Une place pour les autochtones sur le drapeau de Montréal

Arbre de la paix, de l’harmonie et de la concorde, le pin blanc s’ajoute au lys, à la rose, au chardon et au trèfle déjà présents sur le drapeau pour rappeler les «peuples fondateurs».
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Arbre de la paix, de l’harmonie et de la concorde, le pin blanc s’ajoute au lys, à la rose, au chardon et au trèfle déjà présents sur le drapeau pour rappeler les «peuples fondateurs».

Le drapeau de Montréal comporte désormais un pin blanc pour représenter la contribution des peuples autochtones à l’histoire de la ville. Le nouveau drapeau ainsi que le changement de nom de la rue Amherst sont nécessaires au processus de réconciliation avec les peuples autochtones, estime le maire Denis Coderre.

Arbre de la paix, de l’harmonie et de la concorde, le pin blanc s’ajoute au lys, à la rose, au chardon et au trèfle déjà présents sur le drapeau pour rappeler les « peuples fondateurs », soit les Français, les Anglais, les Écossais et les Irlandais. Les autochtones étaient absents et Montréal a voulu remédier à cette omission en redessinant le drapeau et les armoiries de la Ville. Le comité chargé de suggérer un symbole a choisi le pin blanc, un arbre indigène au Canada.
 

« Pour des gens qui ont été oubliés pendant si longtemps, c’est très émouvant de recevoir cet appui », a déclaré avec émotion Christine Zachary-Deom, chef du conseil de bande à Kahnawake, mercredi lors de la cérémonie de levée du drapeau qui coïncidait avec le 10e anniversaire de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.

« C’est un geste important que la Ville pose aujourd’hui », a pour sa part dit Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador.

La rue Amherst

Denis Coderre a réaffirmé son intention de changer le nom de la rue Amherst, comme le révélait Le Devoir mercredi. « Le général Amherst va prendre le bord », a-t-il dit sans toutefois fixer d’échéancier. « Ça va aller assez vite. Fiez-vous sur moi. »

Rappelons qu’après la Conquête de 1763, l’officier britannique Jeffery Amherst avait ordonné la propagation de la variole chez les Amérindiens afin de les exterminer.

La Ville n’a pas encore déterminé le nouveau nom qui sera donné à la rue. « Ça pourrait être un chef autochtone. Ça pourrait être “l’avenue de la Réconciliation”. On ne sait pas », a indiqué le maire.

Ghislain Picard a salué cette décision : « Il y a des pages de notre histoire collective qu’il nous faut tourner et qu’il nous faut oublier. […] Avoir une rue au nom d’Amherst à Montréal est une insulte à notre peuple et à son histoire ».

Au-delà des gestes symboliques, la démarche de réconciliation préconisée par Montréal se traduira par d’autres actions à définir. Ghislain Picard a évoqué des enjeux d’itinérance, d’éducation et d’intégration tout en rappelant que Montréal comptait 150 organisations autochtones sur son territoire.

32 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 13 septembre 2017 10 h 07

    Je vous demande pardon?

    Un maire peut-il, de sa propre initiative, changer le drapeau de sa ville?

    • Marc Lévesque - Inscrit 13 septembre 2017 11 h 54

      "Un maire peut-il, de sa propre initiative, changer le drapeau de sa ville?"

      Non, il y a des conseils d'administration, des votes, des comités, etc.

    • Luc André Quenneville - Abonné 13 septembre 2017 12 h 46

      dans ce cas-ci, je pense que le maire avait le devoir de faire ces changements. Aucun citoyen de Montréal ne peut s'opposer à cela. Les Premières Nations ont été évacuées du territoire que nous occupons. C'est réparer 375 ans d'ignorance. Bravo M. le Maire.

    • Sylvain Auclair - Abonné 13 septembre 2017 14 h 10

      S'il a le droit de choisir CE drapeau, il peut choisir n'importe quel autre. Le droit qu'un élu ou un fonctionnaire a de faire des choses ne dépend pas de la pertinence du résultat de son travail.

