Les rues, aqueducs et égouts d’abord

Les infrastructures routières monopoliseront 2 milliards au courant des trois prochaines années.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les infrastructures routières monopoliseront 2 milliards au courant des trois prochaines années.

Montréal augmentera la cadence de ses chantiers et haussera de 22 % ses investissements en immobilisations au cours des trois prochaines années. Plus de la moitié des 6,39 milliards de dollars prévus sera consacrée aux infrastructures d’eau et de voirie, révèle le Programme triennal d’immobilisations (PTI) 2017-2019 dévoilé mercredi par l’administration Coderre.

Les infrastructures routières accapareront 2 milliards d’investissements, alors que l’environnement et les infrastructures souterraines auront droit à un montant de 1,8 milliard.

La semaine dernière, le maire Denis Coderre avait donné un avant-goût de ce qui attend les Montréalais pour les dix prochaines années. Il avait alors annoncé que la Ville doublerait la quantité de travaux à compter de l’an prochain afin de retaper les rues et le réseau souterrain. « Ça va demander des sacrifices, mais aussi une stratégie séquentielle », a expliqué le maire mercredi en reconnaissant que ces entraves supplémentaires qui encombreront les rues sont de nature de frustrer bien des Montréalais.

Globalement, avec ce nouveau PTI, la Ville compte hausser ses investissements en trois ans de 1,15 milliard, soit 22 % par rapport au plan présenté l’an dernier. Elle entend aussi augmenter de plus de 30 % le paiement au comptant, qui passera à 1,29 milliard.

Le 375e

Les legs du 375e anniversaire de Montréal auront droit à des investissements de 152 millions. Parmi les projets figurent l’aménagement du parc Jean-Drapeau (67 millions), le réaménagement du square Viger (24 millions) et celui de l’autoroute Bonaventure (16,2 millions).

Montréal?consacrera 113,8 millions pour les quatre centres de biométhanisation et de compostage pour le traitement des matières résiduelles. La Ville réalisera également la dernière phase de l’aménagement du Quartier des spectacles, l’esplanade Clark, au coût de 58,5 millions.

En matière de transports, Montréal compte notamment accorder 45 millions au réseau cyclable et 7,5 millions dans l’optimisation de Bixi.

La facture de la construction du centre de services animaliers dans l’arrondissement de Saint-Michel, qui devait coûter 23 millions à l’origine, grimpera à 34,7 millions, une hausse attribuable à la décontamination du terrain, selon la Ville.

L’administration croit qu’elle sera en mesure d’augmenter le taux de réalisation de son plan d’investissements, qu’elle revoit chaque année. En 2015, elle a dépensé 931 millions, puis 1,2 milliard en 2016. Cette année, elle vise à augmenter de 15 % son taux de réalisation.

Des inquiétudes

L’opposition à l’Hôtel de Ville estime que malgré l’augmentation des dépenses, le PTI de l’administration manque de vision. « On fait vraiment moins avec beaucoup plus d’argent, résume la conseillère Laurence Lavigne Lalonde. On n’a rien pour le logement social ni pour le transport collectif et actif. D’importants investissements iront dans un programme de planage et revêtement qui vise à mettre un peu d’asphalte sur les routes qu’on va devoir refaire dans quelques années. »

Les cibles ambitieuses de la Ville en matière de chantiers rendent aussi la Ville plus vulnérable à une hausse des prix, souligne aussi l’opposition. Celle-ci fait d’ailleurs remarquer qu’à la lumière des indicateurs de performance dévoilés mardi, l’entretien des rues de Montréal coûte 2,5 fois plus cher que dans les autres principales villes au Canada.

La STM

La Société de transport de Montréal (STM) a elle aussi déposé son PTI pour 2017-2026, mais elle a revu à la baisse ses investissements pour 2017, se désole l’opposition. Alors que l’an dernier, la STM avait annoncé son intention de dépenser près de 1,2 milliard en 2017, ses nouvelles prévisions font plutôt état d’un montant de 887 millions. Plusieurs projets accusent des retards, comme l’acquisition des voitures Azur avec une réduction des investissements de 170 millions pour 2017.

« C’est très décevant, note le conseiller de Projet Montréal Craig Sauvé. Depuis l’arrivée de Denis Coderre au pouvoir, l’élan de la STM a été brisé. Il n’y a pas de projet structurant. »

  

Un nouveau Hélène-de-Champlain

Après le cafouillage entourant l’ancien restaurant Hélène-de-Champlain sur l’île Sainte-Hélène et les coûteux travaux de rénovation de 16 millions, la Société du parc Jean-Drapeau a annoncé mercredi que le bâtiment sera finalement converti en « complexe locatif événementiel haut de gamme ».

La Ville de Montréal a consenti une somme de 10 millions pour des travaux d’architecture, d’électromécanique et de finition. Une étude de Secor/KPMG a permis d’établir qu’avec sa nouvelle vocation, le bâtiment pourrait générer des revenus dès sa première année d’exploitation, a fait savoir la présidente du conseil d’administration de la Société du parc Jean-Drapeau, Danièle Henkel.
1 commentaire
  • Patrick Daganaud - Abonné 3 novembre 2016 18 h 16

    POURQUOI CHANGER D'HABITUDE?

    Les rues, aqueducs et égouts d’abord : pourquoi?

    J'aurais cru qu'une fois encore, ce serait par l'asphalte.