Montréal exproprie le parc des Gorilles

En colère à la suite du déboisement effectué par Olymbec en 2013, les résidants de ce quartier de Rosemont s'étaient approprié l'espace désormais recouvert de gravier.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir En colère à la suite du déboisement effectué par Olymbec en 2013, les résidants de ce quartier de Rosemont s'étaient approprié l'espace désormais recouvert de gravier.

Après avoir tenté en vain d’acquérir par la voie de la négociation le parc des Gorilles, dans Rosemont–La Petite-Patrie, Montréal procédera à l’expropriation du terrain pour le transformer en espace vert.

Des citoyens militent depuis des années pour que le terrain vague situé à l’angle des rues Beaubien et Saint-Urbain soit aménagé en parc. Leur rêve est en train de se concrétiser.

La Ville a confirmé son intention d’entreprendre les procédures d’expropriation et a fait une provision de 5,4 millions afin de couvrir les frais d’acquisition et de mise en valeur du site. Les élus de l’arrondissement de Rosemont–La Petite-Patrie comptaient entériner le décret d’expropriation lundi soir.

Ce dénouement clôt une saga qui remonte à 2013. Cette année-là, le Canadien Pacifique (CP) avait vendu le terrain — une ancienne emprise du chemin de fer — au promoteur Olymbec, qui, sans permis, avait abattu la cinquantaine d’arbres qui s’y trouvaient. Un constat d’infraction de 500 $ avait alors été remis au propriétaire.

L’arrondissement avait alors imposé une réserve foncière dans le but d’acheter le terrain.

En colère à la suite du déboisement effectué par Olymbec, les résidants du secteur s’étaient approprié l’espace désormais recouvert de gravelle. En 2015, ils avaient même installé des bacs à fleurs pour égayer l’endroit, mais Olymbec, par la voix de ses avocats, les avait sommés de les retirer.

« Nous avons tenté d’acquérir le terrain par des négociations de gré à gré, ce qui n’a pas fonctionné. Alors, nous avons décidé d’aller avec l’expropriation. On respecte ainsi le Plan de développement urbain, économique et social (PDUES) qui avait été adopté par le conseil municipal et on répond à une volonté locale », a expliqué au Devoir le responsable de l’urbanisme au comité exécutif, Russell Copeman.

Rappelons que le PDUES entériné par les élus en 2013 prévoyait la création d’un parc à cet endroit.

De rares espaces verts

« Ça fait quatre ans qu’on travaille sur le dossier », relate le maire de l’arrondissement Rosemont–La Petite-Patrie, François Croteau. « Ce n’est pas un luxe. C’est vraiment une nécessité. Dans ce secteur, à l’ouest du boulevard Saint-Laurent, il n’y a aucun parc. »

L’arrondissement entend s’inspirer du projet du Champ des possibles, dans le Plateau-Mont-Royal, pour conclure une entente de cogestion et élaborer le projet de réaménagement du parc avec les citoyens du secteur qui ont déjà créé un organisme sans but lucratif : les Amis du parc des Gorilles.

« On veut dessiner le parc avec les citoyens, pour les citoyens, pour qu’ils nous disent leurs besoins. Et par la suite, on veut leur léguer l’entretien, comme c’est le cas du Champ des possibles », ajoute M. Croteau.

Le nouveau parc aura une superficie de 6857 mètres carrés.

Le prix de la transaction sera déterminé par un juge administratif après qu’il eut entendu les deux parties.

1 commentaire
  • Jean Richard - Abonné 14 mars 2017 12 h 24

    Bonne idée mais un oubli juste en face

    Peu de gens pourraient s'objecter à la conversion d'un stérile terrain vague en parc urbain. Il y a pourtant, à quelques mètres du parc des Gorilles, un important sentier cyclable, celui du chemin des Carrières, qui se termine en queue de poisson ou pire, en piège à cyclistes.

    Le sentier cyclable (qui est en même temps un sentier de marche) se termine sur le trottoir de la rue Beaubien, sans la moindre indication signalant sa présence. Pour compliquer les choses, l'américaine Home Depot, non contente d'avoir déjà deux sorties de stationnement donnant sur Beaubien, en a ajouté une troisième, de style sortie d'autoroute à haute vitesse, et surtout sans le moindre trottoir pour les clients qui se rendraient à pieds à ce commerce. Cette sortie haute-vitesse est à un mètre de la sortie du sentier des Carrières.

    La Ville aurait sûrement le pouvoir de convaincre Home Depot de fermer cette sortie dangereuse ou du moins, de la limiter aux camions de livraison. Par la suite, il suffirait de doubler le feu de circulation de la rue Clark pour que les piétons et cyclistes puissent rejoindre la rue Saint-Urbain en sécurité, ce qui n'est pas le cas actuellement.