Le mystère du bris des trains Azur du métro de Montréal persiste

Comme plusieurs questions demeurent encore sans réponses, les trains Azur ne seront pas remis en service dans l’immédiat.
Photo: Mustafah Acalaki Getty Images Comme plusieurs questions demeurent encore sans réponses, les trains Azur ne seront pas remis en service dans l’immédiat.

À la lumière des analyses réalisées par Polytechnique Montréal, la Société de transport de Montréal (STM) conclut que les anomalies détectées sur les frotteurs des trains du métro de la ligne orange ne seraient pas liées à une collision avec un objet sur la voie. Il s’agirait plutôt d’une « force latérale » exercée sur les frotteurs, possiblement dans les courbes serrées. La STM devra poursuivre son enquête afin de déterminer la source du problème.

Compte tenu des doutes qui subsistent, les 12 trains Azur qui avaient été retirés de la circulation après la panne majeure du 14 janvier dernier ne seront pas remis en service dans l’immédiat, a indiqué vendredi la STM.

Rappelons que les frotteurs sont des pièces situées sous les voitures de métro. Ils assurent le contact électrique entre les trains et les rails.

Tests infructueux

Afin de tenter d’élucider le problème, la STM a mené des tests toute la semaine avec un train Azur muni de caméras. Elle a également inspecté les rails, ainsi que les trains MR-73 qui continuent de rouler sur la ligne orange, mais elle n’a détecté aucune anomalie et aucun bris d’équipement.

Elle s’est toutefois entretenue vendredi matin avec Polytechnique Montréal, qui avait procédé à l’analyse des pièces endommagées lors de l’incident de la semaine dernière. Celle-ci conclut que le problème des frotteurs est attribuable à une force latérale qui pousse les frotteurs vers l’intérieur ou l’extérieur et occasionne des bris sur ces pièces d’équipement.

C'est une mauvaise interaction entre les trains et la voie. Est-ce que le problème est la voie ? Ou le train ? C'est ce sur quoi il faut investiguer.

 

La STM ne s’explique pas encore ce phénomène jugé anormal. « Ainsi, le mode de défaillance ne correspond pas à une collision avec un objet sur la voie ou à une fatigue prématurée », a-t-elle indiqué dans un rapport publié vendredi. Elle écarte aussi l’hypothèse d’un défaut de fabrication.

La STM compte donc poursuivre ses inspections de nuit et se concentrera sur les appareils de voie des aiguillages et sur les courbes serrées, qui causeraient possiblement la force latérale qui endommage les frotteurs.

Le poids des trains n’a pas d’influence sur les bris, car les frotteurs sont suspendus sous le train, a indiqué François Chamberland, directeur exécutif de l’ingénierie, de l’infrastructure et des projets majeurs à la STM.

Cerner le problème

Rappelons que le 14 janvier dernier, un arrêt de service majeur a paralysé la ligne orange pendant 10 heures. La STM avait découvert que des équipements de la voie avaient été abîmés par le passage d’un train Azur. Elle avait alors constaté que les frotteurs de plusieurs trains, tant des Azur que des MR-73, étaient endommagés. Deux frotteurs d’un train Azur étaient brisés et d’autres présentaient une usure anormale.

« C’est une mauvaise interaction entre les trains et la voie. Est-ce que le problème est la voie ? Ou le train ? Y aurait-il usure de la voie à un endroit ? C’est ce sur quoi il faut investiguer », a expliqué François Chamberland.

Le frotteur est une pièce d’équipement couramment utilisée dans de nombreux métros du monde, dont celui de Paris, mais le problème n’a pas été observé ailleurs, a précisé M. Chamberland.

La STM entend présenter un nouveau rapport vendredi prochain.