Virage à droite au feu rouge permis à Montréal ou interdit partout?

Le virage à droite au feu rouge est autorisé partout au Québec depuis 2003 sauf sur l’île de Montréal.
Photo: Jacques Grenier Archives Le Devoir Le virage à droite au feu rouge est autorisé partout au Québec depuis 2003 sauf sur l’île de Montréal.

Alors que des maires des 15 villes liées de Montréal demandent à Québec d’autoriser le virage à droite au feu rouge sur l’ensemble de l’île, des groupes de défense des piétons réclament au contraire que l’interdiction soit étendue à tout le Québec.

S’appuyant sur un sondage CROP réalisé auprès de 1000 répondants et indiquant que trois Montréalais sur quatre souhaitent l’implantation du virage à droite au feu rouge, les maires des villes de banlieue de l’île plaident pour qu’on adopte cette mesure afin d’améliorer la circulation dans la métropole.

Cette manoeuvre est autorisée partout au Canada et aux États-Unis, à l’exception de Montréal et New York, ont fait valoir mardi les maires Philippe Roy, de Mont-Royal, Robert Coutu, de Montréal-Est, et Georges Bourelle, de Beaconsfield.

Selon les maires, il serait temps de revoir cette règle instaurée en 2003 sur l’île de Montréal. Le comportement routier des Québécois s’est amélioré au cours des 40 dernières années. Autoriser le virage à droite au feu rouge pourrait diminuer les problèmes de congestion routière sur l’île, croient-ils. « C’est sûr que, si on parle du centre-ville, du boulevard René-Lévesque ou de la rue Sainte-Catherine, c’est autre chose, mais la très grande majorité des intersections qui sont à l’extérieur des quartiers centraux de Montréal deviennent des aberrations dès l’instant où il n’y a plus de trafic et d’achalandage piétonnier », a souligné Philippe Roy.Les maires ont ainsi cité 1550 carrefours où la manoeuvre pourrait être permise.

Le maire Denis Coderre, qui s’était prononcé pour cette mesure pendant la campagne électorale de 2013, ne partage plus l’opinion de ses homologues. « Pour Montréal, c’est non. Ce n’est pas pertinent à ce moment-ci », a-t-il dit en évoquant les efforts de son administration pour favoriser les transports actifs et une meilleure cohabitation dans les rues de la métropole.

Consultation

« C’est la première fois qu’on est interpellés sur cette question », a indiqué l’attaché de presse du ministre des Transports Laurent Lessard, Mathieu Gaudreault. « On est dans une dynamique où on souhaite améliorer la sécurité des piétons et des cyclistes. On va écouter toutes les suggestions », a-t-il dit en invitant les maires à exprimer leurs revendications lors des consultations de la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ) sur la refonte du Code de la sécurité routière. Des séances sont prévues à Montréal les 27 et 28 février.

De son côté, le ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, a indiqué que Québec ne prendrait pas une telle décision sans l’accord de Montréal : « Il n’est pas question d’aller à l’encontre des voeux des élus de Montréal. »

Mesure « rétrograde »

À l’instar de plusieurs organisations, Piétons Québec a dénoncé la position des maires des banlieues. « C’est vraiment irresponsable de la part des maires de vouloir mettre les piétons en danger », estime Félix Gravel, porte-parole de Piétons Québec. « C’est une démarche électoraliste qu’ils font au détriment des gens les plus vulnérables pour permettre à des automobilistes pressés de gagner quelques secondes. »

Piétons Québec va même plus loin en réclamant que l’interdiction du virage à droite au feu rouge soit étendue à tout le territoire québécois.

16 commentaires
  • Francois Cossette - Inscrit 13 décembre 2016 12 h 23

    NON SVP

    Faut se promener en vélo, sur la rive sud, pour comprendre que le concept du virage a droite n'est pas compris de tous et que c'est un réel dangé pour tout autre que l'automobile. Combien de fois j'ai pu me faire couper le chemin par quelqu'un qui n'avait meme pas daigné faire son arret sur une lumiere rouge.

    Le statu quo est la meilleur protection qu'on peut offrir aux cyclistes et aux piétons tant le manque de savoir vivre est généralisé dans la conduite automobile.

    • Michel Bouchard - Abonné 13 décembre 2016 14 h 54

      Oui au virage à droite mais après une certaine heure, par exemple de 22h00 à 06h00.

    • Guillaume Girard - Abonné 14 décembre 2016 11 h 55

      @Michel Bouchard

      Directement dans les heures où les piétons sont les plus susceptibles et les moins visibles, sans compter les chauffards qui prennent le volants ivres même si c'est interdit ! Pour marcher 10km par jour en ville, c'est non, peu importe le lieu et le moment. Si le piéton fait une fausse manoeuvre, il en paie le prix. Si un automobiliste fait une fausse manoeuvre, il en fait payerle prix aux autres.

    • Michel Bouchard - Abonné 14 décembre 2016 23 h 28

      @ Guillaume Girard,

      donc d'après vous il y a autant de piétons à 02h00,03h00 ou 04h00 qu'à 14h00 dans les rues de la ville de Montréal ? Je vous demande de raisonner s.v.p . Les chauffards ivres( il n'y en a combien ?) n'attendent pas les gens sur un coin de rue pour virer à droite ? Dans le centre-ville de Montréal, il y a présence policière ainsi, il est plus facile d'arrêter le chauffard. Sur le reste du territoire de la ville , il serait plus convenable de virer è droite qu'attendre le feu vert.

