Appel à la fin des bonis liés aux constats d’infraction

La cible annuelle sur le territoire montréalais est fixée à 717 000 contraventions.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La cible annuelle sur le territoire montréalais est fixée à 717 000 contraventions.

L’opposition à l’Hôtel de Ville réclame la fin des bonis accordés aux cadres du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) lorsque les quotas de contraventions sont atteints.

Projet Montréal présentera une motion à cet effet à la prochaine assemblée du conseil municipal. La chef de l’opposition, Valérie Plante, estime que l’octroi de ces bonis, une mesure implantée en 2016, ne fait qu’alimenter le cynisme des Montréalais.

« Les policiers ne doivent pas être des distributrices à constats d’infraction. Ils doivent d’abord et avant tout assurer la sécurité des Montréalais, peu importe où ils sont », a-t-elle fait valoir mercredi.

La motion qui propose de mettre un terme à cette pratique sera débattue au conseil municipal le 20 février prochain. « Ça va être le moment pour Denis Coderre de dire ce qu’il pense des trappes à contraventions », a dit Mme Plante. « Lorsque je serai mairesse de Montréal, c’est exactement le genre de mesure que nous allons abolir. »

Mercredi, le maire Denis Coderre n’a pas voulu se prononcer sur la question : « Je vous répondrai un autre jour. »

Il n’a pas été possible de savoir si, en 2016, les policiers avaient atteint la cible de 717 000 contraventions fixée par la direction, ou si des cadres du SPVM avaient eu droit à des bonis. Le SPVM a renvoyé la balle à la Ville de Montréal.

« 717 000 contraventions par année, c’est une contravention par minute sur le territoire de Montréal », a fait remarquer le conseiller de Projet Montréal François Limoges.

En février 2016, l’administration Coderre s’était portée à la défense de cette pratique qui permet à des cadres de toucher des bonis pouvant atteindre 8 % de leur salaire. La responsable de la sécurité publique au comité exécutif, Anie Samson, avait souligné que l’atteinte des quotas n’était qu’un des nombreux critères pris en considération pour déterminer l’octroi d’un boni aux cadres du SPVM. Parmi les autres critères évalués figurent notamment la baisse de la criminalité, l’amélioration des services et la gestion de l’absentéisme.

À maintes reprises, la Fraternité des policiers de Montréal a dénoncé cette pratique.