    • André Joyal - Abonné 13 septembre 2017 15 h 30

      @M. Quennevile, pour avoir passablement lu sur notre histoire, je crois savoir que lorsque les Montréalistes sont descendus sur l'île qui deviendra l'ile de Montréal, il n'y avait pas âme qui vive. Auparavant, Champlain n'avait, à son étonnement, rien vu de ce qu'avait signalé Cartier. Les Iroquoiens : disparus dans la nature, tout comme la culture des trois soeurs, et on ne s'explique pas pourquoi.

      Par contre, les jésuites, en 1667, ont fondé la mission Kahnawake, alors que les sulpiciens en 1721, ont fondé celle de Kanesatake, eux aussi avec des bandes d'Iroquois. Je ne m'explique pas pourquoi ces derniers se sont anglicisés.

    • Gilles Théberge - Abonné 13 septembre 2017 16 h 56

      Qui à l'origine à dessiné le drapeau de Montréal ?

    • Robert Beauchamp - Abonné 13 septembre 2017 18 h 28

      Nos ancêtres français n'ont jamais évacué les Autochtones de Montréal bien au contraire. Certes ils y étaient du temps de Jacques-Cartier mais ils en ont été chassés par des guerres entre nations autochtones et quatre générations plus tard c.a.d. à la fondation de Montréal, Maisonneuve et Jeanne Mance ont tout fait pour les ramener afin de remplir leur mission qui consistait à les sédentariser, les convertir et développer le métissage entre Autochtones et Français ce qui correspondait également à la vision de Champlain. J'insiste pour dire que les injustices subies par ces populations relèvent du conquérent et que dans l'histoire plus récente nos gouvernements pèchent par déni refusant d'admettre que certaines populations sur ce territoire reçoivent encore aujourd'hui un traitement équivalent à celui de populations du tiers-monde. La honte est là.

    • Sylvain Auclair - Abonné 13 septembre 2017 20 h 12

      Le premier drapeau (avec un castor, et non une fleur de lys) a été dessiné par Jacques Viger, premier maire (choisi par le gouverneur britannique), en 1833.

    • Jean Gadbois - Inscrit 13 septembre 2017 23 h 45

      Bravo M. le maire en proférant des erreurs historiques?, que de colonisés et d'ignorants.

  • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 13 septembre 2017 11 h 38

    Un arbre de la paix pour représenter les autochtones?


    Les a-t-on seulement consulter?

    Pourquoi pas une plume ou un capteur de rêves?

    Qui ne se souvient pas, il y a quelques années, de la controverse autour du sapin de Noël que d'aucuns voulaient nommés un "arbre de la paix"?

    • André Joyal - Abonné 13 septembre 2017 17 h 35

      Il faut que ce soit un symbole appartenant au règne végétal pour concorder avec les 4 autres emblêmes.

    • Jean Gadbois - Inscrit 13 septembre 2017 23 h 49

      M. Joyal, svp. des symboles impéralistes et inféodés, ça ne vous dit rien?
      Règne végétal, franchement...

  • Marc Lévesque - Inscrit 13 septembre 2017 12 h 03

    « C’est un geste important que la Ville pose aujourd’hui » -Ghislain Picard

    Je suis absolument d'accord avec le changement, je trouve que c'est un geste simple et émotionnellement clair.

    • Jacques Patenaude - Abonné 13 septembre 2017 18 h 35

      D'accord avec vous. Espérons que ce ne sera pas toujours des gestes symboliques comme le fait Trudeau.

      Nous avons tout intérêt à établir un partenariat véritable avec eux pour contrer l'impérialisme anglo-canadien.

    • Gilles Théberge - Abonné 14 septembre 2017 11 h 48

      C'est une négation de l'histoire réelle, faites par un gros ignorant qui de plus fait de l'infatuation.

