Les voitures Azur retirées temporairement du métro de Montréal

Un bris d’équipement a causé un arrêt de service sur la ligne orange du métro, samedi.
Photo: Mustafah Acalaki Getty Images Un bris d’équipement a causé un arrêt de service sur la ligne orange du métro, samedi.

Bien des questions demeurent encore sans réponse quant à la source du problème d’équipement qui a causé un arrêt majeur de service sur la ligne orange du métro samedi. En attendant les conclusions de son enquête, la Société de transport de Montréal (STM) a retiré temporairement tous les trains Azur de la circulation.

À 14 h 50 samedi, le service a dû être interrompu entre les stations Côte-Vertu et Lionel-Groulx, puis jusqu’à la station Plamondon.

La STM a constaté que des équipements de signalisation à la station Du Collège avaient été brisés lors du passage d’un train Azur. Le frotteur négatif, une pièce située sous les voitures de métro et qui permet le contact électrique avec les rails, était aussi endommagé.

Après inspection, la STM a découvert que les frotteurs de plusieurs trains qui roulent sur la ligne orange étaient aussi endommagés, non seulement ceux des trains Azur, mais également les frotteurs des MR-73, bien que les dommages y soient moins importants. Le service est revenu à la normale dimanche.

La société s’explique mal la cause du problème et une enquête est en cours. Des caméras seront installées sous les voitures pour tenter de comprendre pourquoi les frotteurs s’endommagent. « On pense qu’il y a un nouveau phénomène de frottement entre la voie et le train », a souligné le directeur général de la STM, Luc Tremblay.

En attendant, les 12 trains Azur dont dispose la STM ont été retirés par mesure de précaution même s’ils ne sont pas nécessairement en cause, a insisté M. Tremblay qui soutient que les résultats de l’enquête seront rapidement connus.

Une bonne moyenne

Le maire Denis Coderre a fait valoir que le service du métro de Montréal était l’un des plus fiables au monde, avec 12 arrêts de service de plus de cinq minutes par million de kilomètres parcourus, contre une moyenne de 22 arrêts pour l’ensemble des métros évalués dans le monde.

Après l’incident de samedi, le maire a rencontré des représentants de la STM, de Bombardier et d’Alstom afin d’obtenir des explications. « Je veux qu’on fasse preuve de transparence dans ce dossier. J’ai demandé d’avoir des réponses pour vendredi », a indiqué le maire. « Il n’y a pas de problème de sécurité. Il y a un problème physique et technique. »

Le président du conseil d’administration de la STM, Philippe Schnobb, a promis que des mesures seraient mises en place pour améliorer la communication avec la clientèle lors d’arrêts de service. « Il est important d’être plus précis », a-t-il reconnu. Selon lui, le retrait des trains Azur ne devrait pas trop influer sur le service, car la STM a eu recours à des MR-73 supplémentaires.

Des usagers exaspérés

Jointe par Le Devoir, la porte-parole du consortium Bombardier-Alstom, Michelle Stein, est demeurée prudente. « Il y a une enquête en cours. Le consortium appuie la STM dans cette enquête. La cause est toujours inconnue. On ne va pas spéculer », a-t-elle dit.

De son côté, l’opposition craint que les usagers fassent les frais des problèmes du métro. « Retirer les voitures Azur, c’est la bonne chose à faire, mais encore faut-il avoir un bon plan de rechange pour s’assurer que les gens n’attendent pas deux heures à la ligne d’autobus comme ç’a été le cas samedi », a commenté la chef de Projet Montréal, Valérie Plante.

Celle-ci estime que le maire mesure mal l’exaspération des usagers aux prises avec des pannes à répétition depuis des mois. « J’invite Monsieur le Maire à aller prendre le métro, à se promener, à rencontrer les gens, et peut-être à vivre une panne de service une fois dans sa vie pour voir l’impact que ça a sur la vie des gens », a suggéré Mme Plante.

Projet Montréal reproche à l’administration Coderre d’avoir supprimé 25 millions dans le budget de la STM à son arrivée au pouvoir en 2013 et d’avoir rejeté, en décembre dernier, le plan de résilience du métro proposé par l’opposition.

Professeure associée au Département d’études urbaines et touristiques de l’UQAM, Florence Junca Adenot estime que des problèmes techniques sont difficilement évitables quand il s’agit de nouveau matériel roulant. Il est cependant trop tôt pour tirer des conclusions, juge-t-elle : « C’est normal qu’un équipement nouveau rencontre quelques pépins. Il faudra voir s’il s’agit d’un problème important. On ne sait pas encore s’il s’agit d’un incident technique ou d’une imperfection. »

Rappelons que le premier train Azur est entré en service en février 2016 à la suite de la signature d’un contrat de 1,2 milliard conclu avec le consortium Bombardier-Alstom en 2010 pour la fourniture de 468 voitures.