Projet Montréal promet des baisses de taxes pour les familles

Valérie Plante a notamment critiqué la gestion de l’actuel maire dans les célébrations entourant le 375e anniversaire de la ville, lundi soir, au Lion d’Or.
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir Valérie Plante a notamment critiqué la gestion de l’actuel maire dans les célébrations entourant le 375e anniversaire de la ville, lundi soir, au Lion d’Or.

Si son parti est porté au pouvoir le 5 novembre prochain, la chef de Projet Montréal, Valérie Plante, promet d’offrir une réduction de taxes aux familles ainsi que la gratuité des transports en commun pour les jeunes de 12 ans et moins et les aînés.

Les Montréalais ne jugent pas nécessaire de mettre Montréal « sur la map » avec des projets comme la course de Formule E. Ils veulent surtout des logements plus abordables, une meilleure planification des travaux et des transports en commun plus efficaces, a soutenu Valérie Plante lors de son discours prononcé devant les candidats et militants réunis au Lion d'Or, lundi soir, à l’occasion du lancement de la campagne de Projet Montréal.

Le parti entend donc miser sur ces thèmes d’ici le scrutin de novembre. Les familles montréalaises pourraient notamment bénéficier d’une baisse de leurs taxes foncières si Projet Montréal est porté au pouvoir. « On sait que, quand on a des enfants, on n’arrive plus à se loger à Montréal. C’est difficile au niveau du prix et de la dimension des appartements et des maisons. On veut s’assurer que les familles de Montréal ne quittent pas de l’autre côté du pont », a expliqué Mme Plante. Elle n’a cependant pas voulu donner plus de détails sur l’application de cette mesure car ceux-ci seront dévoilés plus tard dans la campagne électorale.

Transports, logement et création

Valérie Plante a réitéré l’intention de son parti de construire une nouvelle ligne de métro, la « ligne rose », qui relierait le centre-ville à Montréal-Nord, en passant par l’avenue du Mont-Royal et le boulevard Pie-IX. Son parti compte aussi offrir la gratuité des transports en commun pour les jeunes de 12 ans et moins et les aînés. Pour l’instant toutefois, Mme Plante n’a pas pu préciser les coûts d’une telle mesure.

Rappelons que lors d’un congrès tenu en mai dernier, les membres de Projet Montréal avaient rejeté la proposition qui accordait la gratuité au 17 ans et moins.

Parmi ses autres engagements, Projet Montréal promet d’exiger que 20 % des nouveaux projets d’habitation construits à Montréal comportent trois chambres à coucher et plus. Il propose aussi de favoriser l’aménagement d’espaces de création abordables pour les artistes.

Appui d’Anne-France Goldwater

En matinée, l’avocate Anne-France Goldwater a accordé son appui à Valérie Plante en prévision des élections du 5 novembre.

Me Goldwater, qui a renoncé à briguer la mairie de Montréal, a promis son aide à Projet Montréal dans des dossiers comme le règlement sur le contrôle des chiens dangereux ou les legs du 375e anniversaire de Montréal.

« Je n’en reviens pas du milliard de dollars des contribuables gaspillé pour le 375e anniversaire de Montréal. La Formule E, les bancs de granit, la soi-disant promenade Fleuve-Montagne, qu’est-ce que c’est ça ? » a-t-elle lancé. « Si vous votez pour cet homme [Denis Coderre] et que vous recevez votre compte de taxes, ne pleurez pas, ne revendiquez pas vos droits. Il sera trop tard. »

À l’instar du maire du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, vendredi, la volubile avocate a comparé l’administration de Denis Coderre au régime nord-coréen. « C’est une question d’obéissance totale, on n’a pas de voix et on n’est pas intéressés à sonder l’argent public avant de jeter l’argent à la poubelle », a-t-elle expliqué.

Valérie Plante est-elle d’accord avec cette analogie entre Montréal et la Corée du Nord ? « Je pense que ce qu’il faut surtout retenir, c’est qu’il y a un manque de transparence qui nous fait penser à d’autres pays », a répondu la candidate à la mairie.