      À la lecture de tous les commentaires on se rend facilement compte que bien des lecteurs ont plus de connaissances historiques que ce petit maire.

      Et je me demande bien où sont les historiens? Où sont-ils...?

    • Marc Lévesque - Inscrit 14 septembre 2017 18 h 20

      Théberge,

      "À la lecture de tous les commentaires on se rend facilement compte que bien des lecteurs ont plus de connaissances historiques que ce petit maire ... Et je me demande bien où sont les historiens? Où sont-ils...?"

      Les commentaires ici parlent de 'fondation' dans un sens très précis du terme mais ce n'est pas le sens utilisé par la ville ou impliqué par le drapeau. Ce sens est beaucoup plus large:

      "Le drapeau de Montréal comporte désormais un pin blanc pour représenter la contribution des peuples autochtones à l’histoire de la ville"

      Ce qui est vrai historiquement.

    • Sylvain Auclair - Abonné 13 septembre 2017 14 h 11

      Au moins, à Saguenay, la décision a été prise par le conseil municipal, pas par le maire seul.

  • Claude Bariteau - Abonné 13 septembre 2017 12 h 59

    Ce maire improvise sur un fond d'erreurs.

    Le peuple fondateur de Montréal fut le peuple français grâce à des alliés que furent des nations autochtones. En 1701, la Grande Paix, signée à Montréal, élargit cette alliance, qui fut abandonnée en 1760 avec les Accords d'Oswegatchie.

    Par la suite, Montréal devint une ville de commerce sous l'influence de la Grande-Bretagne qui facilita l'installation dde gens provenant d'Écosse, d'Irlande et de l'Angleterre. Ces immigrants n'ont pas fondé Montréal. Ils l'ont refaçonné après que la Grande-Bretagne ait établi des liens en 1769 avec les nations amérindiennes pour faire face au mouvement d'indépendance dans les colonies de la Nouvelle-Angleterre.

    Que le nouveau drapeau intègre les nations amérindiennes, c'est une excellente idée, mais il aurait fallu en sortir les symboles des « peuples » anglais, écossais et irlandais car il s'agissait de membres du peuple britannique ethniquement définis.

    Le maire coderre improvise pour satisfaire le gouvernement canadien qui mise sur les nations autochtones pour se donner une bonne image alors que ce pays s'est développé en les inserrant dans des réserves et en neutralisant leurs revendications au Manitoba et en Saskatchewan avec comme pilote John A. Macdonald dit le père fondateur alros qu'il ne fut que le bras droit de la Grande-Bretagne.

    • Marie Nobert - Abonnée 14 septembre 2017 00 h 23

      Bravo pour la forme et le fond. Mais «pinus strobus» est un mauvais choix. Le pin blanc «appartient» aux 5 «Nations»(!) Je laisse le soin aux «spécialistes» de... pérorer. Les «5(6) Nations» ont pactisé avec les «Britaniques»..., etc. Bref. Le nouveau «drapeau» n'intègre pas les «nations», «peuples» amérindiens du Québec. C'est une insulte, une injure à l'«Histoire», mais bon.

      JHS Baril

    • Réal Ouellet - Abonné 14 septembre 2017 07 h 34

      J'irais même plus loin. Le peuple fondateur du Canada, qui faisait partie de la Nouvelle-France, était français. Après l'abandon par la France ruinée, le Canada-anglais est né de la fuite vers le nord des anglais défaits à Yorktown aux mains d'une coalition majoritairement française. Naissance des États-Unis d'Amérique. Les colons français ont vécu avec les autochtones et il y a eu métissage. Champlain n'a combattu les iroquois que pour aider d'autres amérindiens qui avaient maille à partir avec ces derniers. McDonald, le père de la supposée confédération, a créé les réserves dans le but avouer d'affamer les indiens et de les faire disparaître. Aujurd'hui, on calcule votre pourcentage de sang autochtone pour déterminer si vous avez le droit de vivre dans une réserve!