Le baseball, la religion et les transports au coeur du débat électoral

Valérie Plante et Denis Coderre ont participé au seul débat en français de la campagne jeudi soir.
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir Valérie Plante et Denis Coderre ont participé au seul débat en français de la campagne jeudi soir.

Stade de baseball, métro et gouvernance ont figuré au menu du débat entre les deux principaux candidats à la mairie de Montréal, Denis Coderre et Valérie Plante, jeudi soir. Les échanges ont été courtois, même si le ton est monté à certaines occasions.

Ce débat, le seul en français, était organisé par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et était animé par l’éditorialiste en chef de La Presse, François Cardinal.

Stade de baseball ?

Questionné sur la possibilité d’investir des fonds publics dans la construction d’un stade de baseball, Denis Coderre a eu ce commentaire : « Contrairement au hockey, on n’a pas besoin de bâtir avant. Déjà là, on sauve pas mal. […] Il faut surtout être respectueux de la Ligue de baseball majeure », a-t-il expliqué, évitant de répondre directement à la question.

Valérie Plante est favorable à la venue d’une équipe de baseball, mais à certaines conditions. « Ce n’est pas le premier choix d’investissement que je ferais. Mais moi, je vais demander la permission aux Montréalais », a-t-elle dit tout en reprochant au maire sortant de taire ses réelles intentions : « Je pense que c’est prendre les Montréalais pour des idiots que de penser qu’ils ne voient pas clair dans son manque de transparence. »

Neutralité religieuse

Les deux candidats étaient d’accord pour dire qu’il serait impossible d’appliquer la nouvelle loi sur la neutralité religieuse, qui impose aux employés des services publics de ne pas servir des personnes ayant le visage couvert. « Je ne veux pas mettre une pression indue sur les employés pour qu’ils deviennent une police du niqab ou de la burka », a souligné Denis Coderre.

« Il n’est pas question de bafouer les droits des Montréalais, ce que fait la loi actuelle, a pour sa part indiqué Valérie Plante. Tous les Montréalais ont droit à des services, c’est ce qu’on va aller défendre à Québec dans les prochains mois. »

Les transports

Les positions des deux candidats sur des projets de transport sont connues. La chef de Projet Montréal milite en faveur de sa ligne rose du métro, qui relierait Montréal-Nord à Lachine, alors que le maire sortant mise plutôt sur le prolongement de la ligne bleue et le Réseau électrique métropolitain (REM).

Mais de façon imprévue, les échanges ont bifurqué sur le départ abrupt de « Monsieur Fluidité », qui avait été mandaté pour gérer les problèmes de circulation à Montréal. Rappelons que l’ancien chroniqueur de circulation Pierre Lacasse avait été remercié en juillet dernier, moins de trois mois après son embauche. Valérie Plante a souligné qu’il n’avait pas « livré la marchandise ».

« Vous savez pertinemment pourquoi cette personne ne travaille plus pour Montréal. On a voulu protéger les employées féminines », a répliqué le maire sortant.

Au sujet des relations entre la ville-centre et les arrondissements, le maire s’est défendu de vouloir centraliser les services, parlant plutôt d’harmonisation. Au passage, il a lancé quelques flèches au maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez. « Je ne le vois pas souvent à vos côtés. Je me demande ce que vous faites avec », a-t-il dit, provoquant quelques rires dans la salle.

« Je sais que M. Coderre fait une fixation sur le Plateau », a rétorqué Valérie Plante, qui a accusé l’administration Coderre d’avoir ajouté de la bureaucratie en rapatriant certains pouvoirs.

Au terme du débat, les deux candidats se sont dits satisfaits des échanges. Ils croiseront le fer à nouveau lors d’un débat en anglais le 23 octobre.

1 commentaire
  • Jean Lapointe - Abonné 20 octobre 2017 10 h 11

    Je ne suis pas sûr d'aller voter.

    « Il n’est pas question de bafouer les droits des Montréalais, ce que fait la loi actuelle, a pour sa part indiqué Valérie Plante. Tous les Montréalais ont droit à des services, c’est ce qu’on va aller défendre à Québec dans les prochains mois. » (Jeanne Corriveau)

    Il faudrait peut-être rappeler aux candidats que la Ville de Montréal fait partie du Québec et qu'elle en est même la métropole c' est-à-dire la ville la plus importante.

    Ce qui est à déplorer c'est le fait que les deux candidats semblent se considérer comme d'abord montréalais avant d'être Québécois.

    C'est qu'ils ne semblent n'avoir aucun plan pour que la métropole du Québec permette de faire rayonner davantage tout le Québec et non pas uniquement la ville de Montréal.

    On dirait que pour eux la ville de Montréal n'existe que pour elle-même comme si le Québec n'existait pas.

    Les deux manquent terriblement d'envergure.

    Je ne suis pas sûr que je vais aller voter. Je me demande si ça en vaut la peine. Ils n'ont d'intérêt que pour le train-train quotidien. Il n'est peut-être pas étonnant que la campagne ne suscite pas plus d'intérêt.

    Il nous faudrait des gens avec un peu plus de vision à long terme.

    Comment se fait-il qu' il n'y ait pas plus de Québécois de qualité qui ont des plans emballants pour Québec et Montréal.

    Comment pouvons-nous être aussi démunis?


    C'est décourageant.