La Baie d’Hudson retire sa plaque du président Jefferson Davis

Jusqu'à mardi soir, une plaque commémorative de l’ancien président sudiste Jefferson Davis était apposée sur l'édifice de la Baie d'Hudson de la rue Sainte-Catherine, à Montréal.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Jusqu'à mardi soir, une plaque commémorative de l’ancien président sudiste Jefferson Davis était apposée sur l'édifice de la Baie d'Hudson de la rue Sainte-Catherine, à Montréal.

Une plaque commémorative de l’ancien président sudiste Jefferson Davis a été retirée d’un édifice de la Compagnie de la Baie d’Hudson au centre-ville de Montréal.

Une porte-parole, Tiffany Bourré, a confirmé dans un courriel transmis à La Presse canadienne que l’entreprise avait retiré la plaque mardi soir. Elle était posée sur un édifice de la Baie d’Hudson, sur l’avenue Union, près du square Phillips.

L’artefact rendait hommage à Jefferson Davis, le président des États confédérés du sud des États-Unis pendant la guerre civile. Personnage controversé, sa statue avait été enlevée de la place publique à La Nouvelle-Orléans, en Louisiane, au mois de mai.

Sur la plaque à Montréal, il était écrit que Jefferson Davis avait été logé au domicile de John Lovell, un homme d’affaires de Montréal d’origine irlandaise qui vivait jadis dans le bâtiment de la Baie d’Hudson.

Le monument avait été érigé en 1957 par la United Daughters of the Confederacy — une association de femmes du sud dont l’objectif était de rendre hommage aux soldats de l’armée des États confédérés.

Plusieurs citoyens faisaient pression pour que la plaque soit retirée après qu’un rassemblement suprémaciste eut dégénéré en Virginie la fin de semaine dernière. Une voiture a foncé dans une foule de manifestants antiracistes.

Des internautes québécois avaient notamment demandé au maire de Montréal, Denis Coderre, d’intervenir.

Un porte-parole du maire a toutefois rappelé que la plaque était posée sur un édifice appartenant à une entreprise privée, et que la municipalité ne pouvait donc rien faire.

4 commentaires
  • Eric Vallée - Inscrit 15 août 2017 21 h 54

    Quand 3-4 activistes s'en mêlent

    Toujours surprenant de voir comment une compagnie privé ou même une institution publique cède facilement à quelques activistes qui veulent oblitérer des morceaux d'histoire. Faire enlever un crucifix d'un hôpital, quelques plaintes et ça y est, c'est facile. Empêcher la prière lors d'une assemblée, 2-3 plaintes d'activistes et c'est fini pour la prière. Combien se sont plaints à La Baie ou sont allés brailler au maire? Si ces incultes avaient lu Le Devoir cette semaine, ils auraient vu comment Montréal a été une ville importante pour plusieurs personnages liés aux États confédérés.

    • Josée Duplessis - Abonnée 16 août 2017 08 h 15

      Comment le geste d'oter la plaque commémorative d'un supprémaciste sudiste confédéré blanc peut -il être considéré come celui de la suprétatie de droite?
      Je vous convie à lire l'article d'hier intitulé: Montréal, la sudiste du nord.
      On y apprend de bien belles choses....
      J'ose croire que c'est la honte de porter cet effigie qui a guidé ce geste que je salue.
      Et je ne suis pas suprémaciste croyez-moi.

    • Christiane Gervais - Inscrite 16 août 2017 12 h 21

      Statues, monuments, noms de rues, à force de lire le passé à la lorgnette du présent, à vouloir biffer ce qui n'est pas "correct" ou reluisant, on fait disparaître l'histoire.

      Il me semble plus crucial de savoir qui est Jefferson Davis, pourquoi on doit combattre le racisme, que d'enlever une plaque commémorative qui, en la faisant disparaître, ne fait aucune oeuvre pédagogique sauf faire plaisir à certains activistes.

  • André Tremblay - Abonné 15 août 2017 22 h 41

    Est-ce de la folie ???

    Pourquoi effacer l'histoire ? Elle est là et elle doit continuer à exister, que cela nous plaise ou non. Nous ne pouvons rien y changer.
    Après la rectitude politique, assistons-nous à la rectitude historique ?
    À ce compte, allons-nous effacer de l'histoire tout ce qui nous déplait ? Au contraire, je pense qu'il nous faut nous souvenir de ces erreurs (selon nos valeurs d'aujourd'hui) pour ne pas les répéter. Il faut accepter que ceux que ceux qui ont agi de la sorte il y a des centanes d'années l'ont fait avec les valeurs de leur èpoque.