La SPCA laisse tomber Montréal

La SPCA dit recevoir chaque année plus de 2000 chiens abandonnés, errants ou qui ont été saisis.
Photo: Momcilo Grujic / Getty Images La SPCA dit recevoir chaque année plus de 2000 chiens abandonnés, errants ou qui ont été saisis.

La SPCA n’offrira plus de services canins à Montréal à compter du 31 mars prochain en raison de l’entrée en vigueur du règlement interdisant les nouveaux pitbulls. Les neuf arrondissements qu’elle dessert devront donc se débrouiller autrement au printemps pour gérer les chiens errants et abandonnés.

En septembre dernier, la SPCA avait prévenu la Ville qu’elle cesserait d’assurer les services canins prévus dans ses contrats avec plusieurs arrondissements si Montréal allait de l’avant avec son règlement sur les chiens dangereux.

« La SPCA n’a d’autre choix que de cesser d’accepter par contrat des chiens puisque cela l’amènerait inévitablement à euthanasier en série des chiens en santé et au comportement irréprochable, ce qui est à l’encontre de ses valeurs et de sa mission », a indiqué l’organisme jeudi.

La SPCA, qui dit recevoir chaque année plus de 2000 chiens abandonnés, entend toutefois respecter les clauses des contrats touchant la gestion des autres animaux, comme les chats et les animaux exotiques.

Un plan B ?

À l’automne, la SPCA avait contesté la validité de certaines dispositions du règlement de la Ville sur le contrôle des animaux. La Cour supérieure avait suspendu les articles portant sur les pitbulls avant que la Cour d’appel annule cette décision, permettant l’entrée en vigueur de l’ensemble du règlement en attendant que la cour se prononce sur le fond.

La Ville de Montréal est demeurée vague, jeudi, au sujet de la suite des choses. Dans un courriel, elle a indiqué être en discussions avec les arrondissements concernés afin d’examiner différentes options : « La solution qui sera retenue visera à assurer la continuité des services animaliers dans ces arrondissements. »

La SPCA assure les services animaliers dans neuf arrondissements, parmi lesquels le Sud-Ouest, Rosemont–La Petite-Patrie, Anjou, Montréal-Nord, le Plateau-Mont-Royal et Verdun.

En septembre dernier, l’entreprise Berger blanc avait dit être disposée à prendre la relève si nécessaire. « Nous, on est prêts. Plusieurs des arrondissements ont fait affaire avec nous pendant des années. Donc, ils pourraient revenir avec Berger blanc et on continuerait à mettre en application des parties de contrats », avait alors expliqué Pierre Couture, président du refuge.

M. Couture avait toutefois signalé que la Ville devrait lancer un appel d’offres si elle devait trouver un autre fournisseur. Berger blanc n’a pas rappelé Le Devoir jeudi.

La Ville de Montréal prévoit de se doter de sa propre fourrière, mais celle-ci n’entrera en fonction qu’en 2018.

10 commentaires
  • Jean Lefebvre - Inscrit 22 décembre 2016 16 h 02

    Bravo Montréal!

    Et voila, vous êtes dans de beaux draps maintenant! Monsieur le maire, allez donc suivre quelques cours sur les races de chiens et écoutez donc l'émission Découvertes. C'est incroyable toutes ces décisions basées sur la réaction ou les attentes de certains groupes, et non pas basées sur des faits. Maintenant que ce passera-t-il avec les chiens errants ou en difficulté? Et avec l'hiver qui est à nos portes, cela sera attroce pour ces animaux. Je ne dis pas que la SPCA n'a pas ses tords, mais ne serait-il pas possible de discuter et de tenter de trouver des terrains communs, au lieu d'imposer des règlements qui n'ont ni queue ni tête...

    • Jean Richard - Abonné 23 décembre 2016 10 h 11

      Ne vous inquiétez pas pour les pitbulls et l'hiver car ce n'est qu'à partir du 31 mars que la SPCA refusera d'accueillir des chiens. Ça donne une année complète pour apporter une solution.

      Une solution ? Puisqu'on tente de faire de la réinsertion sociale des itinérants humains, on pourrait faire la même chose avec les chiens. Le chien est un proche cousin du loup, avec la différence que ce dernier n'a pas compté sur l'homme pour organiser sa vie en société (en sociétés de loups).

      Alors, on prend les pitbulls (et autres chiens agressifs) et on les retourne dans la forêt, avec les loups. Ils redeviendront autonomes et devront gérer entre eux leurs sautes d'humeur destructives. Ces animaux au comportement erratique n'ont pas leur place en ville. Le retour dans leur milieu naturel pourrait régulariser leur comportement.

    • Hélène Paulette - Abonnée 23 décembre 2016 10 h 43

      "Et autres chiens agressifs" monsieur Richard? Mais qui sont-ils et comment fait-on pour les reconnaitre? Je viens juste d'accueillir une chienne pit-bull abandonnée (je n'habite pas Mtl) et je vous assure qu'elle ne montre aucun signe d'agressivité et est très docile. Cette loi, en plus d'être stupide, ne règle en rien le problème.

  • Maryse Veilleux - Abonnée 22 décembre 2016 17 h 36

    Bonne nouvelle!

    Les propriétaires irresponsables seront mis au pas, faute de quoi, ils devront se débarasser de leur animal. Enfin nous allons pouvoir respirer mieux à Montréal.

    • Hélène Paulette - Abonnée 23 décembre 2016 10 h 37

      Eh non, madame, car les propriétaires continuent à n'être pas tenus responsables du comportement de leur chien devant la loi. Exemple ce propriétaire du chien meurtrier...

  • Maxime Parisotto - Inscrit 22 décembre 2016 21 h 53

    bye bye SPCA et sans regrets

    • Daniel Bérubé - Abonné 23 décembre 2016 15 h 26

      Désolé pour vous... la SPCA demeure, c'est les chiens qu'elle cessera de s'occuper... relisez le texte...

  • André Joyal - Abonné 22 décembre 2016 22 h 58

    Pour une SPMA et Bye bye SPCA

    Remplaçons la SPCA par une SP (Montréalaise) des Animaux.

  • André Poirier - Abonné 23 décembre 2016 08 h 53

    Bye bye SPAC

    Pourqoi pas la SPCH : Société pour la prévention de la cruauté envers les humains ?