Le système de radio du SPVM: coûteux et défaillant

Montréal avait lancé un appel d’offres en 2008 pour moderniser le système de télécommunications du Service de police de la Ville de Montréal.
Photo: Annik MH de Carufel Archives Le Devoir Montréal avait lancé un appel d’offres en 2008 pour moderniser le système de télécommunications du Service de police de la Ville de Montréal.

Non seulement le nouveau système de radiocommunication destiné aux policiers montréalais a été coûteux, mais il a connu des pannes majeures à répétition et pourrait ne pas être suffisamment performant, a constaté la vérificatrice générale de la Ville de Montréal, Michèle Galipeau, dans son rapport annuel déposé lundi au conseil municipal.

La Ville avait octroyé en 2012 des contrats pour moderniser le système de télécommunications du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). Le Service des technologies de l’information (STI) avait pu déployer la phase 1 du projet baptisé SERAM (Système évolué de radiocommunication de l’agglomération de Montréal), qui visait non seulement les policiers du SPVM, mais également les pompiers montréalais.

Hausse des coûts

Les « déficiences majeures » ont rapidement surgi, a constatéle STI : « manque de rigueur flagrant dans la gestion des risques, insatisfaction marquée des services de sécurité publique et processus de communication inefficace ».

De plus, le nouveau système a connu des ratés et des pannes majeures à répétition. Le SERAM n’avait pas la « robustesse requise pour une infrastructure de sécurité publique », avait d’ailleurs noté le STI, qui a dû mettre en place un plan de redressement.

Les mesures appliquées ont fait augmenter le coût du projet de 51,3 millions pour une facture totale qui atteint maintenant 129,2 millions, a constaté la vérificatrice générale.

Et elles ne règlent pas tous les problèmes techniques.

« Malgré les efforts du STI à satisfaire les besoins de sécurité publique qui étaient escomptés à l’origine du projet SERAM, le système qui en résultera risque, à notre avis, de ne pas répondre à des besoins significatifs de fonctionnalités et de performance, du moins sur un horizon à court ou à moyen terme », indique la vérificatrice générale, qui souligne notamment des problèmes liés à la géolocalisation en temps réel et à la pénétration du signal dans les édifices publics.

« En cas de panne et de situation d’urgence, ça met nos policiers et nos pompiers en danger. On est très vulnérables à Montréal », a déploré la chef de l’opposition, Valérie Plante. « Ce que l’on souhaite, c’est de savoir combien ça va coûter pour s’assurer qu’on est prêts en cas d’urgence et [de connaître] l’échéancier. »

Feux de circulation

Le bureau dirigé par Mme Galipeau s’est également intéressé à la mise aux normes des feux de circulation, qui était prévue dans le Plan de transport de 2008. La vérificatrice générale note que la Ville n’a pas respecté ses budgets.

En 2008, les estimations prévoyaient des investissements de 42,4 millions pour la mise aux normes de 1400 intersections comportant des feux de circulation. Mais au 23 décembre 2016, les dépenses avaient déjà atteint 65,1 millions et n’ont touché que la moitié des intersections, soit 750. Compte tenu du coût de la main-d’oeuvre, la vérificatrice générale estime qu’il faut ajouter 16 millions à la facture pour un total de 81,1 millions.

« Nous croyons qu’il est impératif que la gestion de ce programme de mise aux normes des feux de circulation fasse l’objet d’un suivi étroit par la direction générale pour s’assurer de respecter les échéanciers, les coûts prévus ainsi que les objectifs », conclut Michèle Galipeau.

L’agrile du frêne

La Ville a consacré des efforts importants à sa lutte contre l’agrile du frêne en octroyant des contrats totalisant 30 millions depuis 2013. En parallèle, Montréal a lancé un plan pour accroître la canopée montréalaise de 5 % sur un horizon de 10 ans. Ces deux initiatives pourraient engendrer des dépenses de 294 millions jusqu’en 2028, selon les prévisions de la Ville.

Mais la vérificatrice générale estime qu’il est difficile pour l’instant d’évaluer l’efficacité de la stratégie SLAM (Slow Ash Mortality) adoptée par la Ville et celle liée à l’augmentation de la canopée, car les services municipaux n’ont pas dressé de bilan ni de diagnostic formel, soutient-elle.

La plantation d’arbres a connu du retard, signale Michèle Galipeau qui reproche aussi à la Ville de ne pas avoir appliqué son règlement relatif à la lutte à l’agrile du frêne au domaine privé.

Il s’agit du premier rapport de Michèle Galipeau, qui a été nommée l’an dernier pour un mandat de sept ans. Elle commentera son rapport mardi.