Le réaménagement est retardé d’un an

Les travaux de réaménagement du square Viger sont retardés en raison de l’incertitude quant à l’état réel de la structure recouvrant l’autoroute Ville-Marie.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Les travaux de réaménagement du square Viger sont retardés en raison de l’incertitude quant à l’état réel de la structure recouvrant l’autoroute Ville-Marie.

Un autre legs du 375e anniversaire de Montréal ne sera pas prêt à temps pour les festivités de 2017. La Ville de Montréal a décidé de retarder d’un an les travaux de réaménagement du square Viger en raison de l’incertitude quant à l’état réel de la structure recouvrant l’autoroute Ville-Marie. En entrevue au Devoir, le responsable du centre-ville au sein de l’administration Coderre, Richard Bergeron, assure toutefois que le tunnel routier est sécuritaire.

La Ville a dû en venir à cette décision après avoir découvert que trop d’informations manquaient sur l’état de la structure en dessous du square. « On s’est rendu compte que, non seulement le tunnel routier est moins solide qu’on pensait, mais qu’il est d’une solidité variable. Ça nous a étonnés, et les gens du MTQ autant que nous, parce qu’il y a des sections qui paraissent, selon les sondages qu’on a faits, étonnamment fragiles et d’autres sections qui paraissent très solides. »

  

Normes techniques

Richard Bergeron rappelle que le recouvrement de l’autoroute Ville-Marie dans ce secteur a été réalisé dans les années 1980, à une époque où les exigences techniques étaient moins élevées. En planifiant le réaménagement du site, la Ville de Montréal s’est aussi rendu compte que le ministère des Transports du Québec (MTQ) ne disposait pas d’informations suffisantes sur les capacités de charge du tunnel pour lui permettre d’entreprendre les travaux à la date prévue.

« Par exemple, avant de mettre une pelle mécanique au-dessus du tunnel routier, il faut savoir sur quel segment on se trouve et s’il n’est pas mieux d’être à côté pour ne pas se ramasser en bas sur l’autoroute », explique Richard Bergeron.

« C’est clair que ça ne nous plaît pas. Ça ne plaît pas au maire. Ça ne plaît à personne, dit-il. Mais c’est ça la réalité d’une intervention dans ce type de milieu. Il va y avoir un magnifique square Viger, mais… une année plus tard qu’on le pensait. »

Et alors qu’à l’origine, la Ville se questionnait surtout sur le type d’imperméabilisation qu’elle devrait appliquer en sous-sol, elle a découvert que, contre toute attente, la structure bétonnée n’était même pas recouverte d’une membrane.

Richard Bergeron assure qu’il ne faut pas être alarmiste quant à l’état du tunnel. « Il n’y a pas de risque d’effondrement. Même s’il n’y a pas de membrane, ça n’a pas coulé », dit-il tout en expliquant qu’on observe des signes précurseurs lorsqu’une structure se dégrade : infiltrations d’eau, fissures, béton effrité et armatures d’acier apparentes. « Il n’y a rien de ça ! Il n’y a aucun signe qui nous laisse penser qu’il y a quoi que ce soit de grave. »

Jeudi, le MTQ n’a pas été en mesure de fournir des explications au sujet de l’état du tunnel.

Le métro

 

Mais là ne s’arrêtent pas les « incertitudes », car une partie du square se trouve aussi au-dessus du tunnel du métro de la ligne orange et du tunnel en boucle qui permet de transférer des rames de métro vers la ligne verte. Encore là, les informations manqueraient concernant la résistance des sous-sols, indique Richard Bergeron.

« On s’est fait une raison et on est prêts à assumer, dit l’élu. Il y a un mois à peine, on pensait encore y arriver. […] Malheureusement, on a perdu notre pari d’y arriver cette année. On s’en désole. […] Mais ce sera une année de plus pour 100 ans de bonheur. »

Rappelons que le réaménagement du square Viger prévoit la démolition de quatre édicules de béton créés par le sculpteur Charles Daudelin et le déplacement de la fontaine Mastodo, ainsi que la construction d’un café-terrasse. Le projet, dont le coût est évalué à 28,3 millions, a nécessité la fermeture du site en mai dernier afin d’amorcer les travaux préparatoires. Le chantier est toutefois inactif depuis le mois d’août.

La Ville entend désormais entreprendre les travaux d’aménagement en avril 2018 plutôt qu’au printemps 2017, pour une inauguration du square Viger à l’automne 2018.

Richard Bergeron ne croit pas que ces délais feront augmenter la facture des travaux. « Pour l’instant, on n’a pas de raisons de penser que ça va coûter plus cher », avance-t-il.

L’élu indique toutefois que les quatre îlots, soit Daudelin, Chénier, Gnass et Théberge, seront inaugurés d’ici la fin de 2020.

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