Le nouveau chef de Projet Montréal sera choisi dimanche

Les deux candidats à la chefferie du parti, Valérie Plante et Guillaume Lavoie
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les deux candidats à la chefferie du parti, Valérie Plante et Guillaume Lavoie

Les militants de Projet Montréal devront déterminer dimanche qui, de Valérie Plante ou de Guillaume Lavoie, dirigera le parti. La mission du prochain chef : affronter — et battre — Denis Coderre lors du scrutin municipal de novembre 2017.

C’était la première fois que Projet Montréal, le parti cofondé par Richard Bergeron en 2004, organisait une course à la chefferie. Les deux candidats en lice croient que le parti sortira grandi de cette expérience. Déjà, la campagne a fait tripler le nombre de membres du parti, qui est passé de 1000 à près de 3000, signalent-ils.

La campagne a été l’occasion de dépoussiérer les priorités du parti. « Il était temps, après le départ de notre chef fondateur, qu’on décide l’orientation qu’on veut prendre pour les prochaines années », indique Valérie Plante.

Guillaume Lavoie insiste sur l’importance de rallier les arrondissements périphériques, moins acquis au parti enraciné dans les quartiers centraux. « Projet Montréal doit grandir. Je suis très peu intéressé — sauf sur l’intégrité — à savoir d’où les gens viennent, du moment que nous partageons ensemble la vision vers laquelle nous voulons aller », explique Guillaume Lavoie.

Originaire du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Guillaume Lavoie est détenteur d’une maîtrise en administration publique internationale et d’un B.A. en relations industrielles. Âgé de 39 ans, il a mené une carrière en diplomatie publique et en relations internationales avant de se faire élire comme conseiller municipal dans le district de Marie-Victorin en 2013.

Titulaire d’un baccalauréat en anthropologie et d’une maîtrise en muséologie, Valérie Plante, 42 ans, a oeuvré dans le milieu communautaire avant de faire le saut en politique municipale. L’Abitibienne a causé toute une surprise en l’emportant contre Louise Harel dans le district de Sainte-Marie en 2013.

La campagne de Guillaume Lavoie s’est articulée autour du concept de mobilité appliqué à plusieurs domaines, dont les transports, le logement social, le commerce local et les milieux de vie sécuritaires. Il a émis le souhait de faire de Montréal une ville carboneutre pour son 400e anniversaire et a adhéré à l’engagement de François Limoges (ex-candidat qui s’est rallié à lui) d’appliquer la « stratégie 10-45 », principe selon lequel tous les Montréalais se trouvent à 10 minutes du transport collectif et à 45 minutes et moins de leur destination.

Le transport collectif a aussi été un élément central de la campagne de Valérie Plante, qui a avancé l’idée de construire la « ligne rose » du métro pour relier le centre-ville à Montréal-Nord. Elle a aussi plaidé pour une lutte plus soutenue contre les logements insalubres avec la mise en place d’un programme d’inspectionpréventive et a pris l’engagement, si elle est élue mairesse, de consacrer 100 millions pour l’achat de terrains destinés aux logements abordables et sociaux.

L’adversaire à battre

En débat ou en entrevue, les deux candidats sont peu portés à se dénigrer entre eux. Ils s’en prennent plus volontiers à Denis Coderre, qu’ils tenteront de déloger en novembre 2017.

« La grande différente entre M. Coderre et moi, c’est que M. Coderre semble utiliser son poste de maire pour servir ses ambitions, son besoin maladif de visibilité. Moi, je pense que le maire doit servir la ville et non l’inverse », lance Guillaume Lavoie.

« Il faut aller là où il n’est pas. Il faut faire différemment. C’est comme ça que j’ai mené ma campagne, explique Valérie Plante. Denis Coderre surfe surtout sur son image, les conférences de presse et les caméras, mais il n’a pas de vision. »

La campagne a donné lieu à des tensions dans les rangs de Projet Montréal, mais les deux candidats ne s’en inquiètent pas. « Il y a eu des tensions, mais il n’y a rien d’alarmant. Il n’y a rien qui a été cassé », croit Valérie Plante.

Guillaume Lavoie abonde dans le même sens. « Par définition, les gens ont choisi un candidat et pas l’autre. C’est normal que ce soit comme ça. »

Les deux candidats ont d’ailleurs indiqué que si la chefferie leur échappait dimanche, ils se rallieraient d’emblée au vainqueur.
 

Le jour du vote

Le nouveau chef de Projet Montréal sera connu dimanche. Un vote par anticipation a été tenu mercredi et quelque 580 des 2900 membres ont déjà enregistré leur choix, soit 20 % des personnes inscrites sur la liste électorale. Les autres membres du parti pourront se rendre au Théâtre Olympia dimanche, entre 10 h et 15 h, pour se prononcer. Les résultats seront dévoilés lors du congrès vers 16 h 30, et l’annonce du gagnant sera suivie de discours.


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