Les voitures Azur de retour sur les rails du métro de Montréal

Un agent de sécurité dans une voiture Azur lorsque celles-ci ont été mises en service en février 2016
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Un agent de sécurité dans une voiture Azur lorsque celles-ci ont été mises en service en février 2016

La Société de transport de Montréal (STM) estime avoir trouvé la cause des bris d’équipements survenus sur la ligne orange du métro le 14 janvier dernier. Selon elle, l’usure des rails est en cause. Les trains Azur, qui étaient confinés au garage depuis deux semaines, seront remis en service graduellement à compter de samedi.

La STM a fait le point, vendredi, sur l’enquête menée à la suite d’un arrêt de service de 10 heures sur la ligne orange il y a 15 jours. Elle attribue ces bris à l’usure des voies qui a causé des dommages importants tant sur les trains Azur que sur les MR-73.

« Les rails ne sont pas neufs. Ça fait 40 à 50 ans qu’ils sont installés et il y a des milliers de frotteurs qui, chaque jour, passent dessus et causent une certaine usure », a expliqué vendredi François Chamberland, directeur exécutif de l’ingénierie, de l’infrastructure et des projets majeurs à la STM.

Les conséquences de la force latérale sont plus importantes sur les trains Azur

 

Les frotteurs négatifs, un sabot d’acier qui assure le contact électrique entre le train et les rails, créent des ornières sur les voies, particulièrement dans les tronçons comportant des aiguillages. Ce phénomène est étroitement surveillé depuis l’inauguration du métro et ne cause généralement pas de problème, mais la STM a remarqué que le contact de frotteurs trop usés aux parois de ces ornières pouvait entraîner des bris.

« C’est vraiment la voie qui brise les trains », a soutenu M. Chamberland. « Les conséquences de la force latérale sont plus importantes sur les trains Azur. »

Meulage des voies

Pour éviter que de tels bris surviennent à nouveau, la STM compte meuler les voies afin d’adoucir les parois des ornières. Elle entend également remplacer les frotteurs plus fréquemment. À l’heure actuelle, les frotteurs parcourent 60 000 kilomètres avant d’être remplacés. La STM n’a cependant pas été en mesure de préciser le rythme de remplacement qu’elle préconisera. M. Chamberland a indiqué que chaque voiture comptait quatre frotteurs et que ceux-ci coûtaient 100 $ l’unité.

Un frotteur négatif neuf (à gauche) et un frotteur négatif usé (à droite)

La STM installera aussi sur les Azur un mécanisme de retenue préventif afin de minimiser les dommages en cas de bris d’un frotteur. Ces dispositifs seront désormais prévus sur l’ensemble des voitures que le consortium Alstom-Bombardier doit livrer à la STM d’ici septembre 2018.

Selon la société de transport, il est trop tôt pour évaluer les coûts des travaux qui devront être réalisés sur les voies.

Rappelons que le 14 janvier dernier, un bris d’équipement de voie à la station Du Collège avait paralysé le service sur la ligne orange du métro pendant une bonne partie de la journée. Après inspection, la STM avait découvert que les frotteurs de plusieurs trains, tant des Azur que des MR-73, avaient été endommagés.

La force latérale

La STM a conduit des tests de nuit sur un train Azur qu’elle a muni de caméras pour tenter de trouver la source du problème, mais sans résultats concluants.

De son côté, Polytechnique Montréal a analysé les pièces endommagées et a conclu que le bris des frotteurs n’était pas lié à une collision avec un objet sur la voie, mais plutôt à la force latérale exercée sur les frotteurs, possiblement dans les courbes serrées.

La STM a réitéré vendredi que le retrait temporaire des 12 voitures Azur avait eu un impact marginal sur le service du métro.

2 commentaires
  • Robert Beauchamp - Abonné 27 janvier 2017 17 h 10

    Un instant papillon

    ''...attribuable à l'usure des voies qui cause plus de dommage sur les trains Azur que sur les MR13''. Ben coudon, avant on avait du meilleur matériel et nous chers citoyens, devrons payer pour adapter nos équipements aux normes du fournisseur.

  • Daniel Vézina - Abonné 27 janvier 2017 18 h 12

    Une question qui me trotte...

    Est-ce que la STM a contacté le RATP pour lui demander si eux vivent cette situation avec leurs trains et leurs rails; histoire de voir si c'est un problème connu et propre au système de roulement sous pneumatique.

    Comme on a la bonne habitude de tourner en rond ici, cela ne serait pas mauvais de voir "chez le voisin" s'il n'y a pas de l'information à aller chercher.