La STM peut-elle accueillir 300 autobus de plus?

Lors de la campagne électorale, Mme Plante s’est engagée à commander «dès le lendemain de l’élection» 300 autobus hybrides pour les ajouter au réseau de transport montréalais d’ici 2020.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Lors de la campagne électorale, Mme Plante s’est engagée à commander «dès le lendemain de l’élection» 300 autobus hybrides pour les ajouter au réseau de transport montréalais d’ici 2020.

La nouvelle mairesse de Montréal, Valérie Plante, a promis que son premier geste à son arrivée au pouvoir serait de commander 300 nouveaux autobus hybrides qui s’ajouteraient à la flotte de la Société de transport de Montréal (STM) d’ici 2020. Vérification faite, elle pourrait cependant devoir accroître la capacité d’entretien plus rapidement que prévu si elle veut tenir parole.

Lors de la campagne électorale, Mme Plante s’est engagée à commander « dès le lendemain de l’élection » 300 autobus hybrides pour les ajouter au réseau de transport montréalais d’ici 2020, afin d’atteindre l’objectif de 2089 autobus fixé dans le Plan stratégique 2020 de la STM adopté en 2011.

Elle a ainsi promis de revenir à une cible plus ambitieuse que celle établie dans le nouveau Plan stratégique 2025 de la STM, présenté en août dernier. Ce dernier vise l’ajout de 347 nouveaux autobus hybrides, mais d’ici 2025.
 

Reste à savoir si les centres d’entretien de la STM pourront permettre à la mairesse Plante d’ajouter des autobus plus vite que prévu dans le nouveau plan de la société de transport.

La STM indique que la construction du futur centre Bellechasse, qui devrait entrer en service au début de 2022, et l’agrandissement du centre Mont-Royal, dont l’échéance n’est pas encore fixée, permettront d’accueillir les 347 nouveaux autobus d’ici 2025.

Sa porte-parole Isabelle Tremblay n’est toutefois pas en mesure d’évaluer si la capacité d’entretien sera suffisante en 2020 pour permettre à Mme Plante de respecter son engagement. « Je ne peux pas vous répondre sur 2020, c’est 2025 mon plan », dit-elle.

À moins d’accélérer les travaux prévus dans le nouveau plan de la société de transport, la capacité d’entretien pourrait s’avérer insuffisante.

 


Le président du Syndicat du transport de Montréal, Gleason Frenette, qui représente des employés d’entretien de la STM, affirme pour sa part qu’en attendant les projets de construction des centres Bellechasse et Mont-Royal, les installations existantes peuvent accueillir environ 270 autobus de plus. Il estime donc que Valérie Plante a les coudées franches pour agir.
 

Au besoin, la nouvelle mairesse pourra atteindre son but en mettant de la pression sur la STM, juge-t-il. « Quand les politiciens veulent mettre les énergies à la bonne place, ça se fait pas mal plus vite », affirme-t-il en évoquant l’exemple du Réseau électrique métropolitain.

4 commentaires
  • Pierre Samuel - Abonné 7 novembre 2017 08 h 09

    Question vitale...

    < La STM peu-elle accueillir 300 autobus de plus ? > Pourquoi pas ? tel que le mentionne le président du Syndicat de transport de Montréal M. Gleason Frenette.

    La congestion chronique de la Ville ne sera certes pas empirée par une augmentation de services en transport en commun, mais plutôt par l'augmentation exponentielle des conducteurs de véhicules solos et le manque flagrant de planification des travaux d'infrastructures.

    L'avenir des grandes métropoles repose effectivement sur un profond changement de culture basé actuellement sur le "tout à l'auto" comme à Montréal et Québec à défaut de continuer d'y stagner jusqu'au dernier souffle !

  • Jean Santerre - Abonné 7 novembre 2017 08 h 55

    L'entretien réduit est possible.

    Les autobus hybrides ne sont déjà plus la solution adoptée par la majorité des sociétés de transport dans le monde.
    Toutes, je répète, toutes les sociétés de transport de masse, public ou privé, se tournent dorénavant vers le tout électrique de coutre ou longue porté selon leur besoin.
    La raison étant un coût total de fonctionnement bien moindre.
    Ils sont dispendieux à l'achat actuellement, mais sauvent des milliers de dollars en carburant chaque jour d'utilisation et ne nécessite qu'une portion infime d'entretien par rapport à leur contrepartie thermique.
    Pas de transmission ou moteur complexe à entretenir ou réusiner pas ou de filtres à remplacer, aucun système antipollution à entretenir, pas de changement d’huile et de gestion des huiles usée.
    Les autobus hybrides sont encore plus délicats à entretenir puisqu'il demande l'expertise de deux modes de propulsion, thermique et électrique, et des connaissances aiguës pour leurs fonctionnements simultanés.
    Si la STM doit avoir de nouveaux autobus, il faut passer à l’électrique intégrale.
    De plus le plan est échelonné sur plusieurs années et il est manifeste que les hybrides seront encore plus déphasés qu’ils ne le sont pourtant déjà.
    Mais la flotte de la STM est importante et si les objectifs d’abaissement des émissions polluantes et de réchauffement climatique sont aussi ambitieux qu’annoncés, il faut commencer tout de suite dans la bonne direction.

    http://www.aveq.ca/actualiteacutes/un-autobus-tout
    https://insideevs.com/volvo-launches-new-7900-electric-bus/
    http://www.adriq.com/11-entreprises-quebec-electri
    https://tfl.gov.uk/info-for/media/press-releases/2017/july/tfl-and-the-mayor-announce-more-fully-electric-bus-routes-to-cut-toxic-emissions
    http://www.latimes.com/local/lanow/la-me-ln-metro-

    • David Huggins Daines - Abonné 7 novembre 2017 11 h 58

      Le site d'informations américain Vox vient de publier un très bon sommaire des avantages du tout-électrique - qui s'ajoute bien à tous les liens ci-haut:

      https://www.vox.com/energy-and-environment/2017/10/24/16519364/electric-buses

      Il semble que d'autres villes en Amérique du Nord sont prêts à aller beaucoup plus loin que nous. Je souhaite aussi que Mme Plante et son nouveau directeur du STM mettent un peu plus de jus dans le projet d'électrification actuel (qui semble limité à une seule ligne).

      D'autant plus que la capacité de la STM d'entretenir les nouveaux autobus semble un enjeu majeur, j'espère que leur cadre financier pourra être revisé pour tenir en compte cet avantage des autobus électrique. Pourtant, je crois que le plus important est de renverser le sous-investissement catastrophique de l'ère Coderre-Schnobb dans le service d'autobus.

      La question qui tue ... est-ce que Novabus propose un autobus électrique?

  • Francine Ouellette - Abonnée 7 novembre 2017 10 h 03

    penser hors de la boîte

    Et à moindre coût : Si ajouter des autobus de plus paraît utile, peut-on penser à quelques variantes ou solutions autres qui accéléreraient ou amélioreraient l’expérience du transport par autobus dont : sur des artères très congestionnées, avoir une voie réservée et y ajouter un passage au vert automatique des feux à l’approche d’un autobus pour des autobus express qui s’arrêteraient aux intersections de correspondance seulement. Avec la techno le permettant bientôt, sur les lignes moins fréquentées ou aux heures moins fréquentées, avoir des véhicules plus petits et sans chauffeur qui circuleraient à cette vitesse limite de 30 km/h imposée dans plusieurs quartiers déjà.