La promenade Fleuve-Montagne critiquée

La rue McTavish a été réaménagée et pavée.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La rue McTavish a été réaménagée et pavée.

Avant même son inauguration, qui aura lieu lundi, la promenade Fleuve-Montagne, un des legs attendus du 375e anniversaire de Montréal, suscite de nombreuses critiques.

Réalisée au coût de 55 millions, un budget entièrement assumé par la Ville, la promenade Fleuve-Montage est un parcours piétonnier de 3,8 kilomètres reliant le fleuve Saint-Laurent, dans le Vieux-Montréal, au mont Royal, au nord du centre-ville.

Tout au long du trajet, les visiteurs pourront assister à des concerts de piano sur la rue place dYouville, faire des emplettes dans un marché de quartier sur la rue McGill ou encore contempler des oeuvres d’art évoquant l’histoire de Montréal, réparties tout au long de la promenade, détaille la Ville dans une note de breffage obtenue par Le Devoir.

Des activités d’animation seront également déployées jusqu’au 31 octobre et contribueront « à rendre la promenade encore plus vivante et à favoriser son appropriation par les citoyens et les touristes », indique le document.

Un parcours « banal »

Décrite par la Ville comme la « concrétisation d’un projet municipal ambitieux qui vise à créer des trajectoires de marche d’exception, d’interconnexion et d’expériences au sein des quartiers densément peuplés de Montréal », la promenade est critiquée par Projet Montréal pour son manque d’audace.

La chef de l’opposition officielle à la Ville de Montréal déplore que le résultat final soit « assez banal », compte tenu des investissements qui ont été déployés. « Avec un projet de 55 millions, on s’attendait à un parcours qui soit emblématique, qui serait suggéré dans un guide de voyage, par exemple, mais on a raté la cible », dit-elle.

« Ça confirme ce qu’on voyait venir depuis déjà quelques mois. On est loin du High Line new-yorkais qu’on nous promettait », commente pour sa part le chargé de cours en politique montréalaise à l’UQAM Florent Michelot.

Valérie Plante critique sévèrement l’aménagement de l’avenue McGill College. « On devait retrancher deux voies de circulation pour donner la place aux piétons. Les plans présentés étaient audacieux. Finalement, on n’a enlevé qu’une seule voie. C’est d’une tristesse inouïe », a-t-elle déclaré en entrevue au Devoir.

Un avis partagé par M. Michelot. « On nous a vendu un concept extraordinaire. On aura quelque chose de sympathique, mais ça nous amène à penser qu’on a tourné les coins ronds. »

La chef de Projet Montréal mentionne néanmoins la réussite de l’aménagement de la rue McTavish, près de l’entrée du mont Royal. « On sent que l’espace a été pleinement occupé, qu’on a pensé à l’expérience complète », dit-elle.

Mauvaise gestion dénoncée

Selon Valérie Plante, la promenade Fleuve-Montagne est un exemple de la « mauvaise organisation » de l’administration Coderre dans ce genre de dossier. « L’administration fait des annonces et des conférences de presse sans avoir les moyens d’avancer. Résultat : ses projets prennent du retard. On n’a qu’à penser à l’amphithéâtre Jean-Drapeau ou au recouvrement de l’autoroute Ville-Marie », mentionne-t-elle en exemple.

Le dossier a en effet connu quelques embûches. La promenade devait être prête à temps pour la date d’anniversaire de la fondation du fort de Ville-Marie, le 17 mai dernier, mais des retards dans les travaux ont entraîné deux mois de délais supplémentaires.

Le projet a également connu des dépassements de frais. À son annonce en 2015, il devait coûter 42,4 millions. Mais plusieurs des contrats d’aménagement ont été plus coûteux que prévu, ce qui a entraîné des dépassements de coût de 13 millions.

« Le résultat n’est pas à la hauteur des coûts, ça laisse poser des questions sérieuses sur la gestion des projets du 375e anniversaire de Montréal », avance M. Michelot.

La Ville de Montréal a refusé d’accorder des entrevues à ce sujet avant le dévoilement du projet, a indiqué l’attachée de presse Noémie Brière-Marquez.

1 commentaire
  • Pierre Robineault - Abonné 17 juillet 2017 10 h 37

    Résumons !

    Près de 44 millions pour que des lumières scintillent joliment sur le pont Jacques-Cartier, au bénéfice visuel principal des habitants de la Rive-sud, un petit 55 millions dans l'espoir, une fois la visite partie, que les Montréalais et autres visiteurs prennent avec plaisir l'habitude de "se promener" sur ce trajet en pente haute pour se rendre jusqu'à la dite montagne, tout en en profitant pour bien connaître les rues McGill, McTavitsh et autres semblablement représentatives du Montréal francophone depuis 375 ans ...
    Un total donc de 99 millions de dollars canadiens pour un peu d'éclairage sporadique sans toutefois pouvoir éclairer l'esprit des concepteurs de cette belle promenade en plein soleil l'été.
    Pauvre Montréal pauvre!