qu'une...Je me suis créé un monde à ma mesure : vie artistique et une curiosité intellectuelle qui n'a rien à voir avec la prétentation de prouver mon savoir, mais parce que j'aime tout simplement connaître, développer certains savoirs (arts, littérature, histoires des religions, ou mythologies, sciences (je ne suis pas scientifiques, mais je peux prétendre posséder un tempéramment de chercheuse...

      Tout cela pour vous dire que, parfois...?

  • André Savary - Abonné 30 décembre 2017 07 h 24

    L'envers de la médaille!

    Très bel article qui décrit d'une excellente façon le quotidien de conjoint de "femmes publique" La vie ne sera plus comme avant...même après la vie publique...
    Mais c'est le prix à payer pour atteindre ses rêves et ses objectifs! Et oui, je crois que ça en vaut la peine!
    Bravo!!

    • Johanne St-Amour - Abonnée 30 décembre 2017 16 h 08

      Je ne me souviens pas qu'on ait déjà décrit le quotidien des conjointes d'hommes publics en insistant autant sur le «traumatisme» de celles-ci comme le mentionne M. Harvey. Et bien que je sois d'accord avec le fait qu'on doive changer l'exercice de la politique, il n'en demeure pas moins que c'est surprenant d'insister sur ces «traumatismes» alors que tout semblait davantage acquis pour les conjointes qui vivaient et vivent une situation semblable!

  • Tristan Roy - Abonné 30 décembre 2017 07 h 43

    "Le jour où il va y avoir une crise ou qu’elle pourrait être caricaturée de manière méchante, c’est ce qui m’inquiète ".

    Son rôle va en être un de guérison et d'apaisement à ce moment là.

  • Louise Collette - Abonnée 30 décembre 2017 08 h 25

    La vie

    Désormais, la vie ne sera plus la même, la rançon de la gloire.
    Pour toute la famille, la vie est chamboulée mais bon, ils vont s'ajuster.
    On ne peut pas tout avoir, le beurre et l'argent du beurre. ;-)