Célébrations en temps de construction

Le pont Jacques-Cartier sera illuminé au moins 10 ans, grâce à un budget de 37 millions de dollars.
Photo: iStock Le pont Jacques-Cartier sera illuminé au moins 10 ans, grâce à un budget de 37 millions de dollars.

La présidente de la Société du 375e anniversaire de Montréal, France Chrétien Desmarais, pense que les célébrations seront profitables à l’économie. Les points forts des festivités qui débutent le 11 décembre ? Plusieurs événements sont à considérer. « Mais je vous dirais que l’illumination du pont Jacques-Cartier, ça va être un événement vraiment fort », explique la présidente, qui est aussi la fille de l’ancien premier ministre Chrétien et l’épouse du financier André Desmarais.

Le pont sera illuminé au moins 10 ans, grâce à un budget de 37 millions de dollars. « C’est une mise en marché de nos industries. Parce que quand on y pense, on a l’industrie de la lumière. Ici, ce sont les plus forts au monde. »

N’est-ce pas une forte somme pour éclairer un ouvrage au bout duquel on trouve L’Itinéraire, le journal de gens de la rue ? « Écoutez, il faut faire des choix de société. Il y a de l’argent pour des programmes. La vie économique d’une ville est constituée de plusieurs facteurs. Oui, il faut prendre soin des itinérants et d’énormément de facteurs dans une ville. Mais c’est le tout qui fait une société, qui fait avancer l’économie. Et on sait que la beauté d’une ville […] est très essentielle au capital qui vient s’y installer. »

Icône

La Société du 375e souhaite faire du pont rien de moins qu’un nouveau symbole. « On a vu comme vous tous des articles négatifs, mais il y aura toujours du négatif no matter what. […] Mais il y a des choses qui doivent se faire. Et je pense que le pont dans l’évolution de Montréal est une nécessité. »

Mme Chrétien Desmarais se dit notamment heureuse de voir The Wall de Roger Waters à l’opéra. « Je voyage beaucoup, et on m’en parle partout. » Elle considère aussi avec enthousiasme la commémoration d’Expo 67 en avril. L’Expo, dit-elle, c’était magique. « On peut donner une idée du feeling. […] Faut se souvenir du costume des hôtesses. C’était révolutionnaire dans le monde de la mode à l’époque. […] Pour le Québec, c’était une émergence ! C’était notre bal des débutants sur le monde. »

Jours de fête

Combien des 700 projets soumis ont été conservés ? « On a trouvé des méthodes collaboratives pour qu’à la fin, on ait au-dessus de 175 événements qu’on va mettre en scène », explique Alain Gignac, directeur général. Un dollar investi devrait en rapporter trois, affirme-t-il.

Comment définir sa perspective ? « Moi je dis, on regarde d’où on vient. On a un passé. On a une histoire. On regarde où on est maintenant. Et puis il faut décider où on veut aller. » Elle ajoute : « Nous, on est la pierre angulaire. »

M. Gignac précise : « Ce n’est pas un anniversaire où on dit : “ Célébrons l’histoire de Montréal. ” On veut vraiment se projeter vers l’avenir. » Que répond l’organisation aux groupes liés à l’histoire qui affirment avoir été écartés ? « Je pense qu’il y a simplement eu un problème de communication. L’histoire est la trame de fond. »

Vaste chantier

L’équipe a travaillé pour ne pas se retrouver au milieu de chantiers. « Oui c’est vrai que la ville est en construction. Mais il y a un côté positif à ça : on s’en va vers le futur », dit la présidente.

« Même si 375, c’est un chiffre bâtard, […] je crois que c’est quand même visionnaire pour l’évolution de Montréal. […] On a perdu toutes sortes de sièges sociaux et tout ça. […] Les gens veulent vraiment que leur métropole revive, d’une façon excitante, avec toutes sortes d’initiatives, toutes sortes de compagnies. »

Dans 50 ans, que diront les historiens de ces célébrations ? « Ce qu’on aimerait qu’ils disent, c’est que les citoyens se sont pris en main, que c’est une période cruciale pour Montréal où il y a eu énormément d’effervescence, et qu’il y a eu un genre de convergence vers le futur qui a vu émerger certains trucs. »

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