Les pitbulls ne seront plus interdits à Montréal

Les dispositions identifiant les pitbulls, certaines races ou faisant état de caractéristiques morphologiques associées aux pitbulls seront suspendues. La Ville de Montréal ne délivrera dorénavant qu’un seul type de permis pour chien.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les dispositions identifiant les pitbulls, certaines races ou faisant état de caractéristiques morphologiques associées aux pitbulls seront suspendues. La Ville de Montréal ne délivrera dorénavant qu’un seul type de permis pour chien.

La Ville de Montréal suspendra les articles visant les pitbulls dans son règlement sur le contrôle des animaux. À compter du 20 décembre prochain, ce type de chien ne sera donc plus interdit à Montréal.

Le règlement de même que les articles s’appliquant aux chiens dangereux et aux chiens à risque demeureront en vigueur. Mais les dispositions identifiant les pitbulls, certaines races ou faisant état de caractéristiques morphologiques associées aux pitbulls seront suspendues. Ainsi, la Ville de Montréal ne délivrera qu’un seul type de permis pour chien.

« Selon les consultations qu’on a faites auprès de scientifiques et d’experts en comportement animal, on sait que le comportement d’un chien n’est pas intrinsèquement lié à sa race. De plus, le pitbull lui-même est difficile à définir et à identifier visuellement », fait valoir le conseiller Craig Sauvé, responsable du dossier de la gestion animalière au comité exécutif.

« Il ne faut pas créer un faux sentiment de sécurité auprès des Montréalais. Tous les chiens peuvent être dangereux s’ils ont une mauvaise socialisation ou un mauvais comportement. »

Promesse de campagne

Projet Montréal respecte ainsi sa promesse faite pendant la campagne électorale de revoir le controversé règlement adopté par la Ville sous l’administration de Denis Coderre en 2016.

Le comité exécutif sera appelé à entériner la suspension des articles en question lors de la réunion du 20 décembre prochain. « On voulait l’annoncer tout de suite parce que plusieurs permis viennent à échéance le 21 décembre. Les permis spéciaux sont plus coûteux », a indiqué Craig Sauvé.

Les muselières, qui étaient requises en tout temps pour les pitbulls, ne seront plus obligatoires, précise M. Sauvé.

L’administration promet de tenir des consultations avant de présenter un nouveau règlement l’an prochain. « On va inclure les gens qui ont peur des chiens dans nos consultations », a assuré M. Sauvé.

Rappelons que le règlement interdisant les nouveaux pitbulls à Montréal avait été adopté en septembre 2016, quelques mois après le décès de Christiane Vadnais, attaquée par un chien alors qu’elle se trouvait dans sa cour. Le coroner Ethan Lichtblau, qui avait enquêté sur ce décès, avait remis en question le règlement de la Ville.

Bien-être animal

La SPCA, qui s’était opposée avec vigueur au règlement de la Ville, s’est réjouie de la décision de la nouvelle administration. « On a vraiment très hâte de travailler avec la Ville pour développer une réglementation progressiste et responsable », a indiqué Me Sophie Gaillard, avocate à la SPCA.

L’organisme s’était adressé aux tribunaux pour contester le règlement de l’administration Coderre, mais il attendra l’adoption du nouveau règlement avant d’abandonner les procédures.

D’ici là, la SPCA recommandera à la Ville de mettre l’accent sur des mesures qui assurent le bien-être animal dans le but d’améliorer la sécurité publique.

« On sait que les chiens qui ont été maltraités, négligés et éduqués avec des méthodes de punition physique ont tendance à développer des comportements agressifs », souligne Me Gaillard, qui souhaite que la Ville fasse appel à des experts pour évaluer le degré de dangerosité des chiens.

14 commentaires
  • Danielle Houle - Abonnée 8 décembre 2017 15 h 26

    Tant mieux.

    Toutes les races de chiens peuvent devenir dangereuses. Certaines races sont plus à risque que d'autres, mais si le ''maître'' est bien ''dressé'' et que le chien est surtout bien traité et soigné, il n'y a pas de problème. Il y aura toujours des cas atypiques, mais on ne peut interdire une race pour autant. On devrait plutôt interdire la race barette à l'assemblée nationale.

