Seul le tiers des billets de Formule E ont été vendus

L'ex-maire de Montréal Denis Coderre et le promoteur de la Formule E Alejandro Agag lors d'une conférence de presse à Montréal, le 26 juillet dernier
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir L'ex-maire de Montréal Denis Coderre et le promoteur de la Formule E Alejandro Agag lors d'une conférence de presse à Montréal, le 26 juillet dernier

Seuls 15 000 des 45 000 spectateurs qui ont assisté à la course de Formule électrique tenue en juillet dernier à Montréal ont réellement payé leur billet.

En novembre dernier, à quatre jours des élections municipales, l’organisateur de l’événement, Montréal c’est électrique (MCE), avait indiqué que 20 000 billets avaient été donnés pour la Formule E et que 25 000 billets avaient été vendus ou remis à des commanditaires et partenaires. MCE n’avait pas été en mesure d’être plus précis dans ses chiffres. Pourtant, l’ex-maire Denis Coderre se faisait talonner sur la question depuis des semaines.

Mardi, au lendemain de l’annulation de l’événement de Formule E qui devait être présenté à nouveau en 2018 et en 2019, le bureau de la mairesse Valérie Plante a confirmé que le tiers des spectateurs présents sur le site avaient acheté leurs billets. C’est donc dire que 10 000 billets ont été distribués aux commanditaires et partenaires et que 20 000 billets ont été donnés.

« Fiasco financier »

La question des billets vendus pour la Formule E a plombé la campagne électorale de Denis Coderre qui affirmait ne pas être en mesure de divulguer ces informations. Il s’en était remis au promoteur Evenko qui avait alors renvoyé la balle à MCE. L’organisme sans but lucratif créé par l’administration Coderre avait finalement dévoilé certaines données.

Valérie Plante a annoncé lundi que les courses de Formule E ne seraient plus présentées à Montréal compte tenu du « fiasco financier » dans lequel MCE était plongé. Les dettes de l’OBNL atteignent 13,55 millions. Les commandites ont été insuffisantes et MCE soutient que le cabinet de l’ex-maire Coderre avait promis des subventions de 11,5 millions qui se sont finalement limitées, dans les faits, à 3,45 millions.

La mairesse Plante a reconnu que l’annulation du contrat de trois ans pourrait conduire à des poursuites judiciaires de la part de la Formule E Operations. « Je vais laisser Montréal c’est électrique négocier directement avec les promoteurs de la Formule E », a-t-elle dit mardi. « C’est important de respecter ce processus-là et on verra ce qui va advenir dans les prochaines semaines. Les deux entités qui sont légalement responsables, ce sont Montréal c’est électrique et la direction de la Formule E. »

1 commentaire
  • Jacques Morissette - Abonné 20 décembre 2017 04 h 29

    Dans l'arène, quand le jeu du pouvoir influence lourdement les idées.

    Les choses évoluent parfois, le politicien qui voulait entraîner les gens dans son sillage les perd de vue. Son appétit de pouvoir dévoilant son ambition toute naïve, les promoteurs peuvent le contenter avec leurs petits arguments, ajoutant à cette sauce vite faite, tout le marketing des voitures électriques. Ce genre de chose peut arriver même dans le privé, quand l'aveuglement éloigne de toute critique, malgré les multiples échos de ce qui peut bêtement les attendre.