Une légère avance pour Valérie Plante dans les sondages

Valérie Plante
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Valérie Plante

Alors que Valérie Plante a pris la tête dans les intentions de vote selon un sondage publié lundi, Denis Coderre s’est attaqué à la crédibilité des promesses faites par son adversaire dans la course à la mairie de Montréal.

Le sondage CROP réalisé pour le compte de Radio-Canada révèle que 39 % des personnes interrogées ont l’intention de voter pour Valérie Plante et que 37 % comptent plutôt choisir Denis Coderre. L’avance de la chef de Projet Montréal demeure toutefois précaire puisque Denis Coderre reprend les devants à 45 % contre 42 % quand seuls les répondants certains d’aller voter et qui se sont prononcés lors de l’élection précédente en 2013 sont pris en considération.

Ce sondage a été réalisé via un panel Web entre le 19 et le 24 octobre auprès de 1094 répondants de la région de Montréal. Le taux d’indécis atteint 17 %.

Le ton monte

Denis Coderre, qui a vu fondre son avance dans les intentions de vote au cours des derniers mois, a fait preuve d’un optimisme prudent. « C’est serré, mais sur le terrain, les choses vont extrêmement bien », a-t-il affirmé lundi.

Il s’en est pris à son adversaire et à ses promesses coûteuses, comme la ligne rose du métro : « Je ne sais pas où ils vont prendre leur argent. […] Je serais inquiet de voir une administration Ferrandez-Plante commencer à dire des choses et après ça, dire son contraire. »

Valérie Plante est demeurée prudente aussi : « Je ne prends jamais rien pour acquis. […] C’est une belle nouvelle, mais on ne baisse pas les bras, on travaille. »

Face aux reproches de son adversaire, la chef de Projet Montréal a répliqué avoir documenté et chiffré chacune de ses promesses : « Je n’ai pas de leçon à recevoir du maire sortant qui n’est même pas capable de nous dire combien de billets ont été vendus pour la Formule E ».

L’image de la ville

Le sondage révèle aussi que 90 % de répondants perçoivent de façon positive le projet de ligne rose, mais que, dans une proportion de 43 %, ils jugent que cette proposition n’est pas réaliste.

De façon générale, 58 % des personnes sondées estiment que l’image de la ville s’est améliorée au cours des 4 dernières années, mais 55 % d’entre elles considèrent que le maire sortant est « arrogant ». Et un peu plus de la moitié des répondants jugent que les investissements dans les célébrations du 375e anniversaire de Montréal ont été bénéfiques. En revanche, 63 % d’entre eux considèrent que la course de Formule électrique a été peu bénéfique et seulement 24 % des répondants sont favorables à son retour dans les rues de Montréal.

Le mois dernier, Alain Giguère, président de CROP, avait indiqué au Devoir être très réticent à réaliser des sondages touchant la politique municipale compte tenu de plusieurs incertitudes, dont le bas taux de participation aux élections. Rappelons qu’en 2013, seulement 42 % des Montréalais avaient voté.

Il note aussi que Valérie Plante recueille beaucoup d’appuis chez les jeunes. « Si ces jeunes-là ne vont pas voter, Denis Coderre va rentrer », explique M. Giguère.


Les impacts négatifs de la Formule E

Des commerçants ont témoigné, lundi, des impacts négatifs, dont des pertes de revenus, qu’ils ont subis lors de la présentation de la course de formule électrique les 29 et 30 juillet dernier dans les rues du Centre-Sud.

C’est notamment le cas de Mathieu Dechezelle, copropriétaire du restaurant la Kitchenette, qui a vu sa clientèle fuir en raison du chantier qui s’est déroulé pendant plusieurs semaines : « On est passé juste à côté d’une faillite en début août. Mais on a eu la chance de voir nos clients réguliers revenir tout de suite après l’événement. »

Le groupe citoyen Formule citoyenne a d’ailleurs sondé les commerçants. Des 70 qui ont répondu au questionnaire qui leur a été remis, 70 % disent avoir subi un impact commercial négatif de la tenue de l’événement et près de 77 % d’entre eux jugent qu’une telle course ne devrait pas se dérouler dans un quartier résidentiel.


2 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 31 octobre 2017 10 h 03

    Ho! là,là

    Le monde est en train de changer, peut-ètre que ce cher Coderre sera doublé par une personne dont il se méfiait pas,

  • Jean Richard - Abonné 31 octobre 2017 10 h 41

    La myopie de M. Coderre

    « Il s’en est pris à son adversaire et à ses promesses coûteuses, comme la ligne rose du métro : « Je ne sais pas où ils vont prendre leur argent. »

    En quatre ans de pouvoir, qu'a fait l'équipe Coderre pour moderniser les transports ? Presque rien. La seule chose digne de mention, c'est le sursis accordé aux VLS (vélos en libre service – Bixi), encore que les bixistes seraient sûrement plus nombreux si la ville prenait au sérieux la sécurité des cyclistes et des piétons. Or le bilan des quatre années d'administration Coderre en matière de sécurité pour les piétons et cyclistes est bien mince. L'administration Coderre n'a pas su aller plus loin que d'épandre un peu n'importe comment des centaines de litres de peinture blanche sur la chaussée.

    Pire. Le manque de vision de M. Coderre atteint un niveau inégalé quand il attaque et diabolise M. Ferrandez, qui a tenté de faire sur le Plateau ce qui se fait dans des dizaines, voire des centaines de villes en occident : repenser et réaménager l'espace public en vue de mieux le partager entre ses divers occupants. L'ère de la priorité absolue à l'automobile individuelle fait partie d'une autre époque. Comment peut-on être maire d'une métropole et ignorer une telle tendance ?

    Va pour les modes de transport dits alternatifs, nous le savons maintenant : M. Coderre n'y attache pas beaucoup d'importance, retardant l'entrée de la métropole dans le XXIe siècle.

    Et les transports collectifs ? Le bilan Coderre ? Un gros zéro ! Mais au lieu de tenter de corriger le tir, M. Coderre préfère qualifier une ligne de métro de promesse coûteuse. Encore une fois, partout autour de nous il y a des dizaines de villes qui investissent dans le transport collectif pour éviter la mort des villes par étouffement. Ce qui va coûter très cher à Montréal, c'est la carence d'investissements en transports collectifs. Ce que M. Coderre nous promet, l'inaction, va coûter plus cher que trois lignes roses. Où va-t-il prendre l'argent ?