    • Yvan Urunuela - Abonné 8 décembre 2017 16 h 51

      Pas d'accord. Tout est dit dans votre deuxième phrase:
      1. Certaines races sont plus à risque que d'autres: se faire mordre par un caniche, ce n'est pas la même chose que de se faire mordre par un pitbull, quand bien même les deux auraient la même probabilité de mordre.
      2. Vous dites, pas de problème SI le maître est bien dressé et SI le chien est bien traité, ça fait une double condition à remplir, c'est trop pour moi et la sécurité de mes enfants quand ils jouent dans un parc!
      Quant à l'argumentation scientifique avancée par la Mairie, on va faire quoi avec des experts qui donnent des avis différents?

    • Pierre Robineault - Abonné 9 décembre 2017 13 h 10

      Pour vous conforter dans votre opinion, je vous réponds comme ceci.
      Wouf!, (pardon), Ouf! Enfin au moins une discrimination de disparue du paysage québécois!
      Celà vous convient-il?
      Ou alors dites-moi, à propos de la photo symbolique de Jacques Nadeau qui illustre cet article, belle petite bouche, n'est-ce pas? C'est à se demander pourquoi les gens craignent les pitbulls, et surtout les enfants, probablement mal élevés bien sûr.
      Il y a trois types de personnes qui ont les chiens en aversion. Celles qui ragent devant ce qui se passe par derrière, celles qui craignent ce qui s'ouvre par devant, et aussi, mais non pas les proprios de chiens, de l'utilisation qu'ils font de leur langue!

    • Maryse Veilleux - Abonnée 10 décembre 2017 08 h 56

      Dans un passé plus ou moins lointain j'ai côtoyé fréquemment des chiens dangereux, un boxer a voulu m'étrangler et ma cousine s'est faite défigurer par un labrador. C'est vrai que les pitbulls ne sont pas la seule race dangereuse, la ville devrait être très très stricte à ce que les propriétaires tiennent leur animal en laisse en tout temps, il faut cesser de croire que c'est parce que l'animal est mal soigné. Il est dangereux tout simplement.

  • Solange Bolduc - Inscrite 8 décembre 2017 16 h 10

    J'aime le regard de ces chiens

    et merci Madame la Mairesse de ne pas être aussi cruelle que l'«ancienne maire»

    Je n'ai pas de chiens, deux chats seulemnt, mais lorsque je me promène dans la rue et que j'en vois, et particuliièrement les pittbulls, je les regarde ave une certaine crainte, mais en même temps je voudrais m'en approcher tellement ils ont un regard tendre. De les interdire n'avait pas aidé ma cause, et je trouvais ça bien dommage, surtout que les maîtres les aiment tellement!

    Moi aussi je crois que tous les chiens peuvent être dangereux quand on est cruel avec eux! On dit que parfois ils acceptent leur sort, ces pauvres bêtes ! Un animal est tellement dépendant de nous: on les a domestiqués, il faut accepter de s'en occuper comme «nos enfants» ! On leur doit le respect!

  • Serge Pelletier - Abonné 9 décembre 2017 07 h 23

    Quand l'insignifiance intellectuelle se fait "Homme"...

    Franchement, qu'elle ingnifiante réflexion... et dire qu'elle émane des plus hautes autorités de la ville... Quel beau constat: tous les chiens mordent... On pourrait ajouté: ben oui, les chats aussi... et tant qu'à y être, mon voisin itout.

    Avec une telle réfexions, la dame qui est décédée suite à l'atttaque d'un pitbull l'aurait été aussi si elle aurait eu affaire à un chiwawa (chihuahua) argnieux... Ben oui, voyons, ils mordent tout les deux... À l'effet des modurent de chiens les études le prouvent hors de tout doute raisonnable - les pitous y mordent bon. Quant aux personnes - y compris les enfants, “défigurées”, "estropiées à vie", etc. Ben, les cicatrices et autres plaies sont toutes pareilles - aucune différence entre la morsure d'un pitbull et d'un chihuahua...

    Personnellent, je trouve très beau un tigre de sibérie... Ils ont un regard tendre comme disait l'autre. J'en veux un comme animal de compagnie. je vais très bien l'élevé, ainsi il sera très fin avec tout le monde... Ne vous en faites pas, une morsure de tigre ou de petit chat c'est du pareil au même: une mosure d'un félin... Ouais, jusqu'à moment où il décidera de faire de moi son déjeuner et du voisin son hors-d'oeuvre...

