Projet Montréal craint l’abolition de la Commission de la sécurité publique

La chef de l’opposition à l’Hôtel de Ville de Montréal, Valérie Plante
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir La chef de l’opposition à l’Hôtel de Ville de Montréal, Valérie Plante

Projet Montréal craint que le projet de loi sur la métropole mène à la disparition de la Commission de la sécurité publique au moment où le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) est plongé dans une crise. Mais l’administration Coderre assure qu’il n’est pas question de l’abolir, mais plutôt de laisser plus d’autonomie aux élus montréalais pour décider de son rôle.

Le projet de loi 121 prévoit l’abrogation de trois articles de la Charte de Montréal, éliminant ainsi l’obligation pour la Ville de consulter cette instance sur les questions touchant les orientations du service de police, ses effectifs et les normes d’embauche.

Jeudi, devant la commission parlementaire qui étudie le projet de loi, la chef de l’opposition à l’Hôtel de Ville de Montréal, Valérie Plante, a évoqué la disparition possible de cette commission. « Enlever la Commission de la sécurité publique est un non-sens », a indiqué Mme Plante.

« On s’explique très mal, surtout avec ce qu’on vit actuellement, qu’on soit prêt à se débarrasser de ce mécanisme de contrôle. On pense que c’est dangereux et que ça pourrait mener à un dérapage. »

Il faudrait au contraire accroître la transparence de cette commission composée d’élus, a-t-elle fait valoir : « On est la seule ville au Canada qui tient ses rencontres à huis clos. » 

Quatre organismes

Le parti d’opposition craint aussi que la loi sur la métropole entraîne l’abolition du Conseil du patrimoine de Montréal. Rappelons que le projet de loi accorde à Montréal le droit de dissoudre quatre organismes, soit le Conseil du patrimoine, le Conseil interculturel de Montréal, le Conseil des Montréalaises et le Conseil jeunesse de Montréal.

L’administration Coderre a récemment confirmé le maintien de trois de ces commissions, mais ne s’est pas prononcée sur l’avenir du Conseil du patrimoine.

Au cabinet du maire Coderre, on affirme que l’administration n’a aucune intention d’abolir la Commission de la sécurité publique, même si le conseil municipal ne sera plus tenu d’obtenir son avis pour prendre des décisions. Quant au Conseil du patrimoine, il sera maintenu et pourrait même gagner en importance, soutient Catherine Maurice, directrice des communications au cabinet du maire.

« Ça va dans la même optique d’autonomie. Les élus montréalais au conseil municipal sont imputables devant les Montréalais et sont compétents pour établir les paramètres de leurs conseils consultatifs et leurs commissions. »