Denis Coderre a qualifié les propos de Mme Goldwater de « délire » : « Je ne suis pas là pour répondre à ces inepties, je suis là pour les Montréalais, pas pour attaquer. S’ils sont désespérés à ce point-là de sortir ces propos-là, grand bien leur fasse. »

4 commentaires
  • Jean Richard - Abonné 19 septembre 2017 09 h 48

    Attention à la tentation du populisme

    « Je n’en reviens pas du milliard de dollars des contribuables gaspillé pour le 375e anniversaire de Montréal. » – Ça vient de Mme Goldwater et non de Mme Plante, heureusement, car lancer une telle chose sans discernement, c'est s'approcher de ce qu'on appelle le populisme. Il ne faut pas mettre dans le même panier le fiasco de la course de chars à batteries avec d'autres manifestations, en particulier culturelles.

    Quant à l'allusion au régime nord-coréen, ça peut devenir une patate chaude pour Projet Montréal car là, on est encore plus près du populisme, cette technique qui plonge dans le trop facile pour s'attirer la sympathie du public en s'adressant à ses instincts plutôt qu'à son intelligence. Souhaitons que le reste de la campagne soit accompagné d'un réajustement du ton.

    • Gilles Théberge - Abonné 19 septembre 2017 12 h 57

      Attention à la tentation des "pantoufle" monsieur Richard.

      C'est vrai que tout changement, suppose un risque. Mais parfois le changement est nécessaire.

      Malgré le risque!

  • Jean Richard - Abonné 19 septembre 2017 10 h 12

    Mobilité urbaine – Le flou

    Il fut une époque pas si lointaine où Projet Montréal était associé à deux rêveurs, un qui rêvait de déployer un réseau de tramway partout dans la ville, ce qui n'était pas une si mauvaise idée, et l'autre qui rêvait de réhausser la qualité de vie dans son arrondissement et qui n'a pas hésité, une fois au pouvoir, à prendre des mesures parfois osées pour y arriver. Au terme de son deuxième mandat, le bilan penche en faveur d'une quasi-réussite – car la vie dans le quartier s'est améliorée pour les gens qui y habitent.

    Or, à Projet Montréal nouvelle mouture, on a écarté le mot tramway du vocabulaire électoral, préférant parler d'une ligne rose de métro (qui ne verra jamais le jour). Et un autre mot à ne pas prononcer, c'est le mot Plateau, comme si on craignait l'effet Ferrandez.

    En matière de mobilité urbaine, ce qui implique la gestion des infrastructures de transport aussi bien que l'aménagement du territoire, la mentalité du public évolue. Petit à petit, sans trop bousculer, une tendance à moins dépendre de l'automobile individuelle se fait sentir. Ce qui était très marginal il y a dix ans l'est beaucoup moins aujourd'hui : un nombre croissant de Montréalais veulent se déplacer efficacement autrement qu'en automobile (ce qui va de la marche aux transports collectifs en passant par le vélo ou autres véhicules non ou faiblement motorisés).

    Sur ce point, Projet Montréal reste flou. Projet Montréal préfère rester à la remorque des éléments progressistes de la population plutôt que de s'afficher en leader. Force est d'avouer qu'il sera facile à M. Coderre d'en offrir plus que Projet Montréal. M. Coderre est très habile quand vient le temps d'amadouer le public. Tiens ! Il n'aurait qu'à annoncer la fusion de Bixi aux transports collectifs pour s'attirer la sympathie du public. Projet Montréal est très vague sur la question de Bixi, mais Bixi est très populaire chez les Montréalais.

    Bref, du pain sur la planche pour PM si on veut se distancer de M. Coderre.

  • Nadia Alexan - Abonnée 19 septembre 2017 11 h 01

    Arrêtons la collusion et la corruption.

    Projet Montréal nous offrent une sortie noble de la corruption et la collusion des vieux partis. C'est évident que le maire Coderre ne travaille pas pour le bien commun. Les projets grandioses comme les festivités et la course des automobiles sont très loin d'améliorer la vie des Montréalais. L'équipe Codèrre manque de transparence et d'écoute à la population. On est mieux d'essayer un parti qui nous offre des alternatives au statuquo.
    Ainsi, Projet Montréal aurait intérêt à mettre en place une plus grande transparence en matière de décisions financières, afin d'arrêter le pouvoir disproportionnel des grandes entreprises sur les affaires de la Cité. Il faudrait que Projet Montréal s'attarde sur l'élimination de la corruption et la collusion entre les élus et les grandes entreprises.