Grand Prix du Canada: une étude pour documenter la traite des femmes

Année après année, des organismes dénoncent le bond de l’exploitation sexuelle durant le Grand Prix de Formule 1.
Photo: Alexander Klein Agence France-Presse Année après année, des organismes dénoncent le bond de l’exploitation sexuelle durant le Grand Prix de Formule 1.

Montréal commande une étude auprès du Conseil des Montréalaises afin d’évaluer l’existence et l’ampleur de la traite des femmes et des filles durant le Grand Prix de Formule 1. Le maire Denis Coderre et la présidente de ce Conseil, Cathy Wong, en ont fait l’annonce vendredi matin.

Année après année, des organismes dénoncent le bond de l’exploitation sexuelle durant cette fin de semaine de juin. M. Coderre se disant préoccupé, une étude sur une période de trois ans devra « accumuler le maximum de données et d’observations possible ».

La participation de l’Agence des services frontaliers, du Service de police de la Ville de Montréal et de la Gendarmerie royale du Canada doit faciliter cette compilation.

L’organe consultatif chapeauté par Mme Wong a également annoncé d’emblée vouloir travailler avec les organismes qui s’occupent déjà de la traite des femmes.

Parmi ceux-ci, la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) salue cette décision du maire Denis Coderre. « On pourra certainement profiter de ces données plus quantitatives, même si on compte déjà de nombreux témoignages de femmes qui arrivent à la CLES en nous confirmant que c’est l’enfer, ce week-end », a indiqué au Devoir sa porte-parole, Martine B. Côté.

Le Grand Prix fait de Montréal une plaque tournante du tourisme sexuel, dénonce l’organisme en manifestant depuis plusieurs années en marge de l’événement.

Le recrutement de jeunes femmes a déjà commencé à s’intensifier, note Mme B. Côté, citant une annonce « douteuse » où un salaire hebdomadaire de 3000 $ est promis pour un emploi de barmaid.