Un réseau cyclable accessible à l’année dès l’an prochain à Montréal

À l’heure actuelle, le réseau quatre saisons s’étire sur 432 km.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir À l’heure actuelle, le réseau quatre saisons s’étire sur 432 km.

La Ville de Montréal a dans ses cartons un plan pour rendre accessible, dès l’an prochain, l’ensemble de son réseau cyclable l’hiver. Pour y arriver, elle devra toutefois travailler en étroite collaboration avec les arrondissements et villes liées, ces dernières étant responsables de l’entretien du réseau sur le terrain, ce qui n’est pas nécessairement gagné d’avance. À terme, si tout se passe bien, cela pourrait représenter un ajout de plus de 300 km de pistes et bandes cyclables.

À l’heure actuelle, le réseau quatre saisons s’étire sur 432 km. À titre de comparaison, le réseau régulier, lui, en compte 788. Sur ce nombre, ce sont donc encore plus de 350 km qui disparaissent chaque année le 15 novembre, une fois la saison cyclable officielle terminée, pour rouvrir le 1er avril suivant. Sur le terrain, la fermeture de ces tronçons entraîne une perte d’espace pour les cyclistes, les voitures pouvant dès lors se stationner à nouveau en bordure de trottoir.

Décriée depuis de nombreuses années par la communauté cycliste, cette réalité « saisonnière » disparaîtrait à compter de l’hiver 2017-2018. C’est du moins ce qu’ont fait savoir de hauts fonctionnaires du Service des infrastructures, de la voirie et des transports et du Bureau des transports actifs de la Ville de Montréal lors d’un atelier offert jeudi dans le cadre de la cinquième édition du Congrès vélo d’hiver, organisé par Vélo Québec. Dans le cadre d’une présentation sur l’évolution et le maintien du réseau quatre saisons dans la métropole, ces employés de la Ville ont indiqué que l’administration visait une intégration complète de son réseau régulier à son réseau hivernal.

Cela ne veut toutefois pas dire que ces pistes seront toutes déneigées, souligne Marc-André Gadoury, responsable des dossiers vélo au sein de l’administration Coderre. « Il y a une nuance à faire entre l’ouverture du réseau — et donc la fin de cette “saison cyclable” — et l’entretien de celui-ci », précise-t-il. Selon lui, cette fermeture saisonnière ne concernerait plus que 15 km sur l’ensemble du territoire montréalais.

Ressources insuffisantes

Interrogée à la sortie de l’atelier en question, la porte-parole en matière de transports pour Projet Montréal, Marianne Giguère, s’est dite étonnée de cette annonce. « C’est la première fois qu’on entend parler de façon aussi claire de cette intention d’inclure tout le réseau cyclable régulier dans le réseau quatre saisons », a-t-elle indiqué en entrevue avec Le Devoir. Elle souligne que, pour livrer la marchandise demandée, les arrondissements, qui sont responsables de l’entretien du réseau, auront besoin de davantage de ressources, tant financières qu’humaines et mécaniques.

Même son de cloche du côté du Service de la voirie de l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, où on indique que, sans budget supplémentaire, il sera difficile pour les administrations locales de se plier aux nouvelles exigences de la ville centre.


Un lien avec la Rive-Sud

Un projet-pilote devrait permettre aux cyclistes hivernaux de la Rive-Sud montréalaise d’emprunter la piste cyclable du pont Jacques-Cartier à compter de l’hiver 2018, a annoncé jeudi la Société des ponts Jacques-Cartier et Champlain. Si tout se passe bien, cette dernière devrait procéder à des travaux d’ingénierie l’hiver prochain pour solidifier la structure. L’entretien de la piste devrait débuter l’année suivante. À l’heure actuelle, l’organisation fédérale ferme la piste une fois la première bordée de neige au sol, et ce, malgré les demandes répétées au cours des dernières années des cyclistes pour un entretien quatre saisons.
2 commentaires
  • Maxime Parisotto - Inscrit 10 février 2017 07 h 11

    Je marchais sur un trottoir adjacent à une voie cyclable...disons que je pense comprendre d'ou vient le financement du déneigement des voies cyclables: on arrête de déneiger les trottoirs.

    C'est pas mal systématique selon moi.

    • Jean Richard - Abonné 10 février 2017 10 h 02

      La vélophobie semble entraîner des troubles de la vision.

      Mercredi dernier, les trottoirs de Rosemont-Petite-Patrie étaient quasi impraticables tant ils étaient couverts de glace, mais les bandes cyclables n'étaient pas mieux – en certains endroits, elles étaient même pires. Au sud de la voie ferrée, les trottoirs étaient beaux, mais pas les bandes cyclables, qui servent de déversoirs à neige.

      Le centre de la chaussée par contre était impeccable des deux côtés. Donc, on ne sacrifie pas les trottoirs pour les voies cyclables. C'est simplement qu'une fois de plus, l'automobile a l'absolue priorité, même si elles sont majoritairement empruntées par des automobilistes qui ne paient pas de taxes à Montréal.

      Et puis, autant les cyclistes que les piétons montréalais paient des taxes foncières. Si on compare le nombre de kilomètres de trottoir au nombre de kilomètres de voies cyclables, on voit bien qu'il y a une distorsion (distorsion encore plus grande quand on compare l'aire occupée par l'automobile à celle occupée et par les cyclistes, et par les piétons.

      Enfin, on déneige les trottoirs comme on le faisait il y a cent ans, sans jamais faire de remise en question sur la façon de le faire. Ajoutons au problème le fait que ces trottoirs sont dessinés en fonction des automobilies, ce qui les rend dangereux pour les piétons. Ça non plus on ne semble pas le remettre en question.