Casse-tête pour les voisins du tracé de Formule E à Montréal

Berlin accueille également une course de Formule E.
Photo: Jens Büttner Agence France-Presse Berlin accueille également une course de Formule E.

La tenue de la première compétition de Formule E à Montréal s’avère être un casse-tête pour les voisins du tracé de cette course de voitures électriques. Après avoir composé avec des travaux 24 h par jour, tous les jours de la semaine, les voisins du tracé devront encore faire preuve de patience cette fin de semaine, alors que les derniers travaux d’asphaltage bloqueront complètement une partie du boulevard René-Lévesque.

De 7 h à 17 h samedi, la Ville de Montréal prévoit d’effectuer les derniers travaux sur le boulevard René-Lévesque, dans les deux directions, entre les rues Saint-Timothée et Wolfe. Cette importante entrave s’ajoute aux nombreuses fermetures prévues cette fin de semaine au centre-ville, cette fois dans le cadre du Grand Prix de Formule 1.

L’inscription de la métropole au Championnat de Formule E aura joué sur la patience des citoyens qui habitent aux abords du futur circuit.

Le parcours de la Formule E sera principalement aménagé autour des installations de la Société Radio-Canada. Le départ se fera en direction est sur le boulevard René-Lévesque Est, entre Papineau et Berri, et comprendra 14 courbes sur 2,75 km. Durant les deux jours de courses, les citoyens qui résident dans le tracé ne pourront ni sortir ni entrer dans le périmètre de la course à trois reprises, pour des périodes d’une quarantaine de minutes.

Asphaltage intensif

La venue de cette course de voitures électriques les 29 et 30 juillet a forcé la Ville à effectuer des travaux d’asphaltage dans plusieurs rues du centre-ville pour l’occasion.

« Le début du mois de mai a été pénible au niveau du sommeil. Le bruit était tellement intense qu’après deux jours, nous sommes allés dormir chez mes parents à Terrebonne », raconte Francis Hébert, qui habite dans un condo situé sur le boulevard René-Lévesque.

Exaspéré par le « bruit infernal », M. Hébert a publié sur les réseaux sociaux une vidéo où on entend notamment les sirènes des camions qui font les travaux dans la rue en pleine nuit.

Montréal explique avoir opté pour certains travaux de nuit pour minimiser les nuisances dans ce secteur où la circulation est dense pendant le jour. Elle compare le bruit occasionné par les chantiers à une « opération de déneigement ».

« Nous sommes conscients des désagréments que ces travaux peuvent occasionner. Nous avons limité le type d’intervention pouvant se faire la nuit pour empêcher des niveaux sonores élevés. Le bruit qui est entendu la nuit s’apparente à [celui d’]une opération déneigement », indique Anik De Repentigny, chargée de communications à la Ville de Montréal.

La Ville dit avoir reçu au total 18 plaintes relatives au bruit « émanant de 12 personnes différentes ». Elle souligne que plus de 1000 personnes habitent ou travaillent dans le secteur enclavé par le circuit.

L’administration municipale indique également que ces travaux auraient été nécessaires « avec ou sans » la tenue de l’événement.

« Ce sont des travaux qui étaient prévus dans les prochaines années, mais qui ont été devancés en prévision de la tenue de la Formule E », mentionne-t-elle.

En avril dernier, la Ville avait annoncé un investissement de 24 millions de dollars pour des travaux routiers et l’achat d’équipement qui servira pour les trois premières années de la course.

« Hôtes » de l’événement

Après cette fin de semaine, le répit pour les voisins du circuit sera de courte durée, puisque la tenue de l’événement en juillet les rendra parfois prisonniers de leur résidence.

Puisqu’ils sont « pratiquement hôtes » de l’événement, Montréal offrira une paire de billets aux résidents d’environ 1500 adresses comprises dans le tracé. Sur le site d’Evenko, promoteur de l’événement, les billets se vendent entre 45 $ et 131,50 $ par jour. Au moment d’écrire ces lignes, il n’avait pas été possible de savoir le nombre de billets vendus jusqu’à présent.

Les résidents du secteur ne seront pas les seuls à être enclavés lors de la compétition. La Société Radio-Canada devra déménager une vingtaine de ses employés au Palais des congrès de Montréal, principalement des journalistes, puisque l’accès au site sera perturbé.

« On parle de reporters affectés à la couverture de nouvelles et de caméramans qui doivent souvent aller sur le terrain. Alors pour faciliter les déplacements, ils seront installés là-bas durant trois jours », mentionne Marc Pichette, directeur des relations publiques de Radio-Canada.

Les autres employés de la tour brune pourront accéder aux bureaux grâce à des passerelles. « Toutes les mesures ont été prises pour assurer l’accès à la tour, alors les activités de Radio-Canada ne seront pas perturbées », assure M. Pichette.

Le coût du déplacement des employés de la société d’État est inclus dans une entente entre la Ville et Radio-Canada, dont il n’a pas été possible d’obtenir les modalités.

 
Stationnement de remplacement 

La Ville louera également 1400 espaces de stationnement de remplacement pour les citoyens et travailleurs dont les places seront inaccessibles durant l’événement et la préparation du circuit. Selon des documents consultés par Le Devoir, Montréal a déjà dépensé 71 360 $ avant taxes pour la location de dizaines de places dans les stationnements de la Grande Bibliothèque, de l’hôpital Notre-Dame, du siège social de la Société des alcools du Québec ainsi qu’à la Gare d’autocars de Montréal. Une navette sera disponible à partir de certains stationnements pour les employés de Radio-Canada.

La tenue de la Formule E force également l’hôpital Saint-Luc, situé à l’intersection de la rue Saint-Denis et du boulevard René-Lévesque, à mettre des mesures en place pour assurer aux patients et à ambulances l’accès à l’établissement.

« L’entrée des ambulances et l’entrée principale de l’hôpital resteront ouvertes en tout temps. Nous en faisons une priorité lors de tout événement public se déroulant à proximité des hôpitaux du CHUM, par exemple le Tour de l’île ou le Défilé de la fierté », explique Joëlle Lachapelle, porte-parole du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM).

1 commentaire
  • Guy Beaubien - Inscrit 11 juin 2017 09 h 48

    Trois Rivières

    il fallait faire le GP à Trois-Rivières