Un rapport commode pour le SPVM, dit l’opposition

Membre de la Commission de la sécurité publique sur l’espionnage de journalistes par le Service de police de la Ville de Montréal, Alex Norris a remis un rapport dissident.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Membre de la Commission de la sécurité publique sur l’espionnage de journalistes par le Service de police de la Ville de Montréal, Alex Norris a remis un rapport dissident.

L’opposition à l’Hôtel de Ville juge « complaisant » le rapport déposé lundi au conseil municipal par la Commission de la sécurité publique sur l’espionnage de journalistes par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

À la suite des récentes controverses concernant la surveillance des journalistes Patrick Lagacé (La Presse), Monic Néron (98,5 FM), Félix Séguin (TVA) et Fabrice de Pierrebourg (indépendant), la Commission de la sécurité publique avait reçu pour mandat d’examiner les procédures et critères suivis par le SPVM pour l’obtention de mandats judiciaires.

Lors de trois séances tenues à huis clos, les membres de la commission ont entendu les explications du SPVM. Dans son rapport, la commission s’est dite « rassurée et satisfaite par la qualité et la rigueur des processus existants au SPVM dans le cadre d’enquête touchant des journalistes ».

La commission ne formule aucune recommandation et se contente de souligner qu’il n’existe pas de définition pour déterminer ce qu’est un journaliste.

Membre de cette commission, le porte-parole de Projet Montréal en matière de sécurité publique, Alex Norris, a remis un rapport dissident. Selon lui, la commission n’aurait pas dû se contenter de la version du SPVM, mais plutôt solliciter l’avis d’experts ou de représentants du milieu journalistique. « Il s’agit d’un exercice de relations publiques. Le maire Coderre était en grande difficulté. Il fallait faire semblant d’agir », a-t-il expliqué au conseil. « Quand j’étais journaliste, on disait qu’un article basé sur une seule source faisait un reportage qui ne vaut pas grand-chose. »

M. Norris a reçu l’appui d’autres élus des partis d’opposition, soit Marvin Rotrand, Steve Shanahan et Lorraine Pagé.

La responsable de la sécurité publique au comité exécutif, Anie Samson, a rétorqué que le mandat donné à la commission se limitait à examiner les balises encadrant les enquêtes policières. « Ce n’était pas une commission d’enquête sur ce qui s’est passé », a-t-elle dit.

Notons qu’en 2015, 98,3 % des mandats présentés par les policiers ont été accordés par un juge.

Retraités en colère

La Ville de Montréal suspendra l’indexation des rentes de ses retraités, comme le lui permet la loi sur la réforme des régimes de retraite adoptée en 2014. Montréal estime que cette mesure, qui affectera les retraités de six syndicats, permettra de réduire le déficit des régimes de retraite de 168,2 millions. « Il nous faut nous assurer de la pérennité des régimes de retraite. Tout le monde est appelé à contribuer », a indiqué le président du comité exécutif, Pierre Desrochers, alors qu’il était interpellé par un citoyen à la séance du conseil municipal lundi soir.