Yves Francoeur refuse de s’excuser et de démissionner, malgré ce que dit la SQ

Yves Francoeur
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Yves Francoeur

Yves Francoeur ne démissionnera pas de la présidence de la Fraternité des policiers de Montréal et refuse d’émettre des excuses pour ses propos du printemps dernier qui ont écorché des élus du Parti libéral du Québec (PLQ).
 
M. Francoeur a donné ces assurances jeudi matin en entrevue à la station radiophonique 98,5 FM, deux jours après que la Sûreté du Québec (SQ) eut fait savoir que ses allégations de trafic d’influence impliquant les élus libéraux n’étaient pas fondées.
 
Il était de son devoir de faire ses déclarations, selon Yves Francoeur, qui a ajouté jeudi qu’il était de bonne foi et qu’il referait la même chose. Il a répété que six sources de milieux différents l’avaient orienté vers la dénonciation.
 
Le chef syndical a justifié ses affirmations du printemps en expliquant que pour que les choses avancent, le recours aux médias d’information est pertinent. 

Cette méthode n'est cependant pas approuvé par le ministre Jean-Marc Fournier, qui a été éclaboussé dans cette affaire. « En réagissant ainsi, Yves Francoeur attaque toutes les institutions, incluant le DPCP et les policiers à l’enquête », a fait savoir son attachée de presse, Gabrielle Fallu. « Monsieur Fournier ne fera pas d’autres entrevues. Il constate qu’Yves Francoeur refuse de lire le résultat de l’enquête qui est écrit noir sur blanc dans le communiqué: “aucune preuve” », a-t-elle ajouté, deux jours après que le ministre a fait une demande d'excuses au chef syndical
 
Au micro de Paul Arcand, Yves Francoeur a dit se demander comment ses accusations ont pu être jugées non fondées. Il a dit n’avoir jamais vu une enquête policière non fondée au cours de laquelle 60 personnes ont été rencontrées.
 
Quelque temps après que M. Francoeur eut lancé ses allégations, on a appris qu’elles avaient visé trois élus ; l’actuel ministre Jean-Marc Fournier, qui lui réclame des excuses, l’ancien ministre Raymond Bachand, qui a évoqué il y a quelques semaines la possibilité de le poursuivre en justice, et l’ex-ministre Claude Béchard, qui est décédé en 2010.
 
Yves Francoeur préside un syndicat qui représente quelque 4500 policiers actifs et qui offre des services à environ 4700 membres retraités. Il est membre du Conseil de direction du syndicat depuis mars 1998.
 
Dans un communiqué laconique émis après que la SQ eut fait part de sa décision à son sujet, Yves Francoeur s’est défini comme étant un lanceur d’alerte. L'administrateur intérimaire du Service de police de la Ville de Montréal, Martin Prud'homme, a aussi refusé de le blâmer pour avoir voulu «dénoncer une situation».

16 commentaires
  • David Cormier - Abonné 21 décembre 2017 09 h 14

    Que Fournier poursuive Francoeur et qu'on en finisse!

    Je n'ai aucune confiance à la SQ et - surtout - aucune confiance en Jean-Marc Fournier. Pourquioi ce dernier se sent-il visé à ce point par les allégations de M. Francoeur, celui-ci ne l'ayant jamais nommé? Si l'honorable M. Fournier se sent si lésé, qu'il poursuive M. Francoeur en diffamation! Mais mon petit doigt me dit qu'il n'osera pas le faire.

    • Marc Therrien - Abonné 21 décembre 2017 17 h 13

      Et le petit doigt de Yves Francoeur lui a probablement dit la même chose, ce qui peut expliquer pourquoi il a accompli son devoir de dénonciation en grand public plutôt qu'en privé aux personnes concernées. Il a probablement fait le calcul que M. Fournier n'osera pas poursuivre de façon à ne pas faire durer le jeu. Tout est possible et rien n'est certain dans le domaine du roman politico-policier. Ces jeux d'esprits (mind games) sont fascinants à suivre. Et comme souvent avec la réalité manipulée, on se demande si on est le sujet ou l'objet de l'expérience.

      Marc Therrien

    • Sylvain Bolduc - Inscrit 21 décembre 2017 18 h 49

      N'oublions pas que c'est Fournier lui-même qui a sorti le nom de Béchard au lieu de Bachand comme alibi. Sortir un mort pour sa défense, c'est ça la bassesse libérale.

