La facture des rénovations grimpe à 52 millions

En 2014, Montréal s’était engagé à procéder à d’importants travaux au circuit Gilles-Villeneuve afin de moderniser les infrastructures selon les instructions de la FIA.
Photo: Mathias Kniepeiss Getty Images/Agence France-Presse En 2014, Montréal s’était engagé à procéder à d’importants travaux au circuit Gilles-Villeneuve afin de moderniser les infrastructures selon les instructions de la FIA.

Les coûts de réfection des infrastructures au circuit Gilles-Villeneuve pour le Grand Prix de Formule 1 viennent de grimper de 4 millions supplémentaires en raison de modifications demandées par la Fédération internationale de l’automobile (FIA).

Avec l’octroi d’un contrat sans appel d’offres au promoteur de l’événement, la facture des travaux liés à la modernisation des paddocks atteint maintenant 52 millions pour les contribuables.

En vertu d’une entente conclue en 2014 afin de présenter le Grand Prix jusqu’en 2024, Montréal s’était engagé à procéder à d’importants travaux pour mettre aux normes le circuit Gilles-Villeneuve selon les instructions de la FIA.

À l’origine, le coût des nouveaux paddocks était estimé à 30 millions. En décembre dernier, la Ville de Montréal a toutefois confirmé une augmentation de la facture de 18 millions pour un total de 48 millions. L’échéancier des travaux a aussi été reporté à 2019. La Ville affirmait alors que Québec assumerait ce dépassement de coûts.

Modifications demandées

En prévision de la tenue de la course qui aura lieu du 9 au 11 juin prochains, la FIA a exigé de la Société du parc Jean-Drapeau (SPJD) de nouvelles modifications aux installations.

Comme le temps presse, la Ville dit ne pas avoir le temps de procéder par appel d’offres pour effectuer les travaux requis. Elle a donc demandé au ministère des Affaires municipales l’autorisation d’octroyer un contrat de gré à gré au promoteur de l’événement, Groupe de course Octane, pour le montage et le démontage de la « zone hospitalité » destinée aux pilotes ainsi que pour la mise aux normes d’éléments de sécurité du circuit.

Dans une lettre adressée au sous-ministre Marc Croteau le 31 janvier dernier, le directeur général de la Ville, Alain Marcoux, souligne que la valeur du contrat est évaluée à 3,1 millions et que les modifications sont requises dans un délai serré « qui ne permet pas de respecter les dispositions de la Loi sur les cités et villes pour l’octroi des contrats ».

L’expérience d’Octane

Dans sa missive, M. Marcoux explique aussi qu’Octane est la mieux placée pour effectuer ces travaux, car elle « possède l’expérience et la compétence pour avoir été la seule depuis les dix dernières années à avoir fait ce genre de travaux ».

La FIA a depuis demandé d’autres modifications et le contrat à Octane atteint maintenant 4 millions.

Au cabinet du maire Coderre, on indique que les modifications exigées par la FIA sont nécessaires pour assurer la sécurité des pilotes et de leurs équipes dans la zone hospitalité qui se trouve derrière les paddocks. Elles sont attribuables aux changements de poids et de grosseur des voitures, précise-t-on.

La Ville espère que Québec paiera sa part, soit 18 millions. Les négociations se poursuivent.

Rappelons qu’Ottawa, Québec et Montréal versent déjà 18,7 millions annuellement aux propriétaires de Formula One Management pour la présentation du Grand Prix jusqu’en 2024.

L’opposition à l’Hôtel de Ville dénonce cette nouvelle hausse de dépenses pour le Grand Prix.

« La surenchère de dépenses pour la F1 est directement liée à l’empressement de Denis Coderre de signer un chèque en blanc aux milliardaires de cette industrie », a commenté le conseiller de Projet Montréal Alain Vaillancourt. « La question qu’on va devoir se poser est de savoir jusqu’où les contribuables montréalais et les Québécois sont prêts à aller dans ce puits sans fond. »

3 commentaires
  • Robert Beauchamp - Abonné 21 avril 2017 20 h 00

    Le fric

    Le fric pour du pain et des jeux ça ne manque pas. Toujours les mêmes arguments: la réputation de Montréal, la création d'emplois, les soumissions sans appel d'offre pour répondre à l'urgence. Tout ça c'est du déjà entendu. Parlez-en aux experts des Commandites.

  • André Tremblay - Abonné 21 avril 2017 22 h 27

    Du grand guignol...

    Le seul qui rit dans sa barbe, c'est le promoteur du grand prix qui a réussi à enfariner Coderre. "Je viens chez-vous et tu paies".
    Merci Denis.

  • Stephens De Carufel - Inscrit 22 avril 2017 08 h 07

    Taxe

    Taxe le bruit sonnore et le tour est jouer. $$$