L’administration Coderre se défend d’abattre «massivement» des frênes

À Montréal, certaines rues ont été dégarnies à cause de l’agrile du frêne, un insecte ravageur d’origine asiatique.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir À Montréal, certaines rues ont été dégarnies à cause de l’agrile du frêne, un insecte ravageur d’origine asiatique.

Même si près du tiers des frênes des secteurs aménagés du parc Jean-Drapeau devront être abattus en raison des ravages de l’agrile, il ne faut pas s’en inquiéter, estime Réal Ménard, responsable du dossier des grands parcs au sein de l’administration Coderre.

« Ce n’est pas de l’abattage massif. C’est de l’abattage planifié sur deux ans », a expliqué mardi M. Ménard.

Selon les données fournies par la Ville, 292 frênes seront coupés au parc Jean-Drapeau en 2016 et 2017. Mais un nombre presque égal d’arbres seront plantés pour les remplacer, soit 286, a tenu à préciser M. Ménard.

L’impact sur le paysage sera minime car les espaces aménagés du parc Jean-Drapeau, qui comprend les îles Sainte-Hélène et Notre-Dame, comptent 1000 frênes, a-t-il dit : « Ce n’est pas l’essence dominante. »

Dans le parc du Mont-Royal, 61 frênes devront être abattus. M. Ménard n’a pas été en mesure de fournir de faire le portrait de la situation pour l’ensemble du territoire montréalais, mais il soutient que le bilan qui sera présenté le mois prochain sera encourageant.

Entre 2013 et 2017, les ressources consacrées à la foresterie urbaine et à la lutte contre l’agrile du frêne sont passées de 3 à 20 millions par année, a-t-il rappelé. Depuis l’apparition de l’agrile en 2011, plus de 13 000 frênes ont été abattus à Montréal. Au cours des deux dernières années, quelque 37 000 arbres ont été traités au biopesticide TreeAzin.

« On est dans une situation où il va y avoir, dans les prochaines années, des milliers et des milliers d’arbres qui vont être plantés à Montréal. Il n’y aura jamais eu de ressources aussi considérables. Et on va avoir un bilan plus positif en 2017 qu’en 2016 », a assuré Réal Ménard qui réitère que Montréal est en voie de « gagner la guerre » contre l’agrile.

Trop peu trop tard ?

L’opposition à l’hôtel de ville n’est pas aussi optimiste. La chef de Projet Montréal, Valérie Plante, estime que la Ville a trop tardé avant d’agir : « On l’entend depuis longtemps qu’il n’y a pas de problème. Ça fait depuis 2014 que Projet Montréal sonne l’alarme. On voit le résultat aujourd’hui : on agit trop peu trop tard. On aurait dû investir davantage d’argent pour faire de la prévention et on en vit les conséquences maintenant. »

À Montréal, certaines rues ont été dégarnies à cause de l’agrile du frêne, un insecte ravageur d’origine asiatique, et les citoyens en subissent les conséquences, notamment en ce qui a trait à la qualité de vie et à la lutte aux îlots de chaleur, déplore Mme Plante : « La Ville n’a pas perdu son combat, mais elle aurait pu faire beaucoup mieux. »