Les arrêts de service du métro de Montréal à la hausse

En 2016, les interruptions du service ont surtout eu lieu durant les heures de pointe.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir En 2016, les interruptions du service ont surtout eu lieu durant les heures de pointe.

Les usagers du métro de Montréal ont dû faire preuve de patience l’an dernier, contraints de passer 183 heures, soit un peu plus d’une semaine, en attente d’une reprise du service.

Ils ont subi précisément 923 arrêts imprévus de plus de 5 minutes dans l’année, selon des données obtenues par Projet Montréal. Encore lundi matin, les Montréalais ont attendu 20 minutes avant que la ligne orange, en panne, ne se remette en marche.

« C’est moins que 2015, qui a enregistré 956 pannes, mais c’est en augmentation constante depuis 2013, [où il y en a eu 895] », note le porte-parole de Projet Montréal en matière de transport, Craig Sauvé.

 

Les interruptions de service de plus d’une heure ont quant à elles presque doublé, passant de 17 en 2015 à 26 en 2016. « Les équipements sont vieillissants, Montréal doit réinvestir dans son transport en commun », affirme M. Sauvé.

 

Il rappelle que la première mesure du maire, Denis Coderre, après son élection a été de couper dans le budget de la Société de transport de Montréal (STM). Il a aussi voté contre une motion, déposée en décembre dernier par Projet Montréal, demandant l’amélioration de la résilience du métro.

Il faut toutefois nuancer ces chiffres, estime la porte-parole de la STM, Amélie Régis. Le nombre de pannes avancé par Projet Montréal est attribuable dans 50 % des cas à un « facteur humain » et non uniquement à des problèmes techniques, fait-elle remarquer. « Une personne malade, quelqu’un sur la voie, un autre qui retient les portes. Ça arrive souvent. »

Selon elle, le meilleur indicateur est le nombre de clients qui arrivent à l’heure, soit 97,5 % des utilisateurs du service. « Moins on a de pannes en heure de pointe, moins cela a d’impact sur la clientèle. » Pourtant, en 2016, les interruptions du service ont surtout eu lieu durant les heures de pointe.

Rien d’étonnant si l’on considère la saturation du transport en commun, qui influe sur la durée et le nombre d’arrêts du métro, croit M. Sauvé. Mettre davantage de bus en circulation pour offrir une autre option aux usagers serait une des solutions au problème, d’après lui.

De son côté, la Ville de Montréal a souligné que la durée totale des interruptions enregistrées en 2016 (soit 183 heures) ne représente que 0,6 % du temps de fonctionnement des quatre lignes de métro, ouvertes pendant près de 29 000 heures par année.

 

Avec Guillaume Levasseur

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