La déconstruction du pont Champlain évaluée à 400 millions

La déconstruction du vieux pont Champlain devrait prendre environ trois ans et se terminer en 2022.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La déconstruction du vieux pont Champlain devrait prendre environ trois ans et se terminer en 2022.

Une fois le nouveau pont Champlain inauguré, vers la fin 2018, il faudra démolir l’ancien, et cette deuxième phase du mégachantier montréalais pourrait à elle seule coûter 400 millions. La construction comme telle est évaluée à 4,24 milliards.

La faisabilité de la déconstruction et les ressources nécessaires pour la mener à bien font l’objet d’une étude d’avant-projet dévoilée en conférence de presse mercredi matin par Les Ponts Jacques-Cartier et Champlain incorporée (PJCCI). La société fédérale gère les ouvrages majeurs en cours de réalisation sur les deux structures et dans leurs alentours.

Le maintien en vie utile du pont Champlain coûtera encore environ 124 millions cette année. Les interventions structurelles se poursuivent aussi sur le pont Jacques-Cartier. Elles débuteront ce printemps dans le secteur Longueuil et d’autres phases de renforcement de la charpente se poursuivront jusqu’en 2019.

Dans un cas comme dans l’autre, les travaux majeurs de 2017 auront peu d’impacts sur la circulation, assurent les gestionnaires de la Société de la couronne. Les blitz de travaux nécessiteront tout de même une fermeture complète du pont Champlain en direction Rive-Sud les 20 et 21 mai, puis en direction Montréal les 27 et 28 mai. Le pont Jacques-Cartier sera complètement fermé les nuits du 7 et du 9 avril.

« Le gros des blitz de fermeture est derrière nous, dit au Devoir François Demers, directeur principal du projet Champlain pour PJCCI. Mais le pont Champlain est une structure en fin de vie utile. Nous l’inspectons régulièrement. Il peut survenir des surprises nécessitant des interventions urgentes. »

La faiblesse des entraves sur le réseau routier s’explique en bonne partie par le choix d’intervenir sur les structures à partir du fleuve et des berges. La déconstruction ne devrait pas non plus avoir beaucoup d’impact sur la circulation, sauf pour quelques fins de semaine nécessaires à la démolition des structures en tête de pont.

Il faudra prévoir un chantier de déconstruction d’environ trois ans, ce qui mène vers 2022 pour la fin des réaménagements pharaoniques dans ce secteur.

« Nous, nous nous enlignons pour commencer nos travaux en 2019, mais on s’ajustera au chantier du nouveau pont, explique encore M. Demers. Si le nouveau pont est mis en servicecomme prévu le 1er décembre 2018, nousdevrionsavoirachevé la déconstructionavant2022. Je ne dis pas que ce sera le cas. Je fais l’hypothèse que nous serons prêts à commencer cette phase de déconstruction en 2019. »


L’art de déconstruire

Voici les éléments essentiels du projet de déconstruction du vieux pont Champlain :

Étude. La faisabilité est étudiée par la firme Parsons, Tetra Tech et Amec Fosùter Wheeler (PTA). Elle tient compte des impacts possibles des méthodes privilégiées du point de vue technique et économique, mais aussi des conséquences sur l’environnement et le milieu social.

Méthode. Le moyen privilégié implique le délançage (l’envers du fait de lancer) des éléments structuraux en béton ; des scies et des grues pour retirer les éléments en acier et les piliers ; et puis l’explosion sous-marine contrôlée des semelles restantes sur le lit du fleuve.

Recyclage. Le projet prévoit le maintien dans les environs du pont d’environ 15 % des matériaux récupérés. Les poutres d’acier ou les dalles de béton pourront par exemple servir à aménager des haltes routières, des parcours artistiques et historiques ou des quais multifonctionnels, voire des plages. Le reste des matériaux sera recyclé au plus près.

Consultation. Tous ces aspects seront discutés publiquement lors de séances d’informations publiques, assure PJCCI.
3 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 5 avril 2017 12 h 29

    Pourquoi ?

    Pourquoi pas en faire une superpiste pédestre et cyclable ?

  • Colette Pagé - Inscrite 5 avril 2017 15 h 10

    Planification déficiente !

    Voilà le résultat d'un manque de planification.

    L'on ajoutera 100 Millions pour sécuriser le pont avant d'en dépenser 400 Millions pour le démolir. Cherchez l'erreur !

  • Johanne Archambault - Abonnée 6 avril 2017 09 h 06

    Déconstruction !!!

    J'aime bien! Démolition, c'est ordinaire, avec un côté brutal. Là, on sent une majesté, un savoir-faire, une valeur technique probable -- recyclage, propreté...