4000 frênes seront abattus sur le mont Royal

Quelque 150 frênes croissant dans les parterres aménagés sur la montagne seront condamnés dès cet automne.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Quelque 150 frênes croissant dans les parterres aménagés sur la montagne seront condamnés dès cet automne.

Pas moins de 4000 frênes infestés par l’agrile du frêne seront abattus sur le mont Royal au cours des deux prochaines années. Autant d’arbres à ce point exfoliés par l’insecte destructeur que l’on considère désormais leur récupération comme impossible.

Dans un communiqué diffusé en fin de journée, le cabinet du maire a annoncé que l’administration municipale procéderait d’ici la fin du mois d’août au traitement de quelque 6400 frênes infestés dans le parc qui sert de poumon vert à la métropole, soit près des deux tiers des arbres atteints qui ont été traités dans les aires boisées du territoire de la Ville de Montréal.

Par contre, pas moins de 4000 frênes situés presque exclusivement dans les zones boisées de la montagne devront être sacrifiés compte tenu de l’ampleur des dommages observés sur les feuillus.

« Dans certaines zones, la Ville n’a pas le choix d’abattre les frênes infestés par l’agrile, notamment lorsque la défoliation du frêne est trop importante et que l’insecticide n’est plus une option », a fait savoir Réal Ménard, responsable du développement durable, des grands parcs et des espaces verts au comité exécutif de la Ville de Montréal et maire de l’arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve.

Quelque 150 frênes croissant dans les parterres aménagés du parc seront condamnés dès cet automne. Toutefois, le gros de l’abattage, soit quelque 2300 frênes, sera effectué entre septembre 2018 et mars 2019 dans les boisés de la montagne, alors que 1500 autres tomberont entre janvier et mars prochains. Seulement une douzaine d’arbres infestés avaient été coupés par la Ville entre 2012 et 2016.

Plantation de 40 000 arbres

Pour réduire les conséquences de ces coupes sur le visage du parc le plus fréquenté par les Montréalais, la Ville s’engage à planter 40 000 arbres dans les limites du parc d’ici trois ans, soit 10 arbres pour chaque frêne abattu.

Dans la foulée de son plan de lutte contre l’agrile du frêne, la Ville de Montréal estime avoir été capable d’éviter « une mortalité massive et exponentielle » des frênes sur son territoire, a défendu le maire de Montréal, Denis Coderre, cité dans ce communiqué. Selon ce dernier, les mesures déployées depuis 2013 ont permis de garder en vie entre 50 000 et 60 000 frênes en inventaire, soit près de la moitié des frênes présents dans les rues de la métropole.

Mais pour le parti de l’opposition officielle, Projet Montréal, cette annonce témoigne du laisser-faire de l’administration Coderre et de son absence de stratégie préventive pour lutter promptement contre les ravages de l’agrile sur le mont Royal.

« C’est quand même ironique de voir ce vent de panique alors que l’administration Coderre minimise depuis des mois l’impact de l’infestation qu’on dénonçait sur le mont Royal. Tout à coup, on coupe 4000 arbres, alors qu’on nous accusait d’être des démagogues quand nous disions que la Ville avait perdu le contrôle sur la montagne. C’est trop peu, trop tard », a déploré Sylvain Ouellet, critique en matière d’environnement pour Projet Montréal et conseiller de ville pour le district François-Perreault.

Selon ce dernier, le retard à agir de la Ville aurait un effet malheureux sur l’aspect du parc, puisque les milliers de nouveaux arbrisseaux mettront des années à remplacer la canopée des arbres matures qu’on prévoit abattre.

En juin dernier, Projet Montréal avait dénoncé le bilan de la Ville de Montréal en matière de lutte contre l’agrile du frêne.

Concernée par l’explosion des budgets dédiés à la lutte contre cet insecte, la vérificatrice générale de Montréal avait aussi rabroué l’administration Coderre, l’accusant de dépenser sans être en mesure d’évaluer clairement l’efficacité de son programme. Les fonds pour contrecarrer l’avancée de l’agrile dans la canopée montréalaise sont passés de 2 millions en 2011 à 23 millions l’an dernier.

1 commentaire
  • Louis Gérard Guillotte - Abonné 25 août 2017 12 h 24

    Place aux oiseaux et autres prédateurs.

    Lors de cet abattage pourrait-on songer,penser,cogiter voir imaginer de laisser en
    place des troncs élevés de ces arbres sacrifiés permettant la nidification des espèces
    propre à se nourrir des insectes nuisibles.
    Des connaisseurs en cette matière et ayant des savoirs plus pointus à large spectre
    épouseraient assurément la vocation pour élaborer une stratégie durable de protection de cet environnement.
    Pour peu que je sache,les hirondelles à front blanc ont besoin de réserves vaseuses
    pour construire annuellement leurs nids protégés des intempéries.Alors?Un petit villa-
    ge pour ces hirondelles!Si bien reçues et acclimatées,elles y reviendront chaque
    année!
    Je suis curieux de connaître le dernier recensement de nos amis les oiseaux logeant
    sur le Mont-Royal.
    Allez!politiciens!Voyez plus loin que le bout de votre prochaine réélection!Faites en
    sorte de consacrer des ressources budgétaires nécessaires pour que le Mont-Royal
    acquierre la réputation touristique de la plus grande volière naturelle et observable.
    "Thing big...s'tie"!!