«J’aime profondément cette ville», affirme Denis Coderre

Denis Coderre a salué une dernière fois son équipe et les membres des médias, mercredi matin, à l’hôtel de ville de Montréal.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Denis Coderre a salué une dernière fois son équipe et les membres des médias, mercredi matin, à l’hôtel de ville de Montréal.

Denis Coderre n’a pas de regret. Le maire sortant a fait ses adieux à la mairie de Montréal lors d’une conférence de presse à l’hôtel de ville mercredi, trois jours après sa défaite contre Valérie Plante.

« Ça peut paraître prétentieux, mais je n’ai pas de regret. Quand vous prenez des décisions, vous vivez avec », a expliqué Denis Coderre aux journalistes.

« J’aime profondément cette ville. C’est sûr que vous allez me revoir, peut-être pas comme maire ou comme politicien, mais je vais toujours être là pour m’assurer que Montréal peut jouer son plein potentiel », a-t-il dit, ému.

Denis Coderre, 54 ans, affirme ne pas avoir de plans précis pour l’avenir. Il prendra deux semaines de congé et passera plus de temps avec sa famille, qu’il dit avoir « négligée » au cours des quatre dernières années. « Pas sûr qu’ils vont être contents d’être avec moi tout le temps, mais ça, c’est une autre histoire. On va faire avec. »

Le maire sortant n’a pas voulu s’étendre sur les raisons de sa défaite.« C’est ma 11e campagne électorale. J’ai déjà perdu. J’ai déjà gagné. On peut trouver toutes sortes de choses, mais je pense qu’il faut regarder vers l’avant. Il y a une nouvelle administration. On lui souhaite bonne chance. Si on a besoin d’aide, je serai là. »

J’ai vraiment le sentiment qu’on peut dire “mission accomplie”

Fier de son bilan

 

Denis Coderre se dit fier de son bilan.

« Le peuple jugera ce qu’on a fait dans les quatre dernières années. Mais moi, j’ai vraiment le sentiment qu’on peut dire “mission accomplie”. Montréal est vraiment dans une situation extraordinaire, a-t-il fait valoir. Montréal avait un problème d’estime de soi, de dignité. On l’avait maganée, notre Montréal. Il y avait beaucoup de cynisme par la corruption. »

Il assure ne pas avoir reçu d’offres d’emploi. « Je n’irai pas dans les médias. Ne vous inquiétez pas. La Joute est pleine », a-t-il dit en riant. Il ne songe pas non plus à se lancer en politique provinciale.

Le maire sortant prendra du repos : « Je vais me retrouver, me refaire une santé et me reprendre en main. Je vais lire beaucoup et aller au cinéma parce que ça me manque énormément. On verra par la suite ce qui va arriver. »

De bons mots

 

Il a eu quelques mots pour Valérie Plante, élue dimanche : « Évidemment que j’offre tout mon appui à la nouvelle mairesse, Mme Plante, que j’appellerai Valérie parce qu’on se connaît, et je pense qu’elle peut compter sur tout mon appui. »

Son départ nuira-t-il au retour des Expos ? « Je vais tout faire pour qu’ils reviennent. Ce n’est pas une personne qui fait la différence, mais il faut y croire, être présent et vouloir. Il faut que le maire de Montréal soit un promoteur », a-t-il expliqué.

Pour les journalistes, il a eu ces commentaires : « Je ne sais pas si vous allez vous ennuyer de moi, mais ce fut un plaisir de travailler à vos côtés. »

Quelques heures plus tôt, Denis Coderre avait participé à la dernière réunion de son comité exécutif.

« Nous avons eu une équipe formidable. Nous avons vraiment marqué l’histoire de Montréal dans les quatre dernières années. Peu importe le résultat de l’élection, vous pouvez être fiers de tout ce que vous avez accompli », a indiqué le maire sortant à l’endroit des membres du comité.

Il a profité de l’occasion pour remercier le directeur général, Alain Marcoux, ainsi que les employés de la Ville.

L’avenir d’Équipe Coderre

Le parti du maire sortant — qui porte son nom — se retrouve donc sans chef. Denis Coderre assure ne pas vouloir se mêler du choix de son successeur à la tête du parti qu’il a créé : « J’ai démissionné. Ils choisiront. Je ne jouerai pas à la belle-mère. […] On va les laisser faire le travail. »

Équipe Denis Coderre, qui formera l’opposition officielle, compte maintenant 39 élus, contre 51 pour Projet Montréal. Ils se rencontreront jeudi pour discuter des options à envisager pour le futur.

Les candidats défaits s’affairaient mercredi à vider leurs bureaux. Croisé dans les corridors de l’hôtel de ville, Russell Copeman, maire sortant de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, était encore sonné du résultat du scrutin. « C’est la première fois que je suis congédié en 31 ans », a-t-il dit. Comme d’autres, il ignore encore ce qu’il fera. « Mais j’ai adoré ça », a-t-il lancé au sujet de son mandat comme élu municipal, lui qui a été député pendant 14 ans.

Les membres de l’administration sortante restent en poste jusqu’à l’assermentation des nouveaux élus, qui aura lieu le 16 novembre prochain.

Richard Bergeron espérait perdre

Le soir du 5 novembre, Richard Bergeron, candidat pour Équipe Coderre, a espéré perdre dans son district de Saint-Jacques alors que les troupes de Valérie Plante se dirigeaient vers la victoire. « J’ai prié le ciel pour ne pas être élu. Me retrouver dans l’opposition contre Projet Montréal n’avait aucun sens », a-t-il expliqué au Devoir.

Il était ravi de voir le parti qu’il a fondé il y a 12 ans s’emparer du pouvoir, ayant lui-même échoué à trois reprises auparavant. Son souhait a finalement été exaucé et il a été défait par le candidat de Projet Montréal Robert Beaudry.

À 62 ans, Richard Bergeron espère continuer de « servir Montréal » : « Si Valérie Plante et son équipe estiment que je pourrais leur être utile, entre ça et vendre du tapis, je préfère ça ». Sauf qu’un retour à Projet Montréal apparaît peu probable. Rappelons qu’à trois jours du scrutin, Richard Bergeron avait qualifié Projet Montréal d’extrême gauche et prédit que son élection serait une catastrophe pour le centre-ville.



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