  • Nicole Ste-Marie - Abonnée 21 décembre 2017 09 h 49

    Contexte de collusion et de corruption

    Le contexte de collusion et de corruption dans lequel nous ont foutu les libéraux au provincial: la commission Bastarache avec Franco Fava et compagnie, la commission Charbonneau avec les Zambito, Zampino, Trépanier et la panoplie d'ingénieurs de chez Roche et SNC Lavalin et Marc Yvan Côté organisateur et conseiller pour Nathalie Normandeau,
    Au fédéral: la commission Gomery et la prison pour le s-ministre Guité, Jean Brault, G.A. Gosselin, le ministre Gagliano, Jean Lafleur, Jacques Corriveau celui dui dort entre Jean Chrétien et son épouse, finalement Marc Yvan Côté le grand argentier du parti libéral fédéral bannit par son parti fédéral et qui se joint au parti libéral provincial.

    Avec c'te gang de corrompu vous voulez discréditer M. Yves Francoeur ? Messieurs un peu de sérieux, ma confiance va à ce Monsieur Francoeur.

    • Sylvie Lapointe - Abonnée 21 décembre 2017 17 h 25

      Je pense dans le même sens que vous. Et puisque nous n'avons pas de détails sur cette affaire, s'il faut croire la parole de quelqu'un, c'est plutôt à M. Francoeur que je donnerais ma confiance.

  • Nicole Delisle - Abonné 21 décembre 2017 09 h 57

    Malgré l’enquête de la SQ, le doute persiste!

    Si on pensait rétablir les faits et la confiance du public, c’est encore une fois raté!
    Pour cela, il aurait fallu une enquête vraiment indépendante, pas un corps policier qui enquête sur un membre d’un autre corps policier! De plus, on semble dire que ces deux corps policiers en ont un peu l’un contre l’autre et cherche à se valoriser davantage. Difficile de penser que tout s’est fait dans les règles de l’art. Pourquoi un policier, chef syndical de l’association de ses membres, aurait-il volontairement lancer une telle alerte en sachant les conséquences pour sa crédibilité et sa carrière? Cela ne tient pas la route que le tout soit faux. Il y a anguille sous roche! Et de voir que M. Francoeur persiste et signe est aussi troublant. Et s’il avait raison, si on tentait vraiment avec cette enquête d’étouffer l’affaire? Ce ne serait pas la première fois, d’ailleurs! Voir tous ces ministres libéraux, et le maire de Québec ainsi que son chef de police réclamer excuses et démission semblent encore plus suspect. On semble vouloir abattre le fauteur de trouble, celui qui empêche certains de mener à bien leur affaire! Cela laisse vraiment une odeur de scepticisme et de grand doute! Qui dit vrai et n’a rien à se reprocher? Peut-être l’avenir nous révélera-t-elle la vérité?

  • Nicole Ste-Marie - Abonnée 21 décembre 2017 10 h 03

    Contexte de collusion et de corruption (2)

    Vous avez confiance vous ? Justin Trudeau ou Yves Francoeur ?

    Justin Trudeau, chef du parti Libéral fédéral, blâmé sévèrement par la commissaire à l’éthique.
    La commissaire à l’éthique ne croit pas le premier ministre, qui évoque une amitié avec l’Aga Khan pour justifier les vacances passées sur son île.
    Y aurait-il un tout petit peu de corruption ?

  • Michel Lebel - Abonné 21 décembre 2017 10 h 16

    Lanceur d'alerte?


    Francoeur se dit un lanceur d'alerte Un tel lanceur vise normalement l'institution dont il est membre! Il ne vise pas ailleurs! Vérifiez le sens de votre terminologie, M. Francoeur.

    M.L.

    • David Cormier - Abonné 21 décembre 2017 11 h 59

      C'est vrai que le terme est mal choisi. Mais si on attend après quelqu'un de l'intérieur du QLP pour dénoncer la pourriture dans ce parti, on va attendre longtemps.

    • Jacinthe Lafrenaye - Inscrite 21 décembre 2017 16 h 08

      Un lanceur d'alertes vise là où il est susceptible d'avoir corruption, mensonge, abus, etc.

      Pourquoi se limiter à sa seule institution?

      Nos institutions sèment le doute. Pourquoi Jean Charest, avocat, ne savait pas qu'on ne choisissait pas un juge à partir de post it qui déterminaient que c'étaient des libéraux?