Montréal reçoit une aide de 83 millions d’Ottawa et de Québec

Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, le ministre québécois des Affaires municipales et ministre responsable de la région de Montréal, Martin Coiteux, ainsi que le maire de Montréal, Denis Coderre
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, le ministre québécois des Affaires municipales et ministre responsable de la région de Montréal, Martin Coiteux, ainsi que le maire de Montréal, Denis Coderre

Ottawa et Québec verseront 83 millions de dollars à la Ville de Montréal pour l’aider à retaper son réseau d’aqueducs et d’égouts. Toujours aux prises avec des fuites équivalant à 30 % de son eau potable, Montréal compte réhabiliter 300 conduites avec ces nouveaux investissements.

En octobre dernier, l’administration Coderre avait annoncé l’intention de la Ville de doubler la cadence des travaux pour remettre en état son réseau souterrain. La Ville avait évalué qu’une part de 22 % de ses égouts était dans un état de délabrement avancé et que 13 % de son réseau d’aqueducs nécessitait des travaux urgents.

Accompagné du ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, et du ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, le maire Denis Coderre a indiqué mardi que le financement de 50,8 millions du gouvernement fédéral et de 33,5 millions de Québec servira à réparer 300 tronçons de conduites, pour des investissements totaux de 99 millions. La Ville assumera la différence, soit 16 millions.

Un programme trop populaire

Ces investissements sont accordés dans le cadre du Fonds pour l’eau potable et le traitement des eaux usées (FEPTEU) destiné aux municipalités. Financé par Ottawa et Québec, ce programme comporte une enveloppe de 664 millions jusqu’en 2018.

Le ministère des Affaires municipales a toutefois dû suspendre le traitement des nouvelles demandes en raison de la popularité du programme. Le ministre Martin Coiteux a indiqué que Québec était en pourparlers avec Ottawa afin de voir si un nouveau volet peut être envisagé. « La popularité du programme a été impressionnante. La demande est suffisamment grande pour qu’on soit en train de discuter de ces questions », a-t-il dit.

De son côté, le ministre Garneau a rappelé que la phase 1 du FEPTEU, pour lequel plus de 146 projets ont été approuvés au Québec à ce jour, visait la réhabilitation d’infrastructures existantes, ce qui n’est pas le cas de la phase 2 prévue dans le dernier budget fédéral. « La phase 2 vise les nouveaux projets d’infrastructures, mais on va examiner la situation à mesure qu’on avance », a-t-il dit.

Objectifs ratés

Malgré le nombre de ses chantiers, Montréal perd environ 30 % de son eau potable en raison des fuites dans son réseau d’aqueducs. La Stratégie québécoise d’économie d’eau potable (SQEEP) du ministère des Affaires municipales indiquait que les municipalités ne devaient pas dépasser un taux de perte de 20 % au 1er avril 2017, faute de quoi elles devraient introduire une tarification. Le maire Coderre a balayé cette possibilité en rappelant que les Montréalais payent déjà une taxe d’eau.