Formule E: un commerce forcé de fermer durant trois jours

Photographié avec la poissonnière Martha Laguna, le porte-parole de la Poissonnerie La Mer, Alexander Meletakos, s’insurge contre l’obligation de fermer son commerce tout au long du week-end de course de Formule E.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Photographié avec la poissonnière Martha Laguna, le porte-parole de la Poissonnerie La Mer, Alexander Meletakos, s’insurge contre l’obligation de fermer son commerce tout au long du week-end de course de Formule E.

Un casse-tête pour les voisins du tracé, la course de Formule E à Montréal s’avère un véritable « cauchemar » pour un commerce situé en bordure du circuit. La Poissonnerie La Mer a appris qu’elle devra fermer complètement ses portes durant trois jours pour cette course de voitures électriques.

Les travaux intensifs d’asphaltage sur la trajectoire prévue ont déjà bloqué à plusieurs reprises l’accès au stationnement de cette poissonnerie dans les dernières semaines.

« Nous comprenons que ces travaux, restrictions et précautions sont nécessaires à la course, qui amène beaucoup de visiteurs et qui peut avoir beaucoup de retombées économiques pour la ville », admet au Devoir son porte-parole, Alexander Meletakos.

Ce n’est cependant que la semaine dernière qu’ils ont appris que leurs clients n’auraient aucun accès à la poissonnerie durant la fin de semaine de l’événement. Le périmètre étant bouclé, seuls les détenteurs de billets pour assister à la course de Formule E pourront pousser les portes de La Mer.

Une baisse d’achalandage est aussi à prévoir durant les deux semaines précédant la compétition pour permettre l’installation de gradins et de barrières de sécurité à proximité de l’entrée du stationnement, située sur l’avenue Papineau.

Aucune compensation

M. Meletakos affirme qu’aucune compensation n’a encore été offerte par la Ville, avec qui des discussions sont pourtant menées depuis janvier. Il qualifie l’offre actuelle de « ridicule, sans consultations ni avertissement » : « On nous offre gracieusement la permission de vendre nos propres produits sur le stationnement privé qui nous appartient », expose le représentant de la poissonnerie. Ils devraient en outre octroyer la permission à des camions de nourriture de rue de s’y installer.

Si cette offre est refusée, des barricades seront placées autour de l’édifice et du stationnement. Elles en bloqueraient alors complètement l’accès, affirme Alexander Meletakos.

« Improvisation »

En plus des pertes économiques, ce commerce craint de perdre des clients, frustrés des entraves répétées. « Ce qui irrite le plus, c’est le manque de consultation et de planification par la Ville », rage-t-il au téléphone.

C’est d’ailleurs lors de la publication du tracé par evenko, organisateur de l’événement, qu’ils ont constaté que la poissonnerie se trouvait en bordure du périmètre de la Formule E.

Ce tracé initial, modifié par la suite, prévoyait l’installation de gradins sur leur stationnement, un espace privé. Surpris, ils ont d’abord été rassurés par leur premier contact avec les responsables du dossier à l’arrondissement de Ville-Marie : « On nous a assuré que le tracé n’était pas encore 100 % précis et que nous serions invités à des consultations publiques avec la Ville et les commerçants affectés pas cette course. »

La Ville de Montréal a confirmé que plusieurs rencontres ont eu lieu avec la Poissonnerie La Mer, refusant de commenter davantage.

Le Devoir rapportait la semaine dernière qu’une vingtaine d’employés de Radio-Canada devront déménager au Palais des congrès de Montréal durant la durée de l’événement. Le service de communications de la Ville avait alors répondu qu’aucun autre commerce ou entreprise riverain ne les avait « informés d’un déplacement d’activités ou de fermeture temporaire ».

Plusieurs citoyens se sont en outre plaints du bruit occasionné par les travaux préparatifs effectués 24 heures par jour, tous les jours de la semaine.

Montréal a déjà engagé 24 millions dans cette course, dont 14 millions pour la réfection du revêtement du circuit routier.

1 commentaire
  • Gilles Bonin - Inscrit 16 juin 2017 01 h 07

    Jusqu'à quand?

    Allons-nous endurer des maires mégalomanes à Montréal et dans d'autres villes? Il y a bien d'autres rues qui nécessitent un nouveau pavage.