Pavillon Mordecai-Richler: le BIG attribue l’explosion des coûts à un manque de rigueur

En 2011, l’ex-maire Gérald Tremblay avait annoncé que le pavillon défraîchi situé au pied du mont Royal serait rénové et renommé en l’honneur de Mordecai Richler.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir En 2011, l’ex-maire Gérald Tremblay avait annoncé que le pavillon défraîchi situé au pied du mont Royal serait rénové et renommé en l’honneur de Mordecai Richler.

Montréal a manqué de rigueur dans la gestion de fonds publics avec le dossier du pavillon Mordecai-Richler, dont les coûts de rénovation ont explosé pour atteindre 720 000 $, estime le Bureau de l’inspecteur général (BIG) dans son rapport annuel.

Le BIG a enquêté sur ce projet qui a mis cinq ans à se réaliser. En 2011, l’ex-maire Gérald Tremblay avait annoncé que le pavillon défraîchi situé au pied du mont Royal serait rénové et renommé en l’honneur de Mordecai Richler. Les rénovations devaient coûter 378 000 $ et se terminer en 2012.

Les travaux ne se sont pas déroulés comme prévu. Me Denis Gallant attribue les problèmes et l’augmentation des coûts à une « gestion discutable du projet par le Service des grands parcs »et à un manque de connaissances en rénovation patrimoniale.

En cours d’exécution des travaux, du plomb a été découvert dans la charpente et, sans sonder le marché, la Ville a donné un mandat de 85 000 $ à l’entrepreneur pour la décontamination. Cette opération a mis au jour une importante détérioration du toit. Celui-ci fut alors démoli sans l’autorisation du ministère de la Culture, a-t-il souligné.

« C’est un pavillon de parc, pas une centrale thermonucléaire », a commenté le conseiller de l’opposition François Limoges lors de l’assemblée du conseil municipal mardi. « Cette saga a entaché l’hommage qu’on voulait rendre à Mordecai Richler. »

Denis Coderre a convenu que ce dossier n’avait pas été géré avec rigueur : « Ce n’est pas le plus beau dossier, on s’entend. Je n’étais pas content moi non plus. »

Le maire a toutefois signalé que la rénovation du pavillon du parc Molson avait été fort coûteuse aussi.

« On ne parle pas du tout de la même chose », a rétorqué le maire de Rosemont–La Petite-Patrie, François Croteau. La restauration du pavillon du parc Molson, qui date de 1929, a coûté 527 000 $, mais ses fondations sont en béton et il est doté d’une chambre électrique pour les spectacles, a-t-il expliqué.

François Croteau reconnaît que, pour les citoyens, les coûts de telles rénovations peuvent paraître élevés. « Dans le secteur public, l’encadrement et les normes qu’on doit respecter font exploser les coûts », a-t-il dit.

5 commentaires
  • Robert Beauchamp - Abonné 26 avril 2017 05 h 42

    Les coûts?

    Si les coûts explosent M. Croteau c'est parce que ça été mal évalué. Raffinez vos arguments. Également on aurait pu choisir un autre nom plus consensuel que Mordicai
    Richler, que voilà donc un choix politique.

  • Bernard Terreault - Abonné 26 avril 2017 08 h 32

    Quand on pense

    qu'une confortable grosse maison de 3 ou 4 chambres à coucher dans un beau quartier coûte mois d'un demi million terrain compris, ce gazebo ouvert à tous vents semble bien cher.

  • Lise Bélanger - Abonnée 26 avril 2017 10 h 26

    Honorer un écrivain qui déteste et a toujours humilié les québécois et les montréalais francophones, parce qu'il se détestait lui-même en l'occurence, cela tient du masochisme, de l'aplat-ventrisme.

    Si sa communauté et les canadiens veulent honorer son talent, qu'ils le fassent au Canada.

    • Nicole D. Sévigny - Abonnée 27 avril 2017 09 h 28

      C'est l'évidence même...et dire que nos "bonzes", de l'époque du maire Tremblay, se sont mis à genoux pour lui élever un monument! En plein délire de masochisme.

  • Serge Picard - Abonné 26 avril 2017 13 h 21

    Propos raciste de Mordecai-Richler envers les Québécois

    C'est lui qui a représenté l'Office de la langue française comme une Gestapo lançant des brigades pour vérifier que l'on soit linguistiquement pur. C'est lui qui a raillé la revanche des berceaux. À son avis cette mesure de survivance avait transformé nos femmes en truie.»