  • Louise Collette - Abonnée 13 décembre 2016 12 h 43

    s.v.p

    S'il vous plaît épargnez-nous ça, déjà, même avec l'interdiction du virage à droite au feu rouge notre vie est parfois en danger car même si c'est vert et que nous avons priorité certains essaient de nous devancer et certains le font, que pouvons-nous faire ? rien, un piéton et une automobile ne sont pas à forces égales si j'ose dire.

    Il m'est arrivé, même si j'avais priorité, qu'on me fasse signe de m'enlever du chemin pendant que je traversais, d'un bon pas tout de même, je ne prenais pas trop de temps à me déplacer et, pour la plupart des automobilistes les piétons sont une nuisance, on le sent très bien, alors le virage à droite au feu rouge ajouté à tout le reste imaginez un peu, déjà que nous ne sommes pas en sécurité à Montréal....ça va être beau de voir ça...

    La première fois que je suis allée en Californie et que j'ai vu un automobiliste attendre pour me laisser passer je ne comprenais pas ce qu'il me voulait...tout à coup j'ai compris qu'il voulait que je traverse, en fait il était juste civilisé, rien à voir avec Montréal, ça m'avait donné un choc mais un bon choc, un choc culturel disons. ;-)

    • André Joyal - Inscrit 13 décembre 2016 21 h 20

      Pas besoin d'aller en Californie pour avoir affaire à des automobilsites civilisés.Moi,j'en ai rencontrés partout dans le ROC.

    • Louise Collette - Abonnée 14 décembre 2016 01 h 28

      Oui moi aussi mais ma première expérience avec du monde civilisé au volant fut en Californie, c'est là que j'ai compris que ça existait et j'aime bien la Californie :-)

    • Sylvain Auclair - Abonné 14 décembre 2016 12 h 27

      Tout à fait d'accord.

  • René Julien - Abonné 13 décembre 2016 12 h 47

    Irresponsable et inconscient

    Il faut être à la fois irresponsable et inconscient pour promouvoir l'instauration d'une telle mesure au centre ville de Montréal. Je ne vois pas une seule raison le moindrement sensée que l'on pourrait valablement invoquée au soutien de cette mesure. Entre autres arguments invoqués au soutien de la mesure, celui de la préservation de l'environnement ne tient pas la route, preuve étant notamment que les VUS n'ont jamais aussi été en demande que ces dernières années.

    Le fait est que nous vivons dans une société où le civisme n'existe plus, sauf de rarissimes exceptions et on peut l'observer tous les jours, que ce soit sur la route ou ailleurs. Notre société est individualiste à outrance, maladivement, et la plupart ne se soucient pas de l'autre; sur la route notamment, le phénomène crève les yeux!

    À Montréal, en particulier au centre ville, un nombre effarant d'automobilistes brulent déjà le feu rouge en ligne droite. Il est facile d'imaginer ce qu'il en serait si en plus on les autorisait à tourner à droite au feu rouge!

    Sans compter que l'immense majorité de ceux qui tournent à droite au feu rouge, là où c'est permis, ne regardent pas à droite avant d'entreprendre leur manoeuvre. Ils se contentent de regarder si un véhicule n'arrive pas sur leur gauche. Or, c'est à droite que surgira le piéton!

    Je n'arrive pas à croire qu'on remette encore aujourd'hui sur le tapis ce fameux débat. Il faut vraiment être à court d'imagination.

    Comment peut-on être aussi inconscient?

  • Yvon Hachey - Inscrit 13 décembre 2016 13 h 11

    La congestion

    La congestion à Montréal est causée par l’utilisation abusive de l’automobile en solitaire sur les heures de pointe, en plus de générer bruit, stress et pollution.
    En conséquence de l’embourbement constant à Montréal, la circulation par autobus est rendue difficile avec un temps de service totalement inacceptable.

    Il faut réduire l’utilisation de l’automobile sur l’Île par la tarification sur tous les accès menant à l’Île, afin d’encourager les banlieusards à privilégier les transports en commun. Une tarification symbolique suffirait. De plus, afin d’encourager également les Montréalais à user de bonnes pratiques éco-responsables, une tarification géographique devrait être appliqué au centre-ville de Montréal, où le service par autobus et métro sont particulièrement concentré de sorte que les usagers devraient s’attendre à un service efficace. Nous en sommes rendus là! Parallèlement, il faudra développer davantage l’offre de services, qui est depuis longtemps insuffisant.

  • François Masseau - Abonné 13 décembre 2016 16 h 17

    Bin oui !

    Pour faire sauver du temps aux automobilistes aux feux rouges, envoyons plus de piétons et cyclistes au cimetière... Le problème de congestion est lié au nombre de plus en plus effarant de voitures en ville. Les maires veulent faire du millage électoral sur la sécurité des piétons et cyclistes : quelle bande d'irresponsables. Je ne crois pas que le degré de civisme des automobilistes montréalais qui sont, pas tous évidemment, de véritables sauvages en soit rendu là...