    Que la mairesse de MTL dise qu'elle va réfléchir sur l'Affaire pitbull est une chose, qu'elle dise qu'elle va étudier l'interdiction de pitbull sur le territoire - ce sont des réflexions normales... L'application de certaines parties du règlement peuvent être différées dans le temps... et même être amendées. Mais qu'elle jette tout le règlement à la poubelle - comme les muselières, la longueur des laisses dans l'espace publique - c'est autre chose. C'est de l'insignifiance intellectuelle.

    Qu'elle demande au Ministre Barrette de lui faire parvenir copie des rapports du Ministère sur la gravité des morsures de chiens race par race... Oui, les données indiquent que les chiwawas mordent plus souvent que les pitbulls... Mais la gravité elle... c'est autre chose.

  • Michel Lapointe - Abonné 9 décembre 2017 08 h 04

    Qui repondra a ma question ?

    Depuis le debut de cette saga je n’ai qu’une question et je cherche encore une réponse. : pourquoi les proprietaires ne sont pas tenus responsables des actes de leur animaux ? Un chihuaha tue une personne ? Le proprietaire est accusé de meurtre !
    Pourquoi ca ne marche pas comme ça? J’aimerais sincerement le savoir

    • François Beaulé - Abonné 9 décembre 2017 09 h 40

      Le propriétaire peut être poursuivi pour les dommages que son chien a causés.

      Les chihuahas n'ont jamais tué une personne. Les pitbulls en ont tués et défigurés plusieurs.

    • Marc Therrien - Abonné 9 décembre 2017 17 h 34

      @ M. Lapointe,

      Pour être accusé de meurtre et ensuite, condamné, il faut prouver la "mens rea", ou l'esprit criminel se traduisant dans l'intention de commettre un crime.

      Je doute absolument du fait que le propriétaire du pitbull qui a mordu à mort madame Christiane Vadnais ait eu l'intention criminelle de la tuer et ait fait faire le travail par son chien.

      Marc Therrien

    • Michèle Cossette - Abonnée 9 décembre 2017 18 h 05

      François Beaulé : au civil ou au criminel? Ce n'est pas du tout la même chose. Si c'est au criminel, oui, ce serait dissuasif.

      Mais si c'est uniquement au civil, il faut avoir les moyens financiers de poursuivre, et il faut que le propriétaire du chien soit solvable. Pas évident...

  • Jean Richard - Abonné 9 décembre 2017 10 h 37

    Ce qu'on pardonne aux chiens...

    Deux poids, deux mesures : ce qu'on pardonne aussi facilement aux chiens, on ne le pardonnerait pas aux humains.

    Quelques chiffres venant de l'association des médecins vétérinaires du Québec : en 2010 au Québec, il y a eu 45 000 cas de morsures de chien chez des enfants de moins de 12 ans et 164 000 pour l'ensemble des Québécois. Chez les enfants de moins de 12 ans, 62 % impliquait un chien autre qu'un chien de famille. Ce ne sont pas des quantités négligeables.

    L'insécurité face aux chiens, en particulier chez les enfants, n'est pas un effet pervers de l'imagination. C'est la conséquence d'une réalité. À Montréal, la probabilité de se faire agresser par un chien sur un trottoir est beaucoup plus élevée que celle de se faire agresser par un autre humain et pourtant, on croise beaucoup plus d'humains que de chiens.

    Pourriez-vous imaginer ce qui se passerait si des milliers d'enfants étaient chaque année agressés et mordus non pas par des chiens mais par des humains ? Les prisons pourraient déborder. Mais il n'y a pas de prisons pour les chiens car on lui pardonne tout, ou presque.

    On s'entend : le profilage canin de l'administration Coderre n'avait rien d'une solution pour diminuer les risques d'agressions avec blessures. Mais on ose espérer que la suspension des articles de loi concernant les pitbuls ne soit pas un recul ni une consécration du libéralisme canophile. Il existe déjà certaines règles qui ne sont jamais appliquées. Et il y en a qui se font attendre. Aucun environnement ne sera sans risque pour l'être humain. Mais la recherche de la sécurité n'en reste pas moins légitime. Une vision-zéro pour la sécurité des gens dans l'espace public doit être intégrale. On doit faire un effort pour écarter tout ce qui pourrait menacer d'y agresser l'humain, la menace d'agression étant une atteinte